Miette, allégorie de la Liberté et vierge martyre par la Seconde 16

Publié le par Professeur L

Horace Vernet (1789-1863), Barricade dans la rue de Soufflot, à Paris, le 25 juin 1848 (vers 1848-1849). Berlin, Musée historique allemand.

Horace Vernet (1789-1863), Barricade dans la rue de Soufflot, à Paris, le 25 juin 1848 (vers 1848-1849). Berlin, Musée historique allemand.

7. Silvère et Miette ressentent beaucoup d'émotions en voyant le défilé des insurgés. En effet, ils ont tous les deux des larmes aux yeux : « Elle ferma les yeux. De grosses larmes chaudes coulaient sur ses joues. Silvère avait, lui aussi, des pleurs au bord des cils. » (p. 67) Cela montre l'émotion forte et le sentiment que ressentent Miette et Silvère en voyant ces hommes qui se révoltent. De plus, ils sont emportés par « les profondeurs d'un précipice » (p. 65). Le champ lexical de la volonté extrême augmente l'effet des désirs de Miette : « ses désirs brûlants de liberté », « élan sublime », « angoisse voluptueuse de vierge martyre », « rugissement de révolte » (p. 66) Miette est comparée à un animal sauvage, plus précisément à un loup. En effet, ses « dents blanches » sont comparées « aux crocs d'un jeune loup qui aurait des envies de mordre » (p. 66). Cela augmente l'effet de désir, de révolte, mais également d'absence de contrôle, comme si l'animalité et l'agressivité prenaient le dessus. Cette fureur bestiale est aux antipodes ici de tout grandissement héroïque et épique.

 

8. Le père de Miette est « Chantegreil » (p. 68) Il est coupable de meurtre : il aurait assassiné un gendarme. Son père l'aurait tué au « coup de fusil (p. 69).

 

9. A la fin du chapitre, Silvère voit Miette comme une grande fille qu'il admire. En effet, il la contemple car elle est « si belle, si grande, si sainte ». Elle est rayonnante, dans une gloire empourprée ». On découvre Miette à travers les yeux de Silvère grâce au point de vue interne et au style indirect libre. L'expression « si belle, si grande, si sainte » est une anaphore, une énumération, une gradation et un parallélisme qui servent à exprimer l'admiration que porte Silvère envers Miette. Miette quant à elle se voit comme « la vierge Liberté » (p. 71). Elle incarne la République aux yeux de tous, mais surtout aux yeux de Silvère. Elle est la nouvelle Marianne, l'allégorie de la Liberté guidant le peuple. En effet, les insurgés « étaient saisis et enthousiasmés » par Miette qui portait le « drapeau » français avec tant de nervosité (p. 71). Miette s'identifie à une martyre chrétienne, ce qui entre en résonance avec son envie de mourir qu'elle exprime dès le début de la première partie du roman : « Il me semble que je suis à la procession de la Fête-Dieu, et que je porte la bannière de la Vierge. » (p. 72) Elle doit se sentir grande et courageuse pour rejoindre cette rebellion, mais elle se voit clairement comme quelqu'un qui rachète ainsi l'intégrité de son père, et comme une sorte de Jeanne d'Arc à la tête de son armée.

Jean-Jacques Scherrer (1855-1916), Jeanne d'Arc, victorieuse des anglais, rentre à Orléans et est acclamée par la population, 1887, Musée des Beaux-Arts d'Orléans, France.

Jean-Jacques Scherrer (1855-1916), Jeanne d'Arc, victorieuse des anglais, rentre à Orléans et est acclamée par la population, 1887, Musée des Beaux-Arts d'Orléans, France.

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