Autoportrait d'Henri Aimé Gauthé par Romain

Publié le par Professeur L

Tombes des soldats britanniques tués lors de la Bataille de la Somme en 1916. Mémorial de Thiepval dans la Somme.

Tombes des soldats britanniques tués lors de la Bataille de la Somme en 1916. Mémorial de Thiepval dans la Somme.

Cette lettre sous forme de poème a été écrite par Henri Aimé Gauthé à sa correspondante de guerre Marie-Alice Jeannot. Elle a été écrite pendant la Première Guerre mondiale, le 10 janvier 1918. Dans ce poème, on retrouve à chaque vers un alexandrin où chaque hémistiche s'oppose et est construit sur une antithèse. On peut voir dans le premier hémistiche : "Je suis doux et timide avec des airs pervers" un aspect lumineux, calme et charmant ("doux et timide"). On peut voir aussi dans les seconds hémistiches un côté beaucoup plus sombre, obscur ("pervers", "rosses", "atroces", "décevant"). On comprend que l'auteur se décrit à travers ces vers et veut montrer à quel point la guerre peut déshumaniser un homme et lui faire perdre sa dignité. Il veut faire comprendre aussi à la population que beaucoup de gens s'entretuent et ce que n'est pas le propre de l'homme, que ce ne sont pas des héros, mais plutôt des anti-héros : "Je suis le chevalier de la piètre figure." (vers 13) On voit que l'auteur se dévalorise, se dénigre : "A mon front large on voit tout au sommet des bosses". On comprend que la guerre l'a changé au point qu'il adore faire du mal : "Je fais pour m'amuser des piqûres atroces". On voit que les comparaisons utilisées font tout de suite penser au sang, à la guerre ou encore à la mort : "Ma lèvre est rouge comme une fraîche blessure" (vers 10). Cette histoire à travers ce poème est à mettre en paralllèle avec L'Etrange Cas du docteur Jekyll et Mister Hyde de Robert Louis Stevenson. Il fait également penser à Quasimodo dans Notre Dame de Paris de Victor Hugo, à à la Bête dans La Belle et la Bête de Leprince de Beaumont.

Enfin, on voit que l'écriture est le seul lien qui le rattache à l'humanité, à la civilisation, à sa femme. C'est ce qui lui permet de résister à la déshumanisation, à la transformation radicale et définitive de soi à cause de la guerre.

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