Au-revoir là-haut : incipit commenté par la seconde 6

Publié le par Professeur L

The "Territorial"—the name given French poilu between the ages of 34 and 40. Vailly—1917

The "Territorial"—the name given French poilu between the ages of 34 and 40. Vailly—1917

Séquence 1 : des personnages pris dans la tourmente de l’Histoire et la spirale du souvenir

Objet d’étude : le roman et le récit du XVIIIe au XXIe siècle

 

ÉTUDE D’UNE ŒUVRE INTÉGRALE : Pierre Lemaître, Au revoir là-haut (2013)

 

Texte 1 : extrait du chapitre 1

Objectifs :

- découvrir un antihéros (ou héros picaresque)

- découvrir une vision apocalyptique de la guerre

- s’entraîner au commentaire de texte

 

 

 

La guerre telle qu’elle est écrite dans le roman est le contraire d’une épopée parce qu’il n’y a pas de gloire. Les soldats ne sont pas mis en valeur. La guerre apparaît comme un jeu de hasard. C’est ce que révèle la périphrase au début de l’extrait : « une immense loterie à balles réelles ». De plus, la guerre est un massacre qui favorise la trahison et le déshonneur : « même Albert...étriperait le premier venu », « on a presque envie d’un massacre », « on saignerait n’importe qui. » La guerre crée des morts et des meurtriers. Il n’y a donc pas de héros. La guerre fabrique des fous déshumanisés et monstrueux : « des types hurlant comme des fous ».

 

 

 

 

Albert Maillard est un anti-héros car il n’a pas toutes les qualités d’un héros : il n’est pas fort physiquement (« c’est pas un rapide, Albert »), et il n’est pas haut placé dans la société, comme le sont les héros traditionnels de la mythologie gréco-latine (Ulysse était roi d’Ithaque et Achille roi de Phtie). On devine également qu’Albert est un vieux garçon qui n’a pas coupé le cordon avec sa mère : « La faute à « pas de chance », dirait sa mère. » Enfin, l’auteur fait preuve d’ironie à l’égard d’Albert : il se moque de lui.

Cependant, il est intelligent parce qu’il a découvert qui a tué les deux soldats. D’autre part, il fait preuve de courage parce qu’il affronte la mort, malgré sa peur : « il tente quelques pas, mais plus rien ne marche... », « Albert, terrorisé par l’idée de mourir ». La voix passive met en valeur la mort.

 

Pradelle a toutes les caractéristiques extérieures du héros : un lieutenant qui dirige des hommes, qui les encourage à se battre, et qui est d’origine aristocratique. Cependant, c’est un pervers, qui trahit ses hommes pour satisfaire ses ambitions.

 

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