Charles Baudelaire, "L'Albatros"

Publié le par Professeur L

Carlos Schwabe, "Spleen et idéal", 1907.

Carlos Schwabe, "Spleen et idéal", 1907.

LECTURE ANALYTIQUE 11

 

Le poète décrit un oiseau, l’albatros : « vastes oiseaux des mers », « grandes ailes blanches », « ce voyageur ailé », « bec »

Charles Baudelaire utilise une hypallage pour caractériser l’oiseau : « vastes » est déplacé de « mers » à « oiseaux »

3 périphrases mélioratives (« prince des nuées », « rois de l’azur », « voyageur ailé ») qui insistent sur la majesté et la dimension divine d’un être dont le ciel est le royaume

« si beau » : superlatif qui insiste sur la beauté de l’oiseau dans les airs

Être divinisé ou proche du divin (du ciel), qui a le pouvoir de s’envoler et donc de s’élever

L’oiseau est décrit comme une créature noble

« ses ailes de géant » : l’oiseau apparaît comme un être gigantesque, divin, au pouvoir surhumain

Or sur terre une fois capturé il est humilié et torturé par les hommes

Comme il est trop grand il n’est pas adapté pour vivre sur terre : « maladroits et honteux », « piteusement »

D’où une impression de supériorité de la part des marins : dans la troisième strophe on adopte le point de vue péjoratif des marins qui montre leur mépris et leur jalousie : « gauche et veule », « comique et laid », « infirme »

Tout le poème repose sur une antithèse entre la beauté de l’oiseau sublime dans les airs et son humiliation et sa souffrance sur terre

Antithèses entre les hémistiches à l’intérieur de l’alexandrin : vers 6, vers 9, vers 10

Parallélisme de construction entre les vers 9 et 10 qui insiste sur la souffrance de l’albatros

La souffrance est accentuée par l’utilisation de phrases courtes et exclamatives

On a une cassure entre les deux premières strophes et la troisième strophe : amplitude phrastique dans les deux premiers quatrains (une phrase par strophe) et rythme saccadé, phrases courtes, dans la troisième strophe, pour montrer l’acharnement des marins sur l’oiseau

La cassure du rythme reproduit la casse de l’oiseau

James Ensor, L'intrigue, 1890, Musée des Beaux-Arts à Anvers, Belgique.

James Ensor, L'intrigue, 1890, Musée des Beaux-Arts à Anvers, Belgique.

Assonance en [eu] : piteusement, leur, honteux : son triste, qui exprime le désespoir de l

Assonance en [eu] : piteusement, leur, honteux : son triste, qui exprime le désespoir de l’albatros prisonnier des hommes

Strophe 3 : allitération en [g] : gauche, naguère, gueule, agace : souligne la violence et la vulgarité des hommes

vers 2 strophe 2 : allitération en [r] : roi de l’azur, maladroit : un son dur, irritant, qui reproduit encore la dureté du sort imposé à l’oiseau

assonance en [é] : laid, volait qui souligne l’antithèse entre la beauté aérienne et la vulgarité terrestre

Allitération en [b] : bec, brûle-gueule, qui rappelle l’albatros qui se fait battre

« Mine » et « infirme » : allitération en [m] et une assonance en [i] qui souligne la fragilité de l’oiseau

Allitération en [k] : bec, qu’il, comique : son dur qui rappelle la condition imposée à l’oiseau

L’auteur se voit dans l’albatros : il se compare à cet oiseau : « Le poète est semblable au prince des nuées »

Les marins font référence à la société qui emprisonne le poète

« les planches » font référence non seulement au bateau mais également et surtout à la société : la société est une mise en scène, une comédie

Le poète se sent prisonnier d’une comédie sociale dans laquelle il ne trouve pas sa place

Le poète sent qu’il n’est pas à sa place dans le monde

Il sent que la société qui ne lui fait pas un bon accueil n’est pas son milieu naturel

le milieu naturel du poète est le monde invisible (représenté ici par le ciel)

on a en fait une double comparaison entre le poète et l’albatros : l’albatros est décrit dans sa souffrance comme un être humain, et le poète est décrit comme un albatros

La société considère le poète comme quelqu’un d’inutile, de ridicule, comme un clown, un misérable, un vagabond

 

Problématiques proposées par les élèves :

 

Comment l’auteur en décrivant l’oiseau décrit-il sa souffrance ?

Comment l’auteur parvient-il à montrer qu’il n’a pas sa place dans la société ?

Comment l’auteur montre-t-il sa vision de la société et du poète à travers l’albatros ?

Comment le poète montre-t-il que la société l’emprisonne ?

Comment le poète passe-t-il de la divinisation à la souffrance ?

Comment l’auteur dévoile-t-il sa place dans la société ?

Comment l’auteur se compare-t-il à l’albatros à travers sa description physique et morale ?

Comment l’auteur perçoit-il sa vie et sa place dans la société ?

Comment l’auteur dénonce-t-il le mal-être du poète dans la société ?

 

James Ensor, Autoportrait aux masques, 1899.

James Ensor, Autoportrait aux masques, 1899.

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