La Vague de Todd Strasser par Manon B

Publié le par Professeur L

Auschwitz, Pologne.

Auschwitz, Pologne.

Au début c'était un simple cours d'histoire. Les élèves étaient dissipés. Monsieur Ross nous avait montré une vidéo dans laquelle on y voyait les atrocités que les nazis avaient commises. Tout le monde était bouleversé. Certains avaient les larmes aux yeux. D'autres comme moi éprouvaient un sentiment étrange, un sentiment d'injustice. Comment pouvait-on faire ça ? Il ne fallait pas être humain pour faire ce genre de chose.

Le lendemain, sur le tableau, il y avait écrit : "La Force par la Discipline." La classe n'était pas très enthousiaste face au mot "discipline". Monsieur Ross l'avait d'ailleurs remarqué. Mais il nous a aussi fait remarquer que la discipline était partout : dans la danse, dans le foot, au fond dans tous les domaines artistiques et sportifs. Après ce discours, le professeur nous a demandé de faire un exercice consistant à marcher dans la classe. A son signal, chaque élève devait regagner sa place en adoptant la bonne position, sans bruit, avec le dos droit et la tête relevée. Un autre exercice consistait à sortir de la classe, puis à regagner notre place le plus vite possible, en faisant le moins de bruit possible. Ensuite Monsieur Ross nous a expliqué que l'on devait obéir à trois nouvelles règles :

1. Tout le monde devait apporter ses affaires.

2. Si l'on voulait répondre à une question, il fallait se lever et se placer à côté de sa table.

3. Toutes nos phrases devaient commencer par "Monsieur Ross".

Tout le monde était enthousiaste. Pour ma part, je me suis dit que c'était une façon comme une autre d'apprendre. De surcroît, cela avait permis à tout le monde de participer. Mais personne n'a vu venir l'ampleur de la vague. Personne n'imaginait ce qui allait se passer. Le lendemain en effet, tous les élèves étaient à l'heure. Lorsque Monsieur Ross est arrivé, on était tous à nos places. Cela sembla le surprendre. Jamais nous n'avions été aussi calmes, aussi DISCIPLINES. Pendant le cours, nous avons appris notre salut et notre slogan : "La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l'Action."

Quelques jours plus tard, Monsieur Ross nous distribuait une carte de membre de la vague. Il y avait même des élèves qui séchaient les autres cours pour participer à la séance de Monsieur Ross sur la vague. Je pense que c'est à ce moment-là que la vague est devenue incontrôlable. La vague était devenue un groupe fermé. Si l'on n'était pas membre de la vague, on pouvait vite se retrouver isolé et seul. Pour être franche, cela devenait même inquiétant : personne ne disait ce qu'il pensait par peur de représailles. Certains membres de la vague forçaient les autres élèves à rejoindre le mouvement en les menaçant.

Puis, alors que la vague avait atteint son sommet, Monsieur Ross donna l'ordre à tous les membres de se rassembler à l'auditorium pour découvrir le fondateur de ce nouveau mouvement. La salle était bondée. Quand Monsieur Ross est monté sur l'estrade et qu'il a annoncé que l'on avait un leader, tous les élèves criaient leur enthousiasme, lorsque tout à coup, le portrait géant d'Adolf Hitler apparut. Personne n'avait compris ce qu'il se passait. Un élève a donc demandé qui était notre leader, et monsieur Ross montré le portrait d'Hitler. Il a expliqué que nous aurions fait de parfaits petits nazis, puisque l'on se contentait de suivre les autres. Certains étaient en larmes, d'autres étaient gênés. L'effet sur les lycéens était stupéfiant. Il faut avouer que ce discours nous avait chamboulés. Tout le monde s'était fait avoir. Personne n'avait rien vu. Monsieur Ross nous avait manipulés, comme Hitler l'avait fait avec les Allemands. Sauf que nous on connaissait Hitler. On connaissait le sens du mot "dictature". On pensait que cela n'arriverait plus jamais, parce que l'on connaissait l'histoire. On pensait que jamais on ne pourrait nous enlever notre façon d'agir et de penser. Pourtant, c'est ce qui s'est passé, et on ne s'en est même pas rendu compte.

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