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Chers élèves,

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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 17:33

Chère Nathalie,

Te souviens-tu de l'homme que j'étais ? Si je revenais chez nous, aujourd'hui, tu ne me reconnaîtrais pas.
Les hommes font la guerre mais la guerre change les hommes.
Comment décrire l'horreur de la bataille ? Je ne sais point l'expliquer. D'ailleurs, mon coeur bat encore la chamade, à cause de cette peur qui remplit tous les esprits. Lorsqu'un homme est inerte sur le sol boueux, qu'il n'a plus d'étincelle dans les yeux et que la seule chose que l'on peut y voir, c'est la noirceur de la mort, rien ne sert de les frapper pour les renvoyer au massacre ! Voilà pourquoi je l'ai tué, cet homme, qui était mon sergent.
Avant que j'aille sur ce champ de carnage, j'étais un simple paysan, maintenant je suis un boucher comme tous ceux qui sont présents dans les tranchées. J'ai faim, j'ai froid, j'ai peur, et autour de moi, la nuit persiste ainsi que l'odeur des cadavres en décomposition. Sur ce champ de carnage, les cadavres s'entassent un peu plus chaque jour.

Titou Notre Dame
Par Professeur L - Publié dans : Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième
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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 17:27


Chérie,

Comment t'expliquer ? Comment ne pas te mentir ? Ne pas te dire la vérité ?
Je t'écris sous une pluie tombante qui me rappelle le sang qui coule après un massacre, auquel se mêlent mes pleurs. Ici, personne ne peut imaginer, s'il n'y est pas, l'horreur du champ de bataille, l'inquiétude, la peur, la terreur que l'on peut lire facilement sur les visages chanceux des soldats vivants. Je préférais voir les personnes que j'essayais de sauver, mourir par malchance. Ce n'est pas comme regarder par pitié mes amis soldats tombés les uns après les autres, par obligeance. Les soldats touchés, blessés, traumatisés, se forcent à se mutiler pour pouvoir échapper à la guerre, mais malheureusement, à cause de la dureté et de l'inhumanité de la hiérarchie militaire, les mutilés passent sous la terrivle machine de la peine de mort et se font exécuter. L'envie et le souvenir de ta peau collée contre la mienne est la seule raison qui me pousse à survivre. Je ne suis plus le même homme, depuis la destruction soudaine et inattendue, sous mes yeux, de mon ami. Par la faute d'un obus, j'ai peur, je suis terrifié. Il est loin maintenant le temps où j'escaladais les phares sans avoir de doute à mon sujet. Pour tout te dire, l'orage me fait même peur. Ce qui ne sortira jamais de ma tête, c'est le souvenir du visage encore constitué de mon ami, ainsi que ses entrailles éparpillées sur moi.

Je t'aime à jamais.

Manech
Par Professeur L - Publié dans : Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième
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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 17:23
Mon amour,

Je t'écris cette lettre depuis les tranchées. Je ne sais comment décrire l'horreur de la mitraille qui s'enfonce dans nos chairs. Par quoi commencer ? Tant de choses à te dire. Deux mois après notre arrivée, nous avons été mutés vers la Somme. Tranchée après tranchée on avançait. Jour après jour, notre effectif se réduisait.
L'ennemi quant à lui nous fait peur, nous effraie, nous rend malade. Quand on traverse les champs, cela me rappelle des souvenirs, nos baisers, mais là, ce ne sont pas des baisers, ce sont des brasiers. Quand on traverse les villes, cela me rappelle nos balades en vélo avec nos baguettes de pain sur le dos. Mais cette fois, je suis seul avec mon fusil sur le dos. Le son des obus nous fait perdre la tête, les feux de l'ennemi nous font perdre nos proches, notre amour pour nos femmes leur fait perdre la guerre.

Quentin
Par Professeur L - Publié dans : Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième
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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 17:16


Chère Mathilde,

Comment puis-je te raconter toute l'horreur que je vis, moi et les autres ? Comment puis-je te dire à quel point tu me manques...et à quel point je t'aime ?
Ici, les rats font ravage : ils mangent toutes nos provisions ! Ici, il fait froid et j'ai peur...
Autrefois, j'étais courageux, je sauvais des vies en pleine tempête, qu'il fasse froid ou chaud.
Aujourd'hui, je suis comme un rat. Je pense sans arrêt à me cacher pour ne pas aller au combat ! Plus les jours passent, plus il y a de morts sur le champ de bataille. Je suis là depuis peu de temps et pourtant j'ai l'impression d'y être depuis très longtemps.
Avant j'étais heureux ! Avant j'étais fort ! Avant je n'avais peur de rien, même pas des rats !
Nous courions vers l'ennemi, quand je suis passé sous des barbelés, mon ami y est resté bloqué, j'ai essayé de l'aider, j'ai vu un obus arriver, je me suis caché et mon ami a explosé !
Les corps des hommes morts se décomposent et pourrissent de l'intérieur, ça donne une sacrée odeur ! Les rats mangent les restes des cadavres des soldats. Dans les tranchées, il y a des armes partout, on a de la boue jusqu'aux genoux, nous dormons dans une vraie porcherie.
Voici une lettre qui t'explique le malheur d'être ici !
Je t'aime de tout mon coeur. Je serai bientôt près de toi.

Manech
Par Professeur L - Publié dans : Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième
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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 17:12
le-survivant-George-Grosz.jpgLe Survivant de George Grosz

Ma chère épouse,

Comment t'expliquer ? Comment survivre ?
Il y a deux jours seulement que j'allais mourir à cause d'un obus envoyé par les Allemands, un obus si volumineux, si grand, si gigantesque !
Voici toute la misère que les soldats nous font, un gros troupeau encombrant les tranchées, le champ de bataille, les bords de la route. La vie dans ce champ de carnage est difficile comme perdre un être cher. Aujourd'hui, il pleut, il fait froid, et je viens de perdre un ami cher à mon coeur. Je pense à la naissance de notre enfant et aussi à plein de moments chaleureux passés avec toi sur le sable, au bord de l'océan. Quand je me souviens de mon ami littéralement détruit par cette saleté d'explosion, c'est horrible ! Je me trouvais avec tous ses boyaux, son estomac et le reste de son corps sur le mien. Voici le dégoût profond que je tire de ce conflit.

Manech
Par Professeur L - Publié dans : Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième
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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 17:08


Chère Mathilde,

Comment te dire ? Que vais-je t'écrire ? Tout d'abord, je voudrais te dire que je t'aime très fort, et que tu me manques énormément. Quand on vit dans les tranchées, c'est comme si on vivait en enfer. On combat le mal par le mal.
Les hommes se battent pour leur patrie.
Les hommes se battent pour survivre.
Les hommes se battent entre eux contre l'enfer.
Partout on ne voit plus que des champs de ruine et de cadavres. Des hommes se font tuer, déchiqueter devant nos yeux. A un point tel que quand les hommes se font tuer ou quand ils reçoivent un obus, leurs corps explosent et leurs boyaux se jettent sur nos corps. Que faisons-nous ici ? A quoi sert toute cette boucherie ? Nous mourons de faim, de soif, et la terre s'incruste partout ainsi que les rats. Mais ce qui me dégoute le plus, c'est l'odeur putride des cadavres.

Manech
Par Professeur L - Publié dans : Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième
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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 16:59

http://www.dailymotion.com/video/x90aiw_un-long-dimanche-de-fiançailles-ban_shortfilms

Ma chérie,

Je t'écris cette lettre pour te dire comment je vis ici, à quoi tout cela ressemble. Pour ne pas te mentir, ici, pour moi, c'est un véritable enfer, un champ de carnage que je découvre tous les jours un peu plus ignoble. Nous nous réveillons avec les morts. Le jour, la souffrance est avec nous, dans les tranchées il n'y a que poussière, boue, rats, et la pluie. C'est vraiment désagréable. Le seul moment où je me sens heureux, c'est le moment où je pense à toi. Le reste dud temps, nous sommes dehors à nous battre, à craindre les tombes, chaque jour on angoisse à l'idée de savoir que l'on va peut-être mourir. J'aurais préféré te dire que tout se passe bien ici, que je suis en bonne santé et que la vie dans les tranchées n'est pas si dure que ce que tout le monde pense, mais malheureusement ce n'est pas le cas, je le dis ! La guerre est un monstre qui nous retient, dont on ne peut pas sortir, mais j'essaie chaque jour d'être courageux, de survivre pour toi, pour espérer te retrouver un jour, que l'on vive heureux comme auparavant. Toi, de ton côté, j'espère que tu vas bien. J'espère que je te manque et que tu m'aimes toujours autant. Moi je t'aime et je t'aimerai toute ma vie jusqu'à la fin de mes jours.

Je t'aime,

Manech
Par Professeur L - Publié dans : Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième
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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 16:54
Comment décrire l'horreur que je vis ?
Quels mots utiliser pour te décrire l'horreur des tranchées ?
Dans les tranchées de la mort, les tranchées de la guerre, les tranchées de l'horreur. Tous essayent de faire quelque chose pour rejoindre leurs familles. Ils ont trouvé une technique pour partir : ils se mutilent. Je me sens enfermé, emprisonné, tel un oiseau dans sa cage. Je n'arrête pas de penser à toi, je combats pour toi, je me mutile pour toi, je vis cette horreur pour toi.
 Je suis le plus jeune de cette guerre. Je me sens petit par rapport aux autres guerriers. Ils ont plus d'expérience de guerre que moi, donc j'essaie de ne pas combattre, car j'ai peur, peur de marcher, peur de me faire emprisonner, torturer, tuer par les ennemis. Je ne vis que des choses terribles dans cet enfer, cette horreur avec des cadavres remplis de chair pourrie en-dessous de ces mouches qui mangent, boivent, vivent dans ces êtres humains morts.
Voici la présentation horrible de cet enfer que je vis jours et nuits. J'espère te revoir vite et je te promets de donner de mes nouvelles.

Manech
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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 16:51
Chère Mathilde,

Je ne comprends rien à ce qui m'arrive. Je ressens du dégoût, la peur, la mort, la saleté étendue sur nos corps. Des cadavres étalés dans les tranchées, le ciel sombre, de la fumée à l'horizon. C'est un ancien soldat tombé pour son pays. Ce cadavre nous raconte l'horreur de la guerre. Des cadavres d'animaux étalés partout, des bouts de boyaux étalés sur le champ de bataille ou plutôt champ de carnage. Nous avons tous faim et froid. Nos barbes poussent comme de l'herbe. Quand on dort dans les tranchées, nous sommes envahis par des rats.

Manech
Par Professeur L - Publié dans : Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième
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Dimanche 14 mars 2010 7 14 /03 /Mars /2010 16:46
Chère Mathilde,

Comment décrire ? Quels mots prendre ? Les mots me manquent pour dépeindre cette terrifiante et horrifiante réalité du champ de bataille que vivent mes compagnons auprès de moi. Chaque heure, chaque minute, chaque seconde, la mort pèse de plus en plus sur nos têtes, alors que des obus nous frôlent de quelques mètres dans nos tranchées, nos refuges.
Nos visages reflètent l'abomination du champ de carnage, tels des zombies condamnés à une mort sanglante et cruelle. Toutes ces femmes devenues veuves en un rien de temps ! Je n'ai plus les mots pour te décrire ce que je vis, ce que je ressens et ce que je pense. Alors, à quoi bon continuer cette bataille qui n'est qu'une cause perdue d'avance ?
Tous ces moments passés auprès de toi me manquent terriblement, ta chaleur, ton amour, ton corps. Je ne suis plus l'homme que j'étais auparavant, vaillant, courageux et honorable. Je ne suis plus rien de tout ça. Maintenant, je suis devenu lâche, peureux et déshonnoré.
Si tu savais à quel point tu me manques !

Manech
Par Professeur L - Publié dans : Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième
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