Melancholia par la Seconde 16

Publié le par Professeur L

Melancholia par la Seconde 16

Année scolaire 2018-2019 – Lycée Cassini de Clermont-de-l'Oise

Séquence 1 : la poésie du XIXe au XX e siècle : du romantisme au surréalisme

Séquence 1 : Victor Hugo, de la révolution cosmique à la révolution politique

Séance 5

Support : « Melancholia » de Victor Hugo (Les Contemplations, 1856)

 

  1. Les conditions de travail des enfants (paragraphes rédigés par Thomas et Ethan ; les phrases en italique sont rajoutées par le professeur)

 

Tout d'abord, dans ce texte, l'auteur montre un aspect horrible des conditions de travail des enfants. En effet, les tâches effectuées normalement par des adultes sont ici effectuées par des « enfants », « des doux êtres pensifs », des « anges ». Ce lexique mélioratif montre qu'ils ne sont pas aptes à faire toutes ces tâches ». Ils sont « innocents » et exploités par des hommes. C'est de l'esclavagisme. Les enfants sont obligés de travailler dans un lieu qui ne leur est pas propice, comme le montre le lexique péjoratif pour désigner l'usine à travers une gradation : « prison », « bagne », « enfer ». Il y a donc une antithèse entre le vocabulaire laudatif utilisé pour désigner les enfants et le vocabulaire péjoratif pour décrire l'usine. Les enfants devraient se former, grandir dans un endroit adéquat. C'est notamment ce que révèle la périphrase « doux êtres pensifs ». Un aspect mélioratif quant à lui se dégage : ces enfants sont « innocents », « doux ». Il sont le bien dans le poème.

De surcroît, les enfants sont privés de toute liberté. L'auteur va notamment insister sur cette idée grâce à plusieurs expressions telles que « vont travailler quinze heures ». Ces quinze heures représentent plus de la moitié de la journée. Mais ce n'est pas tout : ils sont utilisés et travaillent sans pause, comme le prouve l'exemple suivant : « Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue ». Cette anaphore insiste sur le fait qu'ils n'ont aucune pause. Il y a aussi la répétition du mot « travail » tout au long du texte qui vient accentuer cette impression de travail forcé. Les compléments circonstanciels de temps (« de l'aube au soir », « éternellement ») insistent sur la durée considérable de travail imposé à l'enfant.

De plus, ces enfants vont travailler dans un environnement lugubre, « sombre », où il fait « à peine jour ». Cet endroit est même comparé à un « enfer », grâce à la métaphore « anges dans un enfer ». L'écrivain met en valeur cet aspect en comparant aussi les machines utilisées par les enfants à des « monstres hideux » qui vont engloutir les enfants jusqu'à ce qu'ils aient « de la cendre sur leurs joues ». Ces machines sont comparées à des ogres dans les contes de fée mais aussi à des créatures mythologiques telles que le Minotaure. C'est aussi ce que suggère l'auteur quand il explique et compare le lieu de travail à une prison. On constate aussi que ce lieu et ce travail sont « maudits » comme un « blasphème », une insulte à Dieu, ce qui va montrer que ce lieu est même pire que les Enfers, et que ce travail, cet acharnement envers les enfants est pire que tous les châtiments. L'écrivain apporte un éclairage décisif sur cette idée grâce à plusieurs aspects du texte. Les enfants ont de la « fièvre », ils sont sales : « de la cendre est sur leur joue ». Ils sont dans la « misère ». Ils sont comparés à des machines grâce à l'expression « une âme à la machine et la retire à l'homme ». Une gradation sur plusieurs vers « prison », « bagne », «enfer » montre que ce lieu est un ensemble de ces trois décors et que c'est le pire endroit au monde. Le vocabulaire péjoratif qui est dégagé (« sombre », « hideux », « infâme ») constraste avec celui, mélioratif, concernant les enfants, ce qui renforce l'idée d'enfants qui ne sont pas à leurs places. En outre, tout ce que subissent ces êtres innocents est pire qu'une « opprobre », qu'un « blasphème ». Les enfants souffrent car leurs conditions de travail sont semblables à ce qui se passe dans les Enfers.

Melancholia par la Seconde 16

II. Les conséquences physiques et mentales du travail sur les enfants (paragraphes rédigés par Benjamin et Adrien. Les phrases en italique sont rajoutées par le professeur).

 

De plus ce travail a des conséquences physiques et mentales négatives sur les enfants. Pour montrer le côté sinistre de ce travail réalisé par les enfants, l'auteur utilise au premier et au deuxième vers deux questions rhétoriques : « Mais où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ? Ces doux être pensifs que la fièvre maigrit ? » Dans le premier vers l'antithèse entre « tous » et « pas un seul » indique que les enfants ne plaisantent pas enter eux et sont malheureux. Dans le deuxième vers, la question rhétorique montre que les enfants sont affamés et malades. L'auteur insiste sur l'énorme travail réalisé par les enfants. Pour renforcer cette image l'auteur emploie le mot « travaillent » au début du vers 10 sous forme de rejet ainsi que l'expression « la cendre est sur leur joue ». Les enfants ressentent une fatigue certaine : « ils sont déjà bien las ». Le modalisateur insiste sur cet épuisement.

Ensuite, les conditions de travail sont telles que l'auteur évoque des maladies et des problèmes de santé. Victor Hugo évoque le « rachitisme » et le « souffle étouffant ». L'allitération en f permet d'insister sur les maladies pulmonaires provoquées par ce travail à l'usine. L'auteur met l'accent sur la jeunesse des enfants qui travaillent en employant l'expression « travail mauvais qui prend l'âge tendre en sa serre » (vers 23). Cette expression est une métaphore qui représente l'enfant comme une proie se faisant attraper par un aigle. Elle permet de montrer que ce travail vole la jeunesse des enfants. Le vers 18 d'Apollon un bossu, de Voltaire un crétin ! » représente mieux cette idée car cette antithèse montre que les enfants deviennent laids et bêtes en passant trop de temps à l'usine.

En outre, le travail à l'usine, en exploitant les enfants, engendre la misère économique : « Qui produit la richesse en créant la misère ». Exploités, aliénés, les enfants sont déshumanisés : « une âme à la machine et la retire à l'homme ». Ce n'est plus la machine qui est au service de l'être humain mais l'enfant qui est au service de la machine. Maladies, enlaidissement, épuisement, destruction du corps, de la santé et de l'intelligence, déshumanisation : telles sont les conséquences néfastes et condamnées par Hugo dans son poème.

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III. L'appel à une libération (paragraphes rédigés par Léa et Morgane. Les phrases en italique sont rajoutées par le professeur.)

 

Enfin, pour Victor Hugo, le travail des enfants est une exploitation. Donc ils n'ont plus de liberté ni de source d'épanouissement. A cause de ce travail injuste, les enfants travaillent plus de quinze heures par jour sous des machines, ce qui représente une sorte de prison : « Dans la même prison le même mouvement ». La répétition de l'adjectif « même » et l'allitération en « m » renforcent l'idée de monotonie et d'aliénation. Dès huit ans, les enfants sont utilisés comme des outils : « Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil ». L'écrivain insiste sur le fait qu'ils n'ont plus d'âme dans ce système d'exploitation : « une âme à la machine et la retire à l'homme ». Le parallélisme insiste sur l'aliénation de l'enfance. C'est donc une forme d'esclavage qui est dénoncée explicitement ici.

De ce fait, Victor Hugo n'est pas d'accord avec cette injustice car pour lui, le travail doit être une source de générosité et de joie : « Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux ». L'énumération d'adjectifs qualificatifs mélioratifs et la gradation à cadence majeure insistent sur une conception sacrée du travail, source de joie et d'émancipation. Victor Hugo utilise une énumération et une gradation méliorative afin de promouvoir les adjectifs « sain, fécond, généreux ». Le poète oppose ainsi deux conceptions du travail : une conception péjorative, réduisant le travail à l'exploitation qui est dénoncée ici, et une conception méliorative, assimilant le travail à une passion émancipatrice. C'est au nom du travail émancipateur qu'il faut combattre le travail des enfants qui est une perversion du travail.

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