Plaidoyer de Céline

Publié le par Professeur L

Ma cliente, Médée, ici présente, reconnaît les faits dont elle est accusée. Médée et moi-même, nous nous opposons cependant à ces contre-vérités qui montrent qu'elle ne serait pas digne d'être une mère, qu'elle aurait commis cet acte dont on l'accuse sans vergogne, et qu'elle serait une traîtresse.

En effet, lors de ce drame, ma cliente venait de se faire expulser de sa ville natale, sous les regards sarcastiques des habitants de Chartres. Elle ne savait pas où elle aurait pu être logée. Elle a cherché partout, du mieux qu'elle pouvait, pour le bien de son enfant et d'elle-même. Mais personne ne voulait l'héberger, et avant tout personne ne voulait d'une femme seule avec un enfant sur les bras.

Est-ce donc dans ces circonstances atténuantes que Médée devait son enfant ? Est-ce donc dans ces piètres circonstances qu'elle devait assurer la survie de son enfant ? C'est déjà dans des conditions extrêmement difficiles qu'elle a eu son enfant. Alors dire que c'est une mère indigne est une terrible offense. J'explique mes dires : Médée s'est fait violer par un Allemand. Et, malgré toutes les critiques sardoniques, rosses, funestes et machiavéliques qu'elle a pu recevoir et subir, elle a toujours aimé et protégé son enfant, comme une louve qui protège son petit.

Même si les circonstances ne sont pas propices, je vous demande de vous mettre à sa place, lors de la décision que vous aurez à prendre. C'est une mère aimante qui a eu un dilemme tragique à affronter, ne sachant pas si elle voulait voir son enfant mourir de soif, de faim et de froid, ou si elle devait commettre un choix qu'elle regretterait toute sa vie.

En commettant ce meurtre, ce fut en quelque sorte une façon d'effacer toutes les traces de son passé avec son ancien amant. Cette femme a été meurtrie par sa folie et a agi de manière impulsive. Elle regrette profondément le choix qu'elle a du prendre, et en ce sens, elle s'est déjà condamnée elle-même.

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