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Chers élèves,

Ce blog vous est avant tout destiné. C'est votre outil. Servez-vous en !

Vous y trouverez les textes étudiés en classe, regroupés par séquence et par niveau, ainsi que les synthèses collectives envoyées par les volontaires.

Dans les commentaires, vous pouvez m'adresser vos remarques et me poser des questions concernant les cours ou les devoirs.
Tout message doit être soigneusement écrit, en respectant le plus possible l'orthographe et la grammaire.

Chaque message doit être signé.

Pour un usage à la fois intelligent et prudent d'Internet en général et du blog en particulier, je vous invite à consulter le site suivant, soutenu par l'Union européenne :

http://internetsanscrainte.fr/

Ce blog pédagogique se fixe donc les objectifs suivants :
- favoriser l'autonomie et l'esprit d'initiative des élèves
- favoriser la maîtrise de la langue française grâce aux nouvelles technologies de l'information et de la communication
- favoriser la communication entre le professeur et les élèves
- valoriser les meilleurs travaux disciplinaires et interdisciplinaires des élèves

Bonne navigation sur www.cosmopolis-educ.com !
Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /2008 20:10
Deux sites officiels dédiés aux 50 ans du traité de Rome : 

http://www.traitederome.fr/

http://europa.eu/50/index_fr.htm 
Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième - Communauté : Refaire le Monde
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Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /2008 20:00

Un pas décisif pour l'Europe

" Le 25 mars 1957, six pays (Belgique, France, Italie, Luxembourg, République fédérale d'Allemagne et Pays-Bas) signent le traité de Rome. Il s'agit en fait de deux textes qui donnent naissance à la Communauté Economique Européenne (CEE) et à la Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom). C'est un pas décisif dans la construction européenne. Les 27 pays membres de l'Union européenne, héritière de la CEE, fêtent cette année son 50è anniversaire. 

1. Une alliance économique toujours plus étroite. 

Après la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier), les six pays fondateurs de la CEE décident d'élargir leur coopération économique. Avec la CEE, la circulation des marchandises, des personnes, des services (banque...) et des capitaux devient libre. C'est la naissance du "marché commun" européen avec la suppression des barrières douanières. 


2. Un gage de prospérité. 

La population européenne a connu des années de privations à cause de la Seconde Guerre mondiale. Dans les journaux, le traité de Rome est présenté comme un espoir de prospérité et un événement historique. 


3. Une alliance européenne sans le Royaume-Uni. 

Dès le début, les Britanniques considèrent la construction européenne uniquement comme une zone de libre-échange. Pas question pour eux d'abandonner leur autonomie à des instances supranationales. Ils resteront à l'écart de la CEE jusqu'en 1973. 


4. L'hommage aux "pères fondateurs".

L'idée d'une famille de nations européennes partageant le même destin a pu se concrétiser grâce à la persévérance d'une poignée de convaincus. Parmi eux : les Français Jean Monnet et Robert Schuman, l'Allemand Konrad Adenauer...


5. Une communauté de valeurs. 
 

Au-delà de la coopération économique, la CEE a aussi jeté les bases d'un ensemble de politiques communes (agricole, monétaire...). "

Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième - Communauté : Histoire Géographie
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Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /2008 19:25
4ème 1 – Année scolaire 2007-2008
Séquence 4 : expliquer et argumenter : pourquoi les hommes font-ils la guerre ?
Vocabulaire des textes de Jonathan Swift (Les Voyages de Gulliver) et de Victor Hugo (Discours au Congrès de la paix, 1849)
 
Schisme (nom masculin) : division au sein d’une Eglise ou d’un parti politique. Exemple : en 1054 le schisme d’Orient : division de l’Eglise chrétienne en catholiques et orthodoxes.
 
Edit (nom masculin) : sous la France de l’Ancien Régime, un édit est une loi prononcée par le roi et qui concerne soit une partie de la population, soit une partie du territoire. Par exemple l’Edit de Nantes est une loi qui tolère la présence des Protestants en France.
 
Solliciter les textes : surinterpréter les textes, proposer une interprétation des textes (juridiques ou religieux le plus souvent) qui va au-delà de ce que l’auteur a voulu dire. Forcer le sens d’un texte.
 
Remontrance (nom féminin) : reproche, avertissement.
 
Thèse (nom féminin) : idée défendue ou proposée dans un discours ou dans un texte argumentatif. La thèse d’un auteur est l’idée qu’il développe et défend.
 
Antithèse (nom féminin) : idée qui vise à contredire la thèse. C’est la thèse inverse que l’on propose pour attaquer une thèse. Par exemple, soit la thèse suivante : tous les hommes sont méchants par nature. L’antithèse est alors : tous les hommes sont bons par nature.
 
Transition (nom féminin) : le passage entre la thèse et l’antithèse dans un discours ou dans un texte argumentatif s’appelle la transition. La transition est ce qui permet de passer de la thèse à l’antithèse.
 
Différend (nom masculin) : Désaccord, querelle sur un point précis, résultant d'un conflit d'opinions ou d'intérêts.
 
Scrutin (nom masculin) : vote
 
Concile (nom masculin) : assemblée qui délibère, qui discute.
 
Chimère (nom féminin) : illusion, rêverie folle.
Par Professeur L
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Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /2008 00:07
Année scolaire 2007-2008 – 4ème 1
Séquence 4 : expliquer et argumenter : pourquoi les hommes font-ils la guerre ?
Séance 6 : Damilaville, article « Paix », Encyclopédie, 1751-1772
           
            Paix. La guerre est un fruit de la dépravation des hommes ; c’est une maladie convulsive et violente du corps politique, il n’est en santé, c’est-à-dire dans son état naturel que lorsqu’il jouit de la paix ; c’est elle qui donne de la vigueur aux empires ; elle maintient l’ordre parmi les citoyens ; elle laisse aux lois la force qui leur est nécessaire ; elle favorise la population, l’agriculture et le commerce ; en un mot elle procure aux peuples le bonheur qui est le but de toute société. La guerre au contraire dépeuple les Etats ; elle y fait régner le désordre ; les lois sont forcées de se taire à la vue de la licence qu’elle introduit ; elle rend incertaines la liberté et la propriété des citoyens ; elle trouble et fait négliger le commerce ; les terres deviennent incultes et abandonnées. Jamais les triomphes les plus éclatants ne peuvent dédommager une nation de la perte d’une multitude de ses membres que la guerre sacrifie ; ses victoires même lui font des plaies profondes que la paix seule peut guérir.
Si la raison gouvernait les hommes, si elle avait sur les chefs des nations l'empire qui lui est dû, on ne les verrait point se livrer inconsidérément aux fureurs de la guerre. Ils ne marqueraient point cet acharnement qui caractérise les bêtes féroces. Attentifs à conserver une tranquillité de qui dépend leur bonheur, ils ne saisiraient point toutes les occasions de troubler celle des autres. Satisfaits des biens que la nature a distribués à tous ses enfants, ils ne regarderaient point avec envie ceux qu'elle a accordés à d'autres peuples ; les souverains sentiraient que des conquêtes payées du sang de leurs sujets ne valent jamais le prix qu'elles ont coûté. Mais, par une fatalité déplorable, les nations vivent entre elles dans une défiance réciproque ; perpétuellement occupés à repousser les entreprises injustes des autres ou à en former elles-mêmes, les prétextes les plus frivoles leur mettent les armes à la main. […] Les passions aveugles des princes les portent à étendre les bornes de leurs Etats ; peu occupés du bien de leurs sujets, ils ne cherchent qu'à grossir le nombre des hommes qu'ils rendent malheureux. Ces passions, allumées ou entretenues par des ministres ambitieux ou par des guerriers dont la profession est incompatible avec le repos, ont eu, dans tous les âges, les effets les plus funestes pour l'humanité. L'histoire ne nous fournit que des exemples de paix violées, de guerres injustes et cruelles, de champs dévastés, de villes réduites en cendres. L'épuisement seul semble forcer les princes à la paix ; ils s'aperçoivent toujours trop tard que le sang du citoyen s'est mêlé à celui de l'ennemi ; ce carnage inutile n'a servi qu'à cimenter l'édifice chimérique de la gloire du conquérant et de ses guerriers turbulents ; le bonheur de ses peuples est la première victime qui est immolée à son caprice ou aux vues intéressées de ses courtisans.

Avant de commencer l'analyse du texte de Damilaville, les élèves ont défini avec leurs propres mots la paix et la guerre. Voici les définitions de la paix et de la guerre par Aurore :

    La guerre est comme une maladie dont on ne guérit jamais. La guerre est assimilée aux meurtres, aux massacres. La guerre est banale, les hommes qui la déclenchent envoient d'autres hommes se faire tuer à leur place. Si les hommes politiques déclenchent la guerre, qu'ils la fassent eux-mêmes, au lieu d'envoyer des innocents se faire massacrer.
    La paix, c'est bien sûr le contraire de la guerre. Il n'y a pas de meurtre, pas de massacre, rien. Les hommes sont sages, personne ne veut être le plus fort.


Restitution collective des travaux sur les définitions de la paix et de la guerre par les élèves :

La guerre est un carnage, une maladie dont on ne guérit jamais. La guerre est inutile, stupide et sans intérêt, "convulsive et violente", la guerre est le fruit de la corruption des hommes. Elle est le contraire de la paix. La guerre est causée par le désir de gloire et pour des raisons qui ne remplaceront jamais les hommes morts.
            La paix, c'est le pansement de la guerre, elle redonne vie et joie au peuple, la paix est le contraire de la guerre. Les hommes sont sages et vivent en harmonie. En temps de paix, la société pense à développer l'économie. La paix est la clé qui sert à rétablir un ordre socioculturel interne. On peut ainsi établir une économie saine qui permet au pays de se développer.
                On ne peut pas définir la paix sans définir la guerre.

Restitution collective et synthétique de l'analyse du texte de Damilaville

Ce texte est argumentatif, ce qui est très étonnant, car dans une encyclopédie, on s'attend plutôt à lire un texte explicatif. L'auteur défend la paix et démontre que la guerre est ravageuse et destructrice.
                Damilaville veut expliquer et définir ce qu'est la paix mais il commence par la définition de la guerre, qui est le contraire de la paix. Il définit la guerre, qui est le contraire de la paix. Il définit la guerre pour montrer que la paix est bonne et indispensable pour notre société. Il utilise le champ lexical de la médecine pour montrer que la guerre est une "maladie convulsive et violente". La paix est assimilée à la santé : "santé", "corps", "vigueur", "guérir", plaies profondes", "membres".
                   La cause de la guerre selon Damilaville est la "dépravation des hommes", c'est-à-dire la corruption, les vices, l'orgueil, l'égoïsme et la jalousie. L'auteur nous propose donc une définition morale de la guerre.                                       Ce qui nous fait passer dans le premier paragraphe de la paix à la guerre est le connecteur logique "au contraire". Les conséquences de la guerre sont désastreuses : le désordre, le dépeuplement, la faillite, la misère, la ruine, la famine et la mort.
                  L'auteur veut faire comprendre que dans le deuxième paragraphe il y a une opposition entre l'hypothèse et la réalité : "si la raison gouvernait les hommes". Damilaville veut montrer que les hommes ne réfléchissent pa avant d'agir. La cause profonde de la guerre est l'ignorance, l'absence d'intelligence. Mais l'auteur va plus loin : il critique le gouvernement.
                  C'est une critique politique : ce qui pousse les gouvernements à faire la guerre, ce sont l'orgueil, l'ambition, les ministres et les courtisans. Pour Damilaville, la guerre n'exalte pas le bonheur qui exprime la fin de la société. Autrement dit, la guerre relève de la barbarie et reste anti-politique.
                   

Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième - Communauté : La commune des philosophes
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Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /2008 00:05
4ème 1 – Année scolaire 2007-2008
Séquence 4 : expliquer et argumenter : pourquoi les hommes font-ils la guerre ?
Séance 6 :
Support : Montaigne, Essais, II, 12.
 
Quant à la guerre, qui est la plus grande et la plus magnifique des actions humaines, j’aimerais bien savoir si l’on peut en tirer argument pour notre supériorité, ou bien au contraire une preuve de notre faiblesse et imperfection. Car elle est vraiment la science de nous déchirer et entre-tuer, de provoquer la ruine et la perte de notre propre espèce, et il me semble qu’elle n’offre pas grand-chose qui puisse être désiré par les animaux qui ne la connaissent pas.

     Quand donc un lion plus vaillant
     A-t-il ôté la vie à un autre?
     Dans quelle forêt un sanglier est-il mort sous la dent
     D’un plus fort que lui?

     [Juvénal, XV, v. 160]

 Mais les bêtes n’en sont pas toutes exemptes, pourtant. En témoignent les furieux combats des «reines» d’abeilles, comparables aux campagnes guerrières de deux princes ennemis:

     Souvent entre deux «reines »
 éclate une discorde
     Provoquant une émeute; on peut alors imaginer
     L’acharnement et la fureur guerrière
     qui s’emparent du peuple.

     [Virgile, Géorgiques, IV, v. 67]

     Je ne lis jamais cette admirable description sans y voir représentées la sottise et la vanité humaines. Car ces mouvements guerriers qui nous saisissent d’épouvante et d’horreur, cette tempête de sons et de cris, […]  il est plaisant de voir que cet effrayant déploiement de tant de milliers d’hommes armés, de tant de fureur, d’ardeur et de courage, est si souvent causé de vaines raisons, et qu’il s’arrête si souvent pour des raisons anodines.

     Les amours de Pâris, dit-on, plongèrent la Grèce
     Dans une guerre funeste contre les Barbares.

     [Horace, Épîtres, I, 2]

     Ainsi toute l’Asie courut à sa perte et s’épuisa en guerres à cause de l’adultère de Pâris[1] ! Le désir d’un seul homme, un dépit, un plaisir, une jalousie intime, toutes choses qui ne devraient même pas conduire deux harengères[2] à s’égratigner, voilà bien le motif d’une telle tempête !


Restitution synthétique et collective :

Montaigne, dans son texte, défend une cause : il veut faire comprendre qu'il veut que tout le monde cesse de s'entretuer. La guerre selon Montaigne risque de provoquer "la ruine et la perte de notre espèce". Autrement dit, l'espèce humaine risque de s'autodétruire en faisant la guerre. Cette idée est prophétique.
Ce texte se caractérise par la présence de trois citations de poètes célèvres de l'époque antique et romaine. Ces citations servent à montrer que de grands penseurs sont d'accord avec lui. Cela permet d'enrichir et de renforcer ses arguments.
Montaigne veut s'engager dans ce qu'il dit, comme le prouvent les expressions suivantes : "j'aimerais bien savoir si", "je ne lis jamais", "il me semble".
Montaigne, à travers la première personne du singulier, "je", défend ses idées. Montaigne fait l'hypothèse selon laquelle la guerre nous rend inférieurs aux animaux. Montaigne nous compare à des abeilles pour nous faire honte. L'auteur utilise les mots "sottise" et "vanité" pour nous faire culpabiliser.
Montaigne se sert de l'ironie : " il est plaisant de voir que" pour mieux rabaisser les hommes et montrer que notre cruauté nous rend même inférieurs aux animaux.
Les causes de la guerre sont insensées : "anodines" et "vaines". Le rapport entre les causes et les effets de la guerre est disproportionné. C'est ce que montre le décalage entre l'évocation des causes et le champ lexical de la guerre qui est très abondant. Montaigne termine, pour illustrer son propos, sur l'évocation de la guerre de Troie qui fut causée par le rapt d'Hélène.


[1]Pâris est un jeune prince troyen qui a enlevé la belle Hélène, reine de Sparte. Ce rapt a causé une guerre de dix ans entre la Grèce et Troie (actuelle Turquie).
[2]Femme aux manières et au langage grossier.
Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième - Communauté : La commune des philosophes
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Mardi 26 février 2008 2 26 /02 /2008 18:06

Vous allez peut être dire que j'exagère, mais est-ce que la violence ne serait pas un acte primitif de l'homme?
Car selon mon rassemblement de donnée, la violence existait déjà avec les homme primitifs et même, peut être les dinosaures.
Donc on peut penser que, comme la violence est un acte primitif, alors elle ne pourra disparaître.
Ce pourrait être pour certains, un reflexe dû à un complexe d'infériorité ou alors d'imcompréhenssion.
En tout cas la violence ne peut être traité que si nous écoutons le violent, c'est bien ça?
Enfin bref, comme je ne suis qu'en quatrième, je ne pense pas pouvoir ou avoir le droit de faire des morales à ce genre de personnes.

commentaire n° : 1 posté par : duminy le: 26/02/2008 13:03:26

Bonjour Rémi, 

Effectivement, la violence prend racine dans les pulsions les plus primitives de l'homme. L'homme n'est pas un saint. Ce n'est pas non plus un pur esprit. Il y a en chaque homme quelque chose qui n'obéit pas à la raison. Ce quelque chose se manifeste dans les rêves, dans les fantasmes, dans les cauchemars. C'est ce que Freud, un célèbre médecin viennois, appelle l'inconscient. Lorsque l'inconscient domine la raison chez une personne, alors celle-ci devient violente. Une personne violente est une personne qui ne sait pas maîtriser son inconscient par sa raison. 
C'est pourquoi, comme tu le dis très bien, la violence existe depuis les origines de l'humanité. Et donc la violence existait déjà à l'époque des hommes préhistoriques. Les animaux ne sont pas non plus dépourvus de violence, puisque la raison chez eux est très limitée. 
C'est la raison pour laquelle les animaux se battent entre eux, parfois de manière très cruelle. C'est ce que l'on appelle la loi de la jungle. La loi de la jungle, c'est la raison du plus fort, c'est-à-dire l'absence de justice liée à l'absence de raison et d'intelligence. La loi de la jungle, c'est le triomphe de l'agressivité et de la violence. On aura l'occasion d'y revenir lorsque nous étudierons un texte d'un très grand penseur français du nom de Montaigne. 
La violence provient donc de l'inconscient en chacun de nous lorsque celui-ci n'est pas contrôlé ou maîtrisé par la raison. La raison apprend à contrôler l'agressivité qui est en chacun de nous grâce à l'éducation. Le savoir, la connaissance, le développement de la raison par l'éducation sont les meilleurs moyens de combattre la violence qui est en nous. Cette éducation peut être morale, intellectuelle et sportive. Pour ma part, je suis même convaincu que la musique est un moyen d'éviter la violence. La musique contribue à la civilisation. Elle permet aux hommes de vivre ensemble, pacifiquement. 
Très souvent, un bon moyen d'aider une personne à maîtriser sa propre violence est d'entamer un dialogue avec elle. Tu as tout à fait raison de le souligner. 
Enfin, que tu sois en quatrième, en troisième, au lycée, étudiant, musicien ou salarié, je ne pense pas que tu sois en mesure de faire des leçons de morale aux autres. Moi-même j'essaie toujours d'éviter de faire de la morale. Donner des leçons de morale, c'est toujours se considérer supérieur aux autres. 
Par contre, que tu sois en quatrième ne t'empêche absolument pas de réfléchir et de développer ta pensée. Bien au contraire. Continue de réfléchir, de te poser et de me poser des questions comme tu le fais, c'est vraiment très bien.
commentaire n° : 2 posté par : Professeur L le: 26/02/2008 18:00:02
Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième - Communauté : La commune des philosophes
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Lundi 25 février 2008 1 25 /02 /2008 21:53

Bonjour tout le monde, afin d'en faire profiter le plus de personnes possibles, voici la suite du débat lancé par Rémi sur les rapports entre violence, non-violence et légitime défense. Ce nouveau dialogue pourrait avoir pour sujet : dans quelle mesure la légitime défense est-elle juste et efficace face à la violence ? Comment réagir face à une agression ? La non-violence permet-elle de résister efficacement à la violence ?

encore une dernière question m'sieur, je propose ceci:

Imaginons tout d'abord une femme que nous appellerons A, et une  autre femme non-violente que nous appellerons B, elles sont toutes les deux mariés à une personne.  
Je sais c'est un peu farfelu mais bon...                                                    

Alors A se fait attaquée dans la rue par x personne et sont mari la protège en blessant x.
On appellerai ça de la légitime défense violente? Donc comme
c'est de la légitime défense le mari n'est pas condamné donc je me dit à quoi sert la justice si elle ne condamne pas le mari, ou alors la justice est mal faite sur ce point.                                               
Par contre:
-si le mari ne la défend pas, il sera condamné a non assistance en personne en danger ( on se dit même pourquoi tout le temps le mari, il a bon dos celui-là).

-si le mari tue x alors il sera condamné, donc ça ne sert à rien de protégé sa congénaire, c'est ce que je trouve injuste et que je vous demande de corriger ou d'agreer à cette théorie-ci.


Maintenant nous sommes avec la femme B, elle se fait attaquée dans la rue elle aussi ( la pauvre!), elle doit se défendre donc, 
elle va attaquée dans le sens de la défense, donc elle devient violente puisqu'elle frappe x, ET si x tombe et se casse la nuque ( c'est qu'il n'a vraiment pas de chance je le concède alors, B sera condamné pour hommicide involontaire et encourra dans les dix ans, c'est bien ça.
Alors avec ça je me dit qu'il ne sert à rien de se défendre, puisqu'on gaspille 1/9 de notre vie en prison.
Donc mes questions sont:

Doit on se défendre si on est non-violent? Cela vaut il le coût?
Doit on défendre une personne si elle se fait agresser? à quoi ça sert si on est condamné?

Dans tout les cas de figure, c'est presque tout le temps le mari qui trinque. (ps: pourquoi pas les femme, hein?lol)

En tout cas, c'est un bon sujet de thèse.

commentaire n° : 4 posté par : duminy le: 24/02/2008 23:28:51

(Re)bonjour Rémi, 

Une fois de plus je te remercie de poser des problèmes aussi intéressants, qui ont toute leur place dans notre séquence explicative et argumentative consacrée à la question de la guerre et de la violence. 
Si le mari de la femme A tente de protéger celle-ci en blessant son agresseur, alors il s'agit bien d'un acte de légitime défense violente, puisqu'il inflige une souffrance physique à autrui. 
Cependant, même s'il s'agit d'un cas de légitime défense, le mari risque une peine d'emprisonnement, car il a infligé une souffrance physique à autrui. En effet, si la souffrance physique infligée à l'agresseur est disproportionnée par rapport à l'agression elle-même (par exemple, si le mari a malencontreusement crevé les yeux d'une personne qui tentait de voler le sac de madame), alors monsieur risque une peine d'emprisonnement tout à fait légitime. Si, dans le pire des cas, le mari tue l'agresseur, alors la peine d'emprisonnement sera encore plus juste et encore plus nécessaire, car il y aura un homicide involontaire, et nul n'a le droit de faire justice soi-même. Si tout le monde faisait comme ce mari, nous serions en pleine guerre civile. La justice est là justement pour éviter tout débordement de violence. Et c'est bien légitime.

C'est pourquoi, pour éviter pareil désagrément, je ne saurais trop conseiller à monsieur la pratique de l'aïkido, art martial non-violent qui consiste à canaliser l'énergie de son adversaire pour la retourner contre celui-ci, sans le blesser. L'aïkido a pour principe le respect fondamental de la personne humaine, que celle-ci soit une amie ou un ennemi. Le but premier de l'aïkido est l'harmonie et la fraternité. Il s'agit donc de détruire l'agressivité de l'adversaire en rendant inutile son attaque. En pratiquant l'aïkido, non seulement monsieur pourrait porter secours à madame sans blesser l'agresseur, mais encore et surtout, monsieur pourrait développer une réelle maîtrise de soi associée à un développement harmonieux de son corps, ce qui ne serait pas pour déplaire à madame.
Ainsi ton premier dilemne disparaît. 

Dans le cas de la femme B, je lui conseille également de suivre des cours d'aïkido. N'importe qui peut en faire : femme, enfant, vieillard, professeur de français, musicien. Et avec un peu de chance, soumis à une prise d'aïkido, l'agresseur sera impressionné et, plein de respect pour la jeune femme tout à fait charmante, cherchera à savoir d'où vient une telle technique de défense. Découvrant l'aïkido, l'agresseur s'inscrira dans un club pratiquant cet art martial et transformera ainsi radicalement son existence, devenant l'ami intime de la femme B, et plus si affinité...

Par conséquent, comme nous l'avons vu à travers l'étude du texte de Jacques Sémelin extrait de La non-violence expliquée à mes filles, être non-violent, c'est être actif, et cela suppose donc de savoir se défendre. Qu'ont fait les Afro-Américains à la suite de Rosa Parks lors du boycottage des bus en Alabama en 1955, sinon se défendre, défendre leurs droits, leur existence, leur liberté ?
Le boycottage, l'organisation de manifestations pacifiques, sont autant de moyens pour mener un combat politique non-violent, de même que l'aïkido est un sport, et même un art, non-violent, qui permet de se défendre lors d'une agression, sans pour autant blesser son adversaire. 

Enfin, si une personne se fait agresser sous tes yeux, il est effectivement préférable de la secourir, soit en rassemblant immédiatement tous tes amis pour impressionner et faire fuir le ou les agresseurs, soit en pratiquant par exemple l'aïkido s'il n'y a qu'un ou deux agresseurs. Si tu vois une seule personne se faire agresser par un groupe très violent, et si tes amis sont loin de pouvoir t'aider, il n'y a pas d'autre solution que d'avertir immédiatement la police. Ce n'est pas à toi de faire justice, d'autant plus qu'au lieu de sauver une vie, tu risques de provoquer deux morts : celle de la victime et la tienne. 

J'espère avoir convenablement répondu à tes questions. Si tu as d'autres problèmes que tu voudrais éclaircir, je suis bien entendu ouvert au dialogue. [le dialogue étant bien souvent un très bon moyen de résoudre un conflit]

Révise bien ton vocabulaire pour mercredi. 
Soigne ton classeur également.

A mercredi, 
Bien amicalement, 
Professeur L

commentaire n° : 5 posté par : Professeur L le: 25/02/2008 21:52:34
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Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /2008 01:10

Voici d'autres sites qui vous permettront d'approfondir et d'élargir vos connaissances sur la non-violence, sur Jacques Sémelin, l'auteur de La non-violence expliquée à mes filles, et sur les enfants soldats. La fréquentation de ces sites vous permettra notamment de vous familiariser avec des textes explicatifs et argumentatifs, tout en vous aidant à réfléchir sur la non-violence et la guerre : 


-  Sur Jacques Sémelin : http://www.ceri-sciences-po.org/cerifr/cherlist/semelin.htm

- Sur les enfants soldats : http://www.amnesty.org/fr/children

Par Professeur L - Communauté : La commune des philosophes
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Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /2008 01:01
Voici des sites que vous pouvez consulter pour la préparation des exposés : 

- Sur Martin Luther King : http://www.non-violence-mp.org/la%20nonviolence_fichiers/histking.htm

- Sur Gandhi : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mohandas_Karamchand_Gandhi

- Sur les enfants soldats : http://www.un.org/french/works/children/children3.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Enfant_soldat

- Sur l'aïkido : http://www.ffab-aikido.fr/
Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième - Communauté : Refaire le Monde
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Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /2008 00:49
Bonjour tout le monde, 

Je me permets de mettre en évidence, sous forme d'article, une question très intéressante  de Rémi sur le vol et la violence à laquelle je me suis efforcé de répondre. Vous trouverez également ces deux messages sous forme de commentaire au texte de Myriam Revault D'Allonnes, Pourquoi les hommes font-ils la guerre ?, après la restitution synthétique d'Aurore : 


Commentaire de Rémi :
bonjour m'sieur, j'ai une question à vous poser.
Parce qu'aprés mûre reflexion, j'en suis venu à conclure que le vol n'est pas un acte de violence.
Tout d'abord je me suis dit que le vol est un acte prémédité et souvent commis la nuit.
Alors que la violence, elle, est gratuite et n'a pas besoin de préméditation, n'importe qui peut rentrer chez vous et vous asséner des coup violents et mortels.
Donc je me pose la question de savoir si le vol est un acte violence.
Pour moi, un vol est un acte non-violent qui nuit "foncièrement" à la personne concerné, sinon quoi je me suis dit aussi que ça pourrait être un acte de violence indirecte.
Donc j'envoie ce message pour que vous éclairiez ma lanterne.

Ma réponse :
Bonjour Rémi, 

Merci beaucoup de poser cette question qui est très intéressante. Le vol est-il un acte non-violent ? 
D'après le texte de Jacques Sémelin, que nous avons étudié en cours, et à partir duquel tu as envoyé une bonne restitution synthétique sous forme de commentaire (dans l'article consacré au texte de Victor Hugo), la non-violence repose essentiellement sur le respect de l'autre. Or la violence est une forme de non-respect de l'autre. On peut même considérer, à mon avis, que toute forme de non-respect de l'autre, de ton prochain, est une forme de violence. 
En effet, la violence ne s'exerce pas que physiquement. Il existe des formes de violence mentale ou psychologique, comme le harcèlement moral par exemple. C'est une forme de violence très répandue, notamment dans le monde de l'entreprise. Cela peut même entraîner des suicides. 
Par conséquent, si la violence repose sur le mépris de l'autre, de ton prochain, de ton voisin, de ton concitoyen, et si la non-violence est une forme de respect de l'autre, alors on peut difficilement concevoir que le vol est un acte non-violent, au sens où nous l'avons défini en cours. 
Car il me semble, et je suis sûr que sur ce point tu es d'accord avec moi, que voler son voisin, son ami, ou même son ennemi, ce n'est pas vraiment le respecter. 

Donc, une chose est sûre, le vol n'est pas un acte non-violent

Pour autant, je sais bien qu'il existe des moyens de voler des objets tout en évitant la violence. Par exemple les vols d'oeuvre d'art dans un musée, le plus souvent commis la nuit. Mais, face à cet argument, on peut avancer au moins deux objections : 
- premièrement, voler une oeuvre d'art, c'est faire preuve de mépris à l'égard de la communauté. Car une oeuvre d'art exposée dans un musée appartient en principe à l'ensemble de la communauté, au habitants d'une ville par exemple, voire à l'ensemble du genre humain, car l'oeuvre est classée au patrimoine mondial de l'humanité. Donc, en un sens, même dans ce cas, il s'agit d'un acte de violence. 
- deuxièmement, même le vol d'une oeuvre d'art peut entraîner des situations telles que la violence physique finit par être utilisée. Par exemple, dans La Clé de l'apocalypse, brillante nouvelle  fantastique dont je te conseille vivement la lecture, la protagoniste, une tueuse à gage, doit combattre un monstre terrifiant, alors même qu'elle vient de voler une clé aux pouvoirs magiques. 

Plus sérieusement, le vol est donc un acte moralement négatif qui implique bien souvent des souffrances physiques ou psychiques infligées à autrui contre la volonté de ce dernier. Le vol d'organes permet d'illustrer cette idée. Dans la plupart des pays en guerre, comme en Tchétchénie par exemple, de nombreuses personnes disparaissent quotidiennement. On les retrouve le plus souvent mortes, avec des organes en moins : coeur, foie, poumon, yeux...Ces organes seront par la suite destinés au traffic illicite qui enrichit les mafias. 
Le kidnapping d'un membre de ta famille est un vol qui n'entraînera pas chez toi des souffrances physiques, mais qui causera une réelle souffrance psychique. Et infliger à autrui une souffrance psychique ou mentale, c'est commettre un acte de violence. 

Certaines formes de vol sont donc indissociables de la violence physique et psychique, comme le racket par exemple. Voler, c'est toujours voler une personne (même l'Etat par exemple est une personne que l'on qualifie de morale). Et voler une personne, c'est non seulement la tromper, la mépriser, mais c'est également et surtout, dans une certaine mesure, remettre en cause son statut de personne. On dit alors que l'on menace l'intégrité de la personne. Et on lui inflige, contre sa propre volonté, des souffrances morales, psychiques. 
Car il faut savoir qu'une personne, c'est un individu qui se construit progressivement à partir des objets qu'il possède. Bien souvent, voler un objet à une personne, c'est l'empêcher d'être pleinement une personne. Par conséquent, le vol est une atteinte directe à la personne. C'est de manière indirecte voler une partie de la personne.

En outre, tu me dis que le vol est un acte prémédité. La préméditation n'est pas un critère qui permet de distinguer un acte violent d'un acte non-violent. De plus, sache que le vol n'est pas toujours prémédité. Certaines personnes souffrent même d'une maladie psychique qui les pousse malgré elles à voler, partout où elle se trouve. C'est ce que l'on appelle la kleptomanie

Tu affirmes que la violence est gratuite. C'est une véritable thèse, et un réel problème. En effet, peut-on considérer que la violence est gratuite ? Toute violence est-elle gratuite ? La violence prend certainement racine dans les pulsions les plus sombres et les plus destructrices de l'âme humaine. Un célèbre docteur autrichien, du nom de Freud, a même affirmé, au début du vingtième siècle, que la violence avait pour origine une pulsion appelée pulsion de mort. 
D'autre part, la violence est parfois, dans de très rares exceptions, considérée comme légitime, justifiée, nécessaire, et donc non gratuite. Par exemple, pendant la Seconde guerre mondiale, les Alliés menés par les Etats-Unis d'Amérique ont combattu l'Allemagne nazie. Cette guerre fut une forme extrême de violence. Toute l'Allemagne fut détruite, mais le combat contre les nazis était nécessaire pour sauver la paix et la liberté dans le monde. La violence obéit donc soit à une pulsion, soit à une intention. Dans ce dernier cas, elle n'est pas gratuite. 
Ta dernière proposition de définition du vol, conçu comme violence indirecte, me semble donc la plus adéquate. 
J'espère que j'ai répondu à ta question. Si certains détails te semblent flous, si tu ne comprends pas certains points, n'hésite surtout pas à me le signaler. 
A très bientôt, 
Bien amicalement, 
Professeur L.

Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième - Communauté : La commune des philosophes
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