Germinal de Zola, quatrième partie, chapitre 7, commentaire d'Elise et Mathieu

Publié le par Professeur L

Emile Zola photographié par Nadar.

Emile Zola photographié par Nadar.

Commentaire d’Elise et Mathieu

 

                Tout d’abord Etienne dans son discours qui est à la fois épique et polémique dénonce l’exploitation des ouvriers. Son discours est divisé en deux parties. La première partie encourage au combat et le glorifie. Dans cette partie il décrit le sort réservé à la famille Maheu. Il montre comment ils ont été exploités par la mine : « En phrases rapides, il remontait au premier Maheu, il montrait toute cette famille usée à la mine, mangée par la Compagnie, plus affamée après cent ans de travail. » Cette phrase met en place la représentation d’une famille impuissante et victime de l’exploitation grâce notamment à l’accumulation des participes passés (« usée », « mangée », « affamée »), l’utilisation de la voix passive et la gradation « usée à la mine, mangée par la Compagnie, plus affamée… » Le lexique de la dévoration (« mangée », « affamée ») permet d’attribuer à la mine une image de prédatrice. Au lieu de les enrichir, le travail à la mine les a rendus misérables. Etienne montre ainsi que le système dominant est contradictoire, car il enrichit une minorité qui ne travaille pas en appauvrissant la majorité qui travaille. Ce discours d’Etienne est aussi violent. C’est ce que suggère l’auteur quand il écrit : « Il fut terrible, jamais il n’avait parlé si violemment. » Les mots « terrible », « violemment », « drapeau de misère et de deuil » et « vengeance » montrent la violence du discours qu’Etienne est en train de prononcer.

            Nonobstant la dimension épique n’est pas le seul aspect du discours d’Etienne. Dans la seconde partie, il utilise le registre polémique en critiquant les « bourgeois », les « ministres » et les « grands seigneurs ». Il accuse notamment la Compagnie de préférer corrompre les ministres par des pots-de-vin plutôt que d’augmenter les salaires. Le verbe « s’engraissent » fait passer les « grands seigneurs » et les « bourgeois » pour des porcs. Ils sont déshumanisés par leur propre cupidité selon Etienne. Une question rhétorique est présente dans cette phrase : « N’était-ce pas effroyable ? », ce qui incite l’ouvrier à se réveiller et à se rebeller, en prenant partie avec Etienne contre leur exploitation.

 

            Etienne dans son discours développe une véritable vision de la révolution. Le registre épique est employé pour décrire les mineurs en train de s’organiser pour lutter en faveur de leur émancipation, d’où les termes « une armée poussait des profondeurs des fosses ». Les allitérations en [p], en [f]et en [r], la rime entre « armée » et « poussait » et l’assonance en [o] montrent la force des ouvriers qui s’unissent pour assurer leur destin. Les mineurs s’unissent sous la forme d’une armée pour lutter contre la mine et le capital qui sont représentés dans la vision d’Etienne comme un « dieu impersonnel ». Le capital est assimilé à un « pourceau immonde » et Etienne voit la révolution comme un combat divin entre les hommes et un dieu païen. Etienne accumule ensuite les menaces au futur du passé : « on irait là-bas, on finirait bien par lui voir la face aux clartés des incendies, on le noierait sous le sang, ce pourceau immonde, cette idole monstrueuse, gorgée de chair humaine. » L’auteur met en valeur une antithèse entre « incendies » et « noierait » pour montrer qu’Etienne est prêt à tout pour tuer le capital. Il mélange l’eau et le feu dans son fantasme de destruction apocalyptique. On peut voir une accumulation de termes péjoratifs pour désigner l’ennemi à abattre : « idole monstrueuse », « gorgée de chair humaine ». Etienne décrit donc l’apocalypse.

 

 

            Dans son discours, Etienne encourage les ouvriers à se rebeller. Il critique le pouvoir financier et politique en réduisant les « bourgeois » et les « ministres » à des animaux. Ce discours est donc dénonciateur et pousse à la révolution. La vision de la révolution apparaît comme un combat divin lourd de menaces. La vision de la révolution n’est pas sans faire penser à l’Apocalypse dans l’Evangile selon saint Jean.

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