Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième

Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 16:54
Comment décrire l'horreur que je vis ?
Quels mots utiliser pour te décrire l'horreur des tranchées ?
Dans les tranchées de la mort, les tranchées de la guerre, les tranchées de l'horreur. Tous essayent de faire quelque chose pour rejoindre leurs familles. Ils ont trouvé une technique pour partir : ils se mutilent. Je me sens enfermé, emprisonné, tel un oiseau dans sa cage. Je n'arrête pas de penser à toi, je combats pour toi, je me mutile pour toi, je vis cette horreur pour toi.
 Je suis le plus jeune de cette guerre. Je me sens petit par rapport aux autres guerriers. Ils ont plus d'expérience de guerre que moi, donc j'essaie de ne pas combattre, car j'ai peur, peur de marcher, peur de me faire emprisonner, torturer, tuer par les ennemis. Je ne vis que des choses terribles dans cet enfer, cette horreur avec des cadavres remplis de chair pourrie en-dessous de ces mouches qui mangent, boivent, vivent dans ces êtres humains morts.
Voici la présentation horrible de cet enfer que je vis jours et nuits. J'espère te revoir vite et je te promets de donner de mes nouvelles.

Manech
Par Professeur L - Publié dans : Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième
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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 16:51
Chère Mathilde,

Je ne comprends rien à ce qui m'arrive. Je ressens du dégoût, la peur, la mort, la saleté étendue sur nos corps. Des cadavres étalés dans les tranchées, le ciel sombre, de la fumée à l'horizon. C'est un ancien soldat tombé pour son pays. Ce cadavre nous raconte l'horreur de la guerre. Des cadavres d'animaux étalés partout, des bouts de boyaux étalés sur le champ de bataille ou plutôt champ de carnage. Nous avons tous faim et froid. Nos barbes poussent comme de l'herbe. Quand on dort dans les tranchées, nous sommes envahis par des rats.

Manech
Par Professeur L - Publié dans : Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième
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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 16:46
Chère Mathilde,

Comment décrire ? Quels mots prendre ? Les mots me manquent pour dépeindre cette terrifiante et horrifiante réalité du champ de bataille que vivent mes compagnons auprès de moi. Chaque heure, chaque minute, chaque seconde, la mort pèse de plus en plus sur nos têtes, alors que des obus nous frôlent de quelques mètres dans nos tranchées, nos refuges.
Nos visages reflètent l'abomination du champ de carnage, tels des zombies condamnés à une mort sanglante et cruelle. Toutes ces femmes devenues veuves en un rien de temps ! Je n'ai plus les mots pour te décrire ce que je vis, ce que je ressens et ce que je pense. Alors, à quoi bon continuer cette bataille qui n'est qu'une cause perdue d'avance ?
Tous ces moments passés auprès de toi me manquent terriblement, ta chaleur, ton amour, ton corps. Je ne suis plus l'homme que j'étais auparavant, vaillant, courageux et honorable. Je ne suis plus rien de tout ça. Maintenant, je suis devenu lâche, peureux et déshonnoré.
Si tu savais à quel point tu me manques !

Manech
Par Professeur L - Publié dans : Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième
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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 16:36
Comment pourrais-je te décrire cette horreur que je vis au quotidien ? Comment te faire comprendre la cruauté de cette guerre sans fin ? Moi qui ne suis que gardien de phare. Toi qui te rappelais si bien de moi, cette guerre m'a bien transformé.
Avant, comme tu le savais, j'étais courageux, prêt à aller de l'avant, un aventurier qui n'avait peur de rien.
Aujourd'hui, j'ai peur du moindre grincement, des moindres pas que j'entends autour de moi.
D'après ce que l'on m'avait fait entendre, la Somme était paisible. La guerre n'avait pas encore atteint ce petit coin de paradis. Mais à mon arrivée, je me suis rendu compte que tout cela n'était qu'une simple et vague illusion. Ce département n'était qu'une vaste terre hostile et morbide où seuls carnage et enfer emprisonnent toutes ces âmes qui se battent pour la liberté.
Un jour parmi tant d'autres, je n'avais vu la mort d'aussi près. Un de mes amis, en voulant l'aider, car il s'était pris dans les barbelés, moi qui n'étais qu'à quelques centimètres de lui, je l'ai vu exploser lors de l'impact d'un obus, ses entrailles éparpillées sur mon corps et jusque dans ma bouche, me laissant encore le goût du sang mélangé à la terre, l'odeur de la décomposition et de la pourriture de cet homme à qui je parlais il y avait encore une heure. Le soir même, m'étant isolé pour avoir un peu de calme, j'allumai une cigarette puis ne pensant plus à rien, je la plaçai entre mes doigts et levai la main en attendant qu'un tireur ennemi tire en rayant la lueur de cette cigarette.
Je me suis mutilé pour toi, pour te rejoindre, pour fuir cette guerre incessante hors de mes supérieurs.
Mais ce que je n'oublierai jamais, ce sont les corps innombrables, inanimés, qui m'entourent, et cette odeur de pourriture inoubliable.
Par Professeur L - Publié dans : Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième
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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 16:31
Chère Mathilde,

Comment t'expliquer notre malheur ? Comment te montrer l'horreur ? Hier nous nous sommes fait attaquer, massacrer, exterminer !
La peur m'envahit.
La peur que nous devons traverser.
La peur de ne plus jamais revenir.
La vie ici est comme entrée pour la mort. Même en dormant, les bruits des coups de fusil envahissent mes pensées. La vision de la couleur du sang me fait penser aux flammes de l'enfer. La nourriture ressemble à la chair des cadavres. En voyant les soldats pleurant leurs familles, je ressens le malheur, la déception dans ces tranchées humides et remplies de cadavres. La chose qui m'horrifie le plus, c'est toutes ces personnes qui se mutilent pour retrouver leurs familles et qui se font finalement condamner à mort. Les odeurs insoutenables, insupportables des cadavres déchiquetés et la présence des rats me paralysent d'une peur bleue. Si par bonheur j'arrivais à rentrer à la maison ! Mais ce que je n'oublierai jamais, c'est le drame, l'horreur, le massacre du champ de bataille.

Manech
Par Professeur L - Publié dans : Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième
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