Bienvenue

Chers élèves,

Ce blog vous est avant tout destiné. C'est votre outil. Servez-vous en !

Vous y trouverez les textes étudiés en classe, regroupés par séquence et par niveau, ainsi que les synthèses collectives envoyées par les volontaires.

Dans les commentaires, vous pouvez m'adresser vos remarques et me poser des questions concernant les cours ou les devoirs.
Tout message doit être soigneusement écrit, en respectant le plus possible l'orthographe et la grammaire.

Chaque message doit être signé.

Pour un usage à la fois intelligent et prudent d'Internet en général et du blog en particulier, je vous invite à consulter le site suivant, soutenu par l'Union européenne :

http://internetsanscrainte.fr/

Ce blog pédagogique se fixe donc les objectifs suivants :
- favoriser l'autonomie et l'esprit d'initiative des élèves
- favoriser la maîtrise de la langue française grâce aux nouvelles technologies de l'information et de la communication
- favoriser la communication entre le professeur et les élèves
- valoriser les meilleurs travaux disciplinaires et interdisciplinaires des élèves

Bonne navigation sur www.cosmopolis-educ.com !
Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /2008 00:33

Année scolaire 2007-2008 - 4ème 1 
Séquence 4 : expliquer et argumenter : pourquoi les hommes font-ils la guerre ? 
Support : La non-violence expliquée à mes filles de Jacques Sémelin

- Justement, donne-moi un exemple. 
- Un des exemples les plus connus est celui de la lutte de Martin Luther King pour les Noirs, aux Etats-Unis. [...]
Cela commence en 1955. Dans le sud du pays, il y a beaucoup de rcaisme et de ségrégation raciale. Cela veut dire que les Noirs n'ont pas le droit de se mélanger aux Blancs. Dans les autobus, par exemple, ils doivent s'asseoir à l'arrière et laisser les places de devant aux Blancs. [...]
Mais un jour, dans une ville particulièrement raciste, à Montgomery, en Alabama, il va se passer un événement extraordinaire. Il débute par quelque chose de très simple. Le 1er décembre 1955, une couturière noire, Rosa Parks, rentre chez elle après son travail. Elle est très fatiguée et quand elle monte dans l'autobus, au lieu d'aller à l'arrière comme elle aurait dû le faire, elle s'assied devant. Evidemment, un Blanc veut s'asseoir à sa place et va se plaindre auprès du chauffeur : "Que fait cette sale négresse à la place des Blancs ?" La femme est arrêtée par les policiers. Un voyageur noir se précipite pour payer la caution aux policiers afin qu'elle n'aille pas en prison. Cependant, Rosa Parks est toujours en colère. Tu dirais aujourd'hui : " Elle a la haine." Elle ne supporte plus cette ségrégation. Avec l'homme qui l'a aidée, ils décident d'aller voir un jeune pasteur noir qui vient d'arriver dans la ville : Martin Luther King. Il a 26 ans, il est marié et père d'un premier enfant. 
Lui aussi ne supporte plus la ségrégation raciale. Il veut que ça change. C'est vrai, les Noirs ne sont plus des esclaves comme il y a un siècle. On dit qu'ils sont libres. Mais, en réalité, tous les jours, ils sont humiliés par les Blancs ; tous les jours, ils sont traités comme des chiens. Martin Luther King a l'énergie pour se battre, mais il ne veut pas utiliser la violence. Alors, comment faire ?
Le lendemain soir, réunion avec Martin Luther King et d'autres amis. Ils sont tous d'accord : cela ne peut plus durer. Soudain, quelqu'un a une idée géniale : "Organisons un boycott. Refusons tous de prendre les bus ! Quand la compagnie des bus (évidemment dirigée par des Blancs) verra qu'elle perd de l'argent, elle nous traitera un peu mieux." [...]
Le boycott dure des mois. Ce n'est pas seulement King mais tous les Noirs de Montgomery qui deviennent des vedettes, et pourtant ils ne détruisent rien ! Les journalistes s'intéressent enfin à eux ! On leur donne la parole : " Nous voulons les même droits que les Blancs." Le 10 novembre 1956, la Cour suprême des Etats-Unis déclare que la ségrégation dans les bus est illégale, car tous les citoyens sont égaux. Les Noirs obtiennent le droit de s'asseoir à côté des Blancs.

Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième - Communauté : Refaire le Monde
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Partager    
Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /2008 00:18

Année scolaire 2007-2008 - 4ème 1 
Séquence 4 : expliquer et argumenter : pourquoi les hommes font-ils la guerre ?
Support : La non-violence expliquée à mes filles de Jacques Sémelin

- La non-violence, c'est un mot un peu bizarre. Tu peux l'expliquer ?
- Il est plus facile d'expliquer la violence que la non-violence. La violence, on voit tout de suite ce que c'est : des coups qui partent, des bombes qui explosent, du sang qui coule...Mais la non-violence : c'est quoi au juste ? Ca ne fait pas de bruit. C'est invisible. 
On croit que le non-violent, c'est celui qui refuse toujours la guerre, qui est pacifiste. On pense qu'il n'a pas de courage, que c'est un lâche qui ne veut pas se battre. Comme la violence est partout, on imagine que le non-violent a la tête dans les nuages, qu'il accepte qu'on lui marche sur les pieds. " Je suis non-violent : vous pouvez me faire tout ce que vous voulez." Peace ! Tu te doutes que la non-violence, ce n'est pas cela. 
- C'est quoi alors ?
- Une manière d'être et d'agir dans le conflit, qui respecte l'autre. C'est une définition de base que je voudrais t'expliquer à travers de nombreux exemples. 
- Une manière d'agir ! Ce n'est pas de la passivité ? 
- Pas du tout. C'est vrai que la construction du terme "non-violence" peut le laisser croire. Bien sûr, il s'agit de dire "non à la violence". C'est la première dimension de la non-violence. La plus évidente : ne pas donner de coups à l'autre, ni le maltraiter, encore moins le violer ou le tuer. Cela, tout le monde le comprend. [...]
Mais la non-violence comporte une seconde dimension, celle de l'action. Car pour s'opposer efficacement à la violence, il faut être actif, et même très actif ! Cela, la notion de "non-violence" ne le suggère pas. Aussi est-il souvent préférable de parler d' "action non violente" ou de "non-violence active". 
En somme, la non-violence, c'est agir sans violence contre la violence. Comment ? Il existe mille et une manières de pratiquer la non-violence, parfois tristes, parfois drôles. Car il y a de l'humour dans la non-violence. La non-violence, c'est se servir de la vie pour gagner, tandis que dans la violence tu menaces toujours l'autre de la mort, de sa mort.

Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième - Communauté : Refaire le Monde
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Partager    
Samedi 23 février 2008 6 23 /02 /2008 22:40
Voici quelques sites qui vous permettront de mieux connaître les auteurs des textes que nous étudions en classe : 

- Sur Ovide : http://www.ac-creteil.fr/lettres/tice/ovide/index.htm

- Sur Hergé et les aventures de Tintin : http://www.tintin.com/

- Sur Maupassant : http://maupassant.free.fr/

- Sur Ray Bradbury : http://www.raybradbury.com/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ray_Bradbury

- Sur Jack London : http://www.jack-london.fr/

- Sur Lovecraft : http://www.hplovecraft-fr.com/

- Sur Bram Stoker : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bram_Stoker

- Sur Jonathan Swift et Les Voyages de Gulliver : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jonathan_Swift
http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Voyages_de_Gulliver

- Sur Victor Hugo, et plus particulièrement sur ses combats politiques : http://www.victorhugo2002.culture.fr/culture/celebrations/hugo/fr/index1.html

Par Professeur L
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Jeudi 21 février 2008 4 21 /02 /2008 21:50
Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Mardi 19 février 2008 2 19 /02 /2008 10:39
Voici un dernier lien qui permet d'avoir une vision synthétique de l'Union européenne : 

http://europa.eu/abc/index_fr.htm

Par Professeur L
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Lundi 18 février 2008 1 18 /02 /2008 19:05

Bonjour à toutes et à tous,

Voici quelques sites ludiques très intéressants qui vous permettent d'acquérir ou d'approfondir de nouvelles connaissances sur l'Europe, dans le prolongement de la séance avec les Jeunes Européens et les étudiants ERASMUS : 

http://www.curiosphere.tv/europe/

http://www.touteleurope.fr/fr/union-europeenne/ue-comment-ca-marche/essentiel-sur-union-europeenne.html

J'espère que vous passez de bonnes vacances. N'hésitez pas à me poser des questions sur le cours.
A très bientôt, 
Professeur L.

Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Partager    
Mercredi 6 février 2008 3 06 /02 /2008 12:15

4ème 1 – Année scolaire 2007-2008

Séquence 4 : explication et argumentation : pourquoi les hommes font-ils la guerre ?

Séance 3 :

 

VICTOR HUGO

DISCOURS D’OUVERTURE DU CONGRES DE LA PAIX

21 AOUT 1849

 

" Messieurs, si quelqu’un, il y a quatre siècles, à l’époque où la guerre existait de commune à commune, de ville à ville, de province à province, si quelqu’un eût dit à la Lorraine, à la Picardie, à la Normandie, à la Bretagne, à l’Auvergne, à la Provence, au Dauphiné, à la Bourgogne : Un jour viendra où vous ne vous ferez plus la guerre, un jour viendra où vous ne lèverez plus d’hommes d’armes les uns contre les autres, un jour viendra où l’on ne dira plus : Les Normands ont attaqué les Picards, les Lorrains ont repoussé les Bourguignons. Vous aurez bien encore des différends à régler, des intérêts à débattre, des contestations à résoudre, mais savez-vous ce que vous mettrez à la place des hommes d’armes ? Savez-vous ce que vous mettrez à la place des gens de pied et de cheval, des canons, […] des lances, des piques, des épées ? Vous mettrez une petite boîte de sapin que vous appellerez l’urne du scrutin, et de cette boîte il sortira, quoi ? une assemblée en laquelle vous vous sentirez tous vivre, une assemblée qui sera comme votre âme à tous, un concile souverain et populaire qui décidera, qui jugera, qui résoudra tout en loi, qui fera tomber le glaive de toutes les mains et surgir la justice dans tous les cœurs, qui dira à chacun : Là finit ton droit, ici commence ton devoir. Bas les armes ! Vivez en paix ! [Applaudissements] Et ce jour-là, vous ne serez plus des peuplades ennemies, vous serez un peuple ; vous ne serez plus la Bourgogne, la Normandie, la Bretagne, la Provence, vous serez la France. Vous ne vous appellerez plus la guerre, vous vous appellerez la civilisation !

Si quelqu’un eût dit cela à cette époque, messieurs, […] tous les gens sérieux, tous les grands politiques d’alors se fussent écriés : « Oh ! le songeur ! Oh ! le rêve-creux ! Comme cet homme connaît peu l’humanité ! Que voilà une étrange folie et une absurde chimère ! » - Messieurs, le temps a marché, et cette chimère, c’est la réalité. [Mouvement.]

Eh bien ! vous dîtes aujourd’hui, et je suis de ceux qui disent avec vous, tous, nous qui sommes ici, nous disons à la France, à l’Angleterre, à la Prusse, à l’Autriche, à l’Espagne, à l’Italie, à la Russie, nous leur disons :

Un jour viendra où les armes vous tomberont des mains, à vous aussi ! Un jour viendra où la guerre paraîtra aussi absurde et sera aussi impossible entre Paris et Londres, entre Pétersbourg et Berlin, entre Vienne et Turin, qu’elle serait impossible et qu’elle paraîtrait absurde aujourd’hui entre Rouen et Amiens, entre Boston et Philadelphie. Un jour viendra où la France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne, absolument comme la Normandie, la Bretagne, la Bourgogne, la Lorraine, l’Alsace, toutes nos provinces, se sont fondues dans la France. Un jour viendra où il n’y aura plus d’autres champs de bataille que les marchés s’ouvrant au commerce et les esprits s’ouvrant aux idées. – Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples, par le vénérable arbitrage d’un grand sénat souverain qui sera à l’Europe ce que le parlement est à l’Angleterre, ce que la diète est à l’Allemagne, ce que l’Assemblée législative est à la France ! […] Un jour viendra où l’on verra ces deux groupes immenses, les Etats-Unis d’Amérique, les Etats-Unis d’Europe (Applaudissements), placés en face l’un de l’autre, se tendant la main par-dessus les mers, échangeant leurs produits, leur commerce, leur industrie, leurs arts, leurs génies…"

 

Comment empêcher la guerre ?

 

On peut empêcher la guerre :

 

- par le droit et la loi

- en faisant du yoga

- en cessant de fabriquer des armes

- en signant des papiers de paix (des traités)

- par l'éducation

- par l'intervention de l'ONU

- en empêchant les trafics d'armes

- en appartenant à l'Union Européenne.

 

Restitution synthétique de l'analyse du texte de Victor Hugo :

 

Victor Hugo nous dit qu'il n'y aura plus de guerre entre les nations européennes car en 1849, il n'y a plus de guerre dans la société française. En effet, la démocratie en France a été installée (c'est l'époque de la Deuxième République). Les anciennes régions rivales se sont unies.

De même que les anciennes seigneuries féodales ont arrêté de faire la guerre elles aussi, de même les nations européennes arrêteront de combattre. Victor Hugo utilise un discours argumentatif qui s'appuie sur une comparaison entre les anciennes seigneuries et les nations européennes. Victor Hugo utilise ce que l'on appelle un raisonnement par analogie. A la fin du premier paragraphe, il oppose la civilisation à la guerre.

Victor Hugo se serait opposé aux gens sérieux et aux hommes politiques au Moyen-Age s'il avait annoncé l'unité des régions en France. Victor Hugo compare l'Assemblée législative de la France, le Parlement anglais, la diète allemande à ce qui deviendra l'Assemblée des Etats-Unis d'Europe.

Victor Hugo répète "un jour viendra où..." comme un prophète (un devin, un voyant) qui sait ce qui se passera dans l'avenir. Cette anaphore permet de donner un effet d'insistance et une dimension prophétique. Victor Hugo veut nous persuader que nous serons comme les Etats-Unis d'Amérique.

Nous ne ferons plus la guerre en Europe dans l'avenir selon Victor Hugo. Or il y a un Parlement européen aujourd'hui en Europe, à Strasbourg, qui représente tous les citoyens européens, exactement comme l'avait prédit Victor Hugo dans ce texte. Il n'y a plus la guerre entre les nations européennes grâce à l'Union Européenne. Mais il n'y a pas encore de Président de l'Europe.

 


 


Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième - Communauté : La commune des philosophes
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Partager    
Mercredi 6 février 2008 3 06 /02 /2008 12:13

4ème 1 – Année scolaire 2007-2008

Séquence n°4 : expliquer et argumenter : pourquoi les hommes font-ils la guerre ?

Séance 2 

Myriam Revault D’Allonnes, Pourquoi les hommes font-ils la guerre ?

 

Est-il possible que les hommes cessent de faire la guerre ? Pourquoi n’arrêteraient-ils pas de se battre pour vivre toujours en paix ? Peut-on imaginer un monde sans guerre ?

[…]

            Réfléchissons sur le comportement des animaux. Nous savons que les êtres vivants se mangent entre eux : les animaux mangent les plantes, les gros poissons mangent les petits, les loups mangent les agneaux ou les chèvres […], les lions mangent les antilopes, etc. Les plus forts mangent les plus faibles. A l’intérieur d’une même espèce, les animaux se battent aussi : pour un territoire, pour se défendre quand ils sont attaqués, pour protéger leur nid et leurs petits, ou encore parce qu’ils sont des prédateurs qui se nourrissent des proies dont ils s’emparent. Cette lutte est liée à la fois à la vie et au prestige, au désir de montrer qu’on est le plus fort…

            Mais nous ne pouvons pas tirer de la lutte ou du combat entre les animaux des conclusions sur la guerre que se font les hommes.

            Pourquoi ? Tout d’abord, nous ne pouvons pas réfléchir sur les êtres humains comme s’ils étaient des êtres vivants avec quelque chose « en plus » : par exemple, le fait de marcher sur deux pieds et d’utiliser ses mains, de détenir la parole ou d’utiliser des outils. Car ce qui différencie notamment les hommes des animaux, c’est qu’ils vivent en société, dans des sociétés organisées, régies par des lois, des règles qui indiquent ce qui est interdit et ce qui est permis, et qu’ils sont dotés d’un langage qui ne leur permet pas seulement de communiquer mais aussi de s’exprimer, se livrant à cette activité fondamentale qu’est le travail. Ils s’adaptent ainsi à la nature et la transforment, et, de plus, ce travail est différencié ou spécialisé : tous ne font pas le même travail. Cet ensemble de traits, c’est ce qu’on appelle la culture. Ce sont donc ces mêmes hommes qui font la guerre : des hommes qui parlent, qui travaillent, qui vivent avec d’autres hommes selon des règles communes auxquelles ils se conforment, notamment au sein d’une organisation politique, de cités et d’Etats.

[…]

La guerre ne vient pas de la nature, elle n’est pas « naturelle » : elle est sociale et culturelle. Les hommes ne se font pas la guerre en tant qu’individus, en tant que particuliers. Ils ne combattent pas en leur nom propre – même s’ils combattent corps à corps ou se battent en combat singulier, ou encore tirent sur d’autres individus – mais en tant qu’ils appartiennent à une société, à un pays, en tant qu’ils sont membres d’une communauté organisée. C’est dans cette situation – et dans cette situation seulement – qu’ils exercent cette violence sans limites qui consiste à tuer leur ennemi alors qu’ils n’y sont pas autorisés en temps de paix. La guerre est une conduite organisée, une action violente collectivement organisée entre des sociétés.

[…]

La guerre est liée à la civilisation : la civilisation ne signifie pas que la barbarie disparaît. Il faut penser les deux choses à la fois : les sociétés humaines deviennent à certains égards de plus en plus « pacifiées », de plus en plus « civilisées », mais aussi de plus en plus violentes ; ces deux aspects sont inséparables, on ne peut pas les dissocier.

[…]

La violence est probablement un élément que l’on ne pourra jamais faire entièrement disparaître : le problème, c’est donc de la contrôler, de la régler, de la canaliser. Comment faire en sorte que le conflit prenne des formes qui ne soient pas meurtrières ? C’est une vraie et difficile question, et c’est peut-être – tout au moins en ce qui concerne la guerre – la seule question vraiment intéressante, même si nous ne disposons pas de réponses toutes faites.

Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième - Communauté : La commune des philosophes
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Partager    
Mercredi 6 février 2008 3 06 /02 /2008 12:05

4ème 1 – Année scolaire 2007-2008

Séquence n°4 : expliquer et argumenter : pourquoi les hommes font-ils la guerre ?

Les Voyages de Gulliver, de Jonathan Swift 

 

Gulliver, chirurgien d’origine anglaise, passionné de navigation, part en voyage, fait naufrage et se retrouve dans un monde peuplé uniquement d’êtres humains minuscules, qui vivent dans deux empires : celui de Lilliput et celui de Blefescu. Un Ministre de Lilliput raconte à Gulliver l’origine de la guerre entre l’Empire de Lilliput et l’Empire de Blefuscu :

 

            Ces deux formidables puissances se trouvent engagés depuis trente-six lunes dans une guerre à mort, et voici quelle en fut l’occasion. Chacun sait qu’à l’origine, pour manger un œuf à la coque, on le cassait par le gros bout. Or, il advint que l’aïeul de notre Empereur actuel, étant enfant, voulut manger un œuf en le cassant de la façon traditionnelle, et se fit une entaille au doigt. Sur quoi l’Empereur son père publia un édit ordonnant à tous ses sujets, sous peine des sanctions les plus graves, de casser leurs œufs par le petit bout. Cette loi fut si impopulaire, disent nos historiens, qu’elle provoqua six révoltes, dans lesquelles un de nos Empereurs perdit la vie, un autre sa Couronne. Ces soulèvements avaient chaque fois l’appui des souverains de Blefuscu et, lorsqu’ils étaient écrasés, les exilés trouvaient toujours un refuge dans ce Royaume. On estime à onze mille au total le nombre de ceux qui ont préféré mourir plutôt que de céder et de casser leurs œufs par le petit bout. On a publié sur cette question controversée plusieurs centaines de gros volumes ; mais les livres des Gros-Boutiens sont depuis longtemps interdits et les membres de la secte écartés par une loi de tous les emplois publics. Au cours de ces troubles, les Empereurs de Blefuscu nous ont, à maintes reprises, fait des remontrances par leurs ambassadeurs, nous accusant d’avoir provoqué un schisme religieux et d’être en désaccord avec les enseignements que notre grand prophète Lustrog donne au chapitre cinquante-quatre du Blundecral (c’est le nom de leur Coran). Cela s’appelle, bien sûr, solliciter les textes. Voici la citation : « Tous les vrais fidèles casseront leurs œufs par le bout le plus commode. » Quel est le plus commode ?     On doit, à mon humble  avis, laisser à chacun le soin d’en décider selon sa conscience ou s’en remettre alors à l’autorité du premier magistrat. Or les Gros-Boutiens exilés ont trouvé tant de crédit à la Cour de l’Empereur de Blefescu et chez nous tant d’aide et d’encouragements secrets que depuis trente-six lunes, une guerre sanglante met aux prises les deux Empires, avec des fortunes très diverses ; elle nous a coûté, jusqu’à présent, la perte de quarante vaisseaux de ligne, d’une quantité d’autres navires, ainsi que de trente mille de nos meilleurs matelots ou soldats, et l’on estime que les pertes de l’ennemi sont encore plus considérables. Il vient cependant d’armer une flotte redoutable et s’apprête à débarquer sur nos côtes.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          avis,

Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième - Communauté : La commune des philosophes
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Partager    
Mercredi 6 février 2008 3 06 /02 /2008 12:01

Anthony                                                 

Bouboule et le diable

 

Samedi 31 Décembre 1999, un policier, surnommé Bouboule pour ses problèmes d'obésité, fut un jour appelé en renfort pour une affaire qui tourna au drame. Frustré de ne pouvoir finir sa pizza toute droite venue du micro-ondes, il simula une panne de batteries de sa radio de service. Le lendemain, après une nuit d'un sommeil agité, il fut réveillé par la sonnerie de son téléphone cellulaire qui ne cessait de sonner. Il décrocha et apprit que six de ses collègues étaient décédés la veille, que le tueur en série était toujours en cavale, et qu'il n'aurait fallu que d'un homme de plus pour éviter cette tragédie sanglante. Il se sentit abominable d'avoir délaissé ses collègues pour cette satanée part de pizza. Honteux de lui, il n'osa pas pointer son nez dehors.

Le soir même il fit un rêve assez singulier: il vit une créature semblable à un homme , un très grand homme d'une couleur rougeoyante et doté de longues oreilles pointues, d'une bouche terrible munie de crocs menaçants. Cet être possédait  une deuxième bouche ronde saturée de dents acérés en plein milieu du ventre, ainsi qu'une queue fourchue et des griffes aiguisées d'une dizaine de centimètres à chaque main. Ce monstre  lui disait  qu'il ne suffisait plus que deux forfaits pour qu'il soit admis en tant que démon au royaume des enfers. Et la créature éclata d'un rire démoniaque. Bouboule se réveilla en transe et se rendormit.

Le lendemain soir, alors qu'il venait de s'installer devant la télé avec un kébab à la main, son portable sonna : c'était le même appel que la veille et pour le même assassin (qui était toujours en cavale). Il mentit et dit que sa voiture de fonction venait d'être percutée par un bus, qu'une dépanneuse venait le chercher, et que sa voiture personnelle était au garage. Il passa encore une horrible nuit et eut du mal à dormir, même avec une bonne dose de somnifères. Il plongea alors dans un rêve diabolique et étrange: le même être que la veille lui montra la balle que Bouboule gardait précieusement dans son coffre-fort. En fait c'était la balle à laquelle il avait survécu grâce à un collègue qui avait tué l'assaillant et avait appelé les secours à temps. L'hostile être, tout en lui montrant l'objet, dit : « -Souviens-toi ! » et Bouboule se réveilla.

            Il commençait vraiment à se demander s'il ne devenait pas fou. Le lendemain soir, devant le match Lens-Marseille, il reçut un appel qui était, étrangement, toujours le même que les deux précédents jours. Il se dit qu'il ne pouvait pas encore abandonner ses collègues qui lui avaient sauvé la vie tant de fois. Arrivé au milieu de la poursuite, un vieil hôpital psychiatrique en ruines, il chercha ses collègues et les aperçut au bout d'un couloir avec un homme masqué juste derrière eux qui s'apprêtait à tirer. Bouboule sortit son arme et tua le criminel d'une balle en plein cœur et ses collègues, effarés, se retournèrent et remercièrent Bouboule très chaleureusement.

Le soir même, il s'endormit profondément et rêva encore de l'horrible divinité païenne que pouvait être le diable. Car cette chose ne pouvait être que le diable! La créature, accompagnée d'une sorte de bourreau moyenâgeux, lui dit: « Dommage, tu as échoué à la première épreuve. Il te reste encore deux épreuves et si tu les rates, voici ce qu'il t'arrivera. » Et le bourreau partit chercher une des victimes du diable (il s'agissait sans doute de Marian ) et commença alors à râper les doigts de ce dernier qui hurla à la mort. Le démoniaque être lui arracha le cuir chevelu, vida du sel sur le crâne ensanglanté de la victime et frotta, lui coupa ensuite la langue pour qu'il cesse de crier et lui tira les deux yeux à l'aide d'un tire-bouchon. Il lui emplit le nez et la bouche de glu pour l'empêcher de respirer puis le scalpa. Il récupéra la cervelle et le cœur du pauvre homme et le déposa dans un bocal transparent remplit d'un ignoble liquide verdâtre. La tête de l'homme mort fut plantée sur un pic auprès des autres malheureuses victimes et le corps fut mangé par d'énormes sortes de chiens à trois têtes. Son âme rejoignit les autres pour l'éternelle torture : le fait d'être dévoré par le diable et d'être vomi par le deuxième orifice de celui-ci pour être remangé et ainsi de suite pour l'éternité.     

 

Bouboule reçut, au petit-matin, le journal en retard, puisqu’il portait enfin la première date du deuxième millénaire : le dimanche 01 janvier 2000. Il se souvint alors de son fameux rêve et se dit qu'il lui restai deux choix :

-   être acclamé en héros par ses collègues et être torturé pendant l'éternité.

           -   laisser tomber ses collègues et devenir un véritable fléau de guerre du diable. Il était plongé dans une profonde réflexion quand on sonna à sa porte, il sortit et trouva  une arme à feu ainsi qu'une paire de  gants avec son pire ennemi en face de lui qui montrait des photos de Bouboule à la plage qui n'arrivait pas à mettre son maillot de bain à cause de ses bourrelets. Bouboule, extrêmement offensé, mit les gants pour cacher ses empreintes, prit l'arme, tira et enterra ensuite l'homme avant de brûler les gants.

Bouboule repassa une nuit agitée. Il s'était peut-être assez vite endormi mais il vit encore le diable en rêve qui le félicitait pour la réussite de la deuxième épreuve. Et il ricana d'un rire diabolique. Au réveil, Bouboule avait vraiment mauvaise conscience. Il était extrêmement angoissé et il se demandait quelle serait la prochaine épreuve et il n’espérait qu'une chose : que tout s'arrête. Il avait son  arme de service dans la poche et il se demanda ce qu'il se passerait, ou plutôt s'il serait envoyé aux enfers pour le destin qui lui était réservé s'il se suicidait maintenant. Il avait la phobie des enfers et la tentation était forte.

Il se dit alors qu'il ne restait qu'une solution à ses problèmes : la mort! « De toute façon, se dit-il, pas beaucoup de gens ne me pleureront ; je n'aurais eu, dans cette impitoyable vie, ni femme, ni enfant, ni véritable parent car, orphelin de naissance (son père fut assassiné trois jours avant sa naissance et sa mère morte pendant l'accouchement...)  j'avais été adopté jusqu'à l'âge de seize ans où, avide de rendre la justice, je fis des études pour devenir policier. Je n'avais pas d'ami, mais tout le monde se moquait de moi car j'étais boulimique. »

Il n'en pouvait plus de cette vie chaotique et que tout le monde se moquait de lui tout bas. Il remarqua qu'il venait de se mettre le canon de son arme dans la bouche. Il voulait tirer, oui il en ressentait vraiment l'envie. Le gros doigt de Bouboule commençait déjà à presser la gâchette. Bouboule se disait : «  à trois je  tire, un..........,deux............., et trois..... » PAN !!!

Trop tard, Bouboule avait tiré.

Bouboule ressentit une sensation étrange, il se sentait très léger. Il se voyait allongé sur le sol de son salon, mort.

Il assistait à cette scène assez sanglante sans joie ni tristesse : il était neutre. Il vit alors, au-dessus de lui, une sorte de tunnel très lumineux vers lequel il se sentait attiré.  

Il se faisait comme aspiré par ce tunnel sans opposer de résistance.

Arrivé au bout du tunnel, il commença à voir un large monde tout blanc, où des gens discutaient tout joyeux.                                                    

            Dans ce monde, la haine ne semblait ne pas exister, puis, tout ce monde s'écroula et disparut, laissant place à un autre monde, où les nuages gris grondaient, et il vit derrière lui le diable qu'il avait vu en rêve.

Cet être dévorait les âmes par sa bouche puis les recrachait par un deuxième orifice dans le milieu du ventre puis le remangeait sempiternellement.

L'horrible créature païenne lui disait :

« Félicitation, tu  n'as pas échoué face à cette dernière épreuve qui était la plus difficile. Maintenant que tu es avec nous au royaume des enfers, nous allons pouvoir procéder au rituel de ton admission.

-         Non ! Je…Je…Je préfère mou-mou-mourir ! criait Bouboule en bégayant de peur.

-         Mais tu es déjà mort ! » ricana le diable.

Bouboule suivait le diable escorté par le clan des démons jusqu’à une sorte de volcan. Le sol était ardent, et il faillit mettre son pied dans une flaque de lave qui était abondante dans la grotte où il venait d’arriver. Il aperçut alors un trône orné de magnifiques rubis sur lequel le diable alla s’asseoir. Il appela son bourreau pour l’envoyer chercher à manger et l’esclave lui rapporta un bocal transparent dans lequel baignait un cœur dans un liquide verdâtre. Le diable goba le tout d’une gorgée. Le bourreau repartit chercher treize bocaux qui contenaient des cerveaux. Le monstrueux homme donna un bocal à chaque démon dont Bouboule. Les autres démons gobaient l’affreux mélange et le diable força Bouboule à en avaler le contenu.

« C’est notre seul moyen de garder nos corps et nos âmes, expliquait le diable. Sans cette mixture, nous finirions par pourrir et notre âme errerait en enfer pour l’éternité. »

Bouboule se sentit pris d’un grand espoir, car il eut une idée : il devait manger le plus de cœurs comme le diable et se débarrasser des cerveaux. Il pourrait ainsi revenir sur terre, une fois le diable et les douze autres démons anéantis. Il avait vu où avait été le bourreau. Il accepta donc la mission du diable qui consistait à lui ramener des âmes perdues dans tout le royaume des enfers. Pendant que le diable partit avec le bourreau pour quelque obscure raison, Bouboule s’empressa d’aller chercher ce dont il avait besoin. Il goba avec répugnance tous les cœurs et se débarrassa des cerveaux. Il s’enfuit car il entendit le bourreau arriver pour venir chercher le repas du diable.

« Arrrrgh ! hurla le diable, comment ça il n’y a plus de cœur ! ?  je perds de l’énergie à chaque seconde ! »

Tandis que les démons s’effondraient un par un, Bouboule approcha timidement mais avec courage et s’écria :

« La haine ne fait pas mieux que la haine ! »

Et le diable s’effondra. Notre héros décida donc de revenir sur Terre qui avait drôlement changé : les armes, abandonnées, étaient recouvertes de poussière : la haine n’existait plus. Les gens étaient heureux, l’armée et les postes de police ne servaient plus à rien. Bouboule, voyant tout ça, s’emplit d’une grande fierté…

           

 

 

 

 

 

                                                                                                                                             

Par Professeur L - Publié dans : nouvelles fantastiques par les élèves de quatrième - Communauté : L'écriture dans tous ses états
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Partager    

Présentation

Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés