Expliquer et argumenter en quatrième

Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /2008 20:10
Deux sites officiels dédiés aux 50 ans du traité de Rome : 

http://www.traitederome.fr/

http://europa.eu/50/index_fr.htm 
Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième - Communauté : Refaire le Monde
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Jeudi 28 février 2008 4 28 /02 /2008 20:00

Un pas décisif pour l'Europe

" Le 25 mars 1957, six pays (Belgique, France, Italie, Luxembourg, République fédérale d'Allemagne et Pays-Bas) signent le traité de Rome. Il s'agit en fait de deux textes qui donnent naissance à la Communauté Economique Européenne (CEE) et à la Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom). C'est un pas décisif dans la construction européenne. Les 27 pays membres de l'Union européenne, héritière de la CEE, fêtent cette année son 50è anniversaire. 

1. Une alliance économique toujours plus étroite. 

Après la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier), les six pays fondateurs de la CEE décident d'élargir leur coopération économique. Avec la CEE, la circulation des marchandises, des personnes, des services (banque...) et des capitaux devient libre. C'est la naissance du "marché commun" européen avec la suppression des barrières douanières. 


2. Un gage de prospérité. 

La population européenne a connu des années de privations à cause de la Seconde Guerre mondiale. Dans les journaux, le traité de Rome est présenté comme un espoir de prospérité et un événement historique. 


3. Une alliance européenne sans le Royaume-Uni. 

Dès le début, les Britanniques considèrent la construction européenne uniquement comme une zone de libre-échange. Pas question pour eux d'abandonner leur autonomie à des instances supranationales. Ils resteront à l'écart de la CEE jusqu'en 1973. 


4. L'hommage aux "pères fondateurs".

L'idée d'une famille de nations européennes partageant le même destin a pu se concrétiser grâce à la persévérance d'une poignée de convaincus. Parmi eux : les Français Jean Monnet et Robert Schuman, l'Allemand Konrad Adenauer...


5. Une communauté de valeurs. 
 

Au-delà de la coopération économique, la CEE a aussi jeté les bases d'un ensemble de politiques communes (agricole, monétaire...). "

Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième - Communauté : Histoire Géographie
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Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /2008 00:07
Année scolaire 2007-2008 – 4ème 1
Séquence 4 : expliquer et argumenter : pourquoi les hommes font-ils la guerre ?
Séance 6 : Damilaville, article « Paix », Encyclopédie, 1751-1772
           
            Paix. La guerre est un fruit de la dépravation des hommes ; c’est une maladie convulsive et violente du corps politique, il n’est en santé, c’est-à-dire dans son état naturel que lorsqu’il jouit de la paix ; c’est elle qui donne de la vigueur aux empires ; elle maintient l’ordre parmi les citoyens ; elle laisse aux lois la force qui leur est nécessaire ; elle favorise la population, l’agriculture et le commerce ; en un mot elle procure aux peuples le bonheur qui est le but de toute société. La guerre au contraire dépeuple les Etats ; elle y fait régner le désordre ; les lois sont forcées de se taire à la vue de la licence qu’elle introduit ; elle rend incertaines la liberté et la propriété des citoyens ; elle trouble et fait négliger le commerce ; les terres deviennent incultes et abandonnées. Jamais les triomphes les plus éclatants ne peuvent dédommager une nation de la perte d’une multitude de ses membres que la guerre sacrifie ; ses victoires même lui font des plaies profondes que la paix seule peut guérir.
Si la raison gouvernait les hommes, si elle avait sur les chefs des nations l'empire qui lui est dû, on ne les verrait point se livrer inconsidérément aux fureurs de la guerre. Ils ne marqueraient point cet acharnement qui caractérise les bêtes féroces. Attentifs à conserver une tranquillité de qui dépend leur bonheur, ils ne saisiraient point toutes les occasions de troubler celle des autres. Satisfaits des biens que la nature a distribués à tous ses enfants, ils ne regarderaient point avec envie ceux qu'elle a accordés à d'autres peuples ; les souverains sentiraient que des conquêtes payées du sang de leurs sujets ne valent jamais le prix qu'elles ont coûté. Mais, par une fatalité déplorable, les nations vivent entre elles dans une défiance réciproque ; perpétuellement occupés à repousser les entreprises injustes des autres ou à en former elles-mêmes, les prétextes les plus frivoles leur mettent les armes à la main. […] Les passions aveugles des princes les portent à étendre les bornes de leurs Etats ; peu occupés du bien de leurs sujets, ils ne cherchent qu'à grossir le nombre des hommes qu'ils rendent malheureux. Ces passions, allumées ou entretenues par des ministres ambitieux ou par des guerriers dont la profession est incompatible avec le repos, ont eu, dans tous les âges, les effets les plus funestes pour l'humanité. L'histoire ne nous fournit que des exemples de paix violées, de guerres injustes et cruelles, de champs dévastés, de villes réduites en cendres. L'épuisement seul semble forcer les princes à la paix ; ils s'aperçoivent toujours trop tard que le sang du citoyen s'est mêlé à celui de l'ennemi ; ce carnage inutile n'a servi qu'à cimenter l'édifice chimérique de la gloire du conquérant et de ses guerriers turbulents ; le bonheur de ses peuples est la première victime qui est immolée à son caprice ou aux vues intéressées de ses courtisans.

Avant de commencer l'analyse du texte de Damilaville, les élèves ont défini avec leurs propres mots la paix et la guerre. Voici les définitions de la paix et de la guerre par Aurore :

    La guerre est comme une maladie dont on ne guérit jamais. La guerre est assimilée aux meurtres, aux massacres. La guerre est banale, les hommes qui la déclenchent envoient d'autres hommes se faire tuer à leur place. Si les hommes politiques déclenchent la guerre, qu'ils la fassent eux-mêmes, au lieu d'envoyer des innocents se faire massacrer.
    La paix, c'est bien sûr le contraire de la guerre. Il n'y a pas de meurtre, pas de massacre, rien. Les hommes sont sages, personne ne veut être le plus fort.


Restitution collective des travaux sur les définitions de la paix et de la guerre par les élèves :

La guerre est un carnage, une maladie dont on ne guérit jamais. La guerre est inutile, stupide et sans intérêt, "convulsive et violente", la guerre est le fruit de la corruption des hommes. Elle est le contraire de la paix. La guerre est causée par le désir de gloire et pour des raisons qui ne remplaceront jamais les hommes morts.
            La paix, c'est le pansement de la guerre, elle redonne vie et joie au peuple, la paix est le contraire de la guerre. Les hommes sont sages et vivent en harmonie. En temps de paix, la société pense à développer l'économie. La paix est la clé qui sert à rétablir un ordre socioculturel interne. On peut ainsi établir une économie saine qui permet au pays de se développer.
                On ne peut pas définir la paix sans définir la guerre.

Restitution collective et synthétique de l'analyse du texte de Damilaville

Ce texte est argumentatif, ce qui est très étonnant, car dans une encyclopédie, on s'attend plutôt à lire un texte explicatif. L'auteur défend la paix et démontre que la guerre est ravageuse et destructrice.
                Damilaville veut expliquer et définir ce qu'est la paix mais il commence par la définition de la guerre, qui est le contraire de la paix. Il définit la guerre, qui est le contraire de la paix. Il définit la guerre pour montrer que la paix est bonne et indispensable pour notre société. Il utilise le champ lexical de la médecine pour montrer que la guerre est une "maladie convulsive et violente". La paix est assimilée à la santé : "santé", "corps", "vigueur", "guérir", plaies profondes", "membres".
                   La cause de la guerre selon Damilaville est la "dépravation des hommes", c'est-à-dire la corruption, les vices, l'orgueil, l'égoïsme et la jalousie. L'auteur nous propose donc une définition morale de la guerre.                                       Ce qui nous fait passer dans le premier paragraphe de la paix à la guerre est le connecteur logique "au contraire". Les conséquences de la guerre sont désastreuses : le désordre, le dépeuplement, la faillite, la misère, la ruine, la famine et la mort.
                  L'auteur veut faire comprendre que dans le deuxième paragraphe il y a une opposition entre l'hypothèse et la réalité : "si la raison gouvernait les hommes". Damilaville veut montrer que les hommes ne réfléchissent pa avant d'agir. La cause profonde de la guerre est l'ignorance, l'absence d'intelligence. Mais l'auteur va plus loin : il critique le gouvernement.
                  C'est une critique politique : ce qui pousse les gouvernements à faire la guerre, ce sont l'orgueil, l'ambition, les ministres et les courtisans. Pour Damilaville, la guerre n'exalte pas le bonheur qui exprime la fin de la société. Autrement dit, la guerre relève de la barbarie et reste anti-politique.
                   

Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième - Communauté : La commune des philosophes
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Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /2008 00:05
4ème 1 – Année scolaire 2007-2008
Séquence 4 : expliquer et argumenter : pourquoi les hommes font-ils la guerre ?
Séance 6 :
Support : Montaigne, Essais, II, 12.
 
Quant à la guerre, qui est la plus grande et la plus magnifique des actions humaines, j’aimerais bien savoir si l’on peut en tirer argument pour notre supériorité, ou bien au contraire une preuve de notre faiblesse et imperfection. Car elle est vraiment la science de nous déchirer et entre-tuer, de provoquer la ruine et la perte de notre propre espèce, et il me semble qu’elle n’offre pas grand-chose qui puisse être désiré par les animaux qui ne la connaissent pas.

     Quand donc un lion plus vaillant
     A-t-il ôté la vie à un autre?
     Dans quelle forêt un sanglier est-il mort sous la dent
     D’un plus fort que lui?

     [Juvénal, XV, v. 160]

 Mais les bêtes n’en sont pas toutes exemptes, pourtant. En témoignent les furieux combats des «reines» d’abeilles, comparables aux campagnes guerrières de deux princes ennemis:

     Souvent entre deux «reines »
 éclate une discorde
     Provoquant une émeute; on peut alors imaginer
     L’acharnement et la fureur guerrière
     qui s’emparent du peuple.

     [Virgile, Géorgiques, IV, v. 67]

     Je ne lis jamais cette admirable description sans y voir représentées la sottise et la vanité humaines. Car ces mouvements guerriers qui nous saisissent d’épouvante et d’horreur, cette tempête de sons et de cris, […]  il est plaisant de voir que cet effrayant déploiement de tant de milliers d’hommes armés, de tant de fureur, d’ardeur et de courage, est si souvent causé de vaines raisons, et qu’il s’arrête si souvent pour des raisons anodines.

     Les amours de Pâris, dit-on, plongèrent la Grèce
     Dans une guerre funeste contre les Barbares.

     [Horace, Épîtres, I, 2]

     Ainsi toute l’Asie courut à sa perte et s’épuisa en guerres à cause de l’adultère de Pâris[1] ! Le désir d’un seul homme, un dépit, un plaisir, une jalousie intime, toutes choses qui ne devraient même pas conduire deux harengères[2] à s’égratigner, voilà bien le motif d’une telle tempête !


Restitution synthétique et collective :

Montaigne, dans son texte, défend une cause : il veut faire comprendre qu'il veut que tout le monde cesse de s'entretuer. La guerre selon Montaigne risque de provoquer "la ruine et la perte de notre espèce". Autrement dit, l'espèce humaine risque de s'autodétruire en faisant la guerre. Cette idée est prophétique.
Ce texte se caractérise par la présence de trois citations de poètes célèvres de l'époque antique et romaine. Ces citations servent à montrer que de grands penseurs sont d'accord avec lui. Cela permet d'enrichir et de renforcer ses arguments.
Montaigne veut s'engager dans ce qu'il dit, comme le prouvent les expressions suivantes : "j'aimerais bien savoir si", "je ne lis jamais", "il me semble".
Montaigne, à travers la première personne du singulier, "je", défend ses idées. Montaigne fait l'hypothèse selon laquelle la guerre nous rend inférieurs aux animaux. Montaigne nous compare à des abeilles pour nous faire honte. L'auteur utilise les mots "sottise" et "vanité" pour nous faire culpabiliser.
Montaigne se sert de l'ironie : " il est plaisant de voir que" pour mieux rabaisser les hommes et montrer que notre cruauté nous rend même inférieurs aux animaux.
Les causes de la guerre sont insensées : "anodines" et "vaines". Le rapport entre les causes et les effets de la guerre est disproportionné. C'est ce que montre le décalage entre l'évocation des causes et le champ lexical de la guerre qui est très abondant. Montaigne termine, pour illustrer son propos, sur l'évocation de la guerre de Troie qui fut causée par le rapt d'Hélène.


[1]Pâris est un jeune prince troyen qui a enlevé la belle Hélène, reine de Sparte. Ce rapt a causé une guerre de dix ans entre la Grèce et Troie (actuelle Turquie).
[2]Femme aux manières et au langage grossier.
Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième - Communauté : La commune des philosophes
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Mardi 26 février 2008 2 26 /02 /2008 18:06

Vous allez peut être dire que j'exagère, mais est-ce que la violence ne serait pas un acte primitif de l'homme?
Car selon mon rassemblement de donnée, la violence existait déjà avec les homme primitifs et même, peut être les dinosaures.
Donc on peut penser que, comme la violence est un acte primitif, alors elle ne pourra disparaître.
Ce pourrait être pour certains, un reflexe dû à un complexe d'infériorité ou alors d'imcompréhenssion.
En tout cas la violence ne peut être traité que si nous écoutons le violent, c'est bien ça?
Enfin bref, comme je ne suis qu'en quatrième, je ne pense pas pouvoir ou avoir le droit de faire des morales à ce genre de personnes.

commentaire n° : 1 posté par : duminy le: 26/02/2008 13:03:26

Bonjour Rémi, 

Effectivement, la violence prend racine dans les pulsions les plus primitives de l'homme. L'homme n'est pas un saint. Ce n'est pas non plus un pur esprit. Il y a en chaque homme quelque chose qui n'obéit pas à la raison. Ce quelque chose se manifeste dans les rêves, dans les fantasmes, dans les cauchemars. C'est ce que Freud, un célèbre médecin viennois, appelle l'inconscient. Lorsque l'inconscient domine la raison chez une personne, alors celle-ci devient violente. Une personne violente est une personne qui ne sait pas maîtriser son inconscient par sa raison. 
C'est pourquoi, comme tu le dis très bien, la violence existe depuis les origines de l'humanité. Et donc la violence existait déjà à l'époque des hommes préhistoriques. Les animaux ne sont pas non plus dépourvus de violence, puisque la raison chez eux est très limitée. 
C'est la raison pour laquelle les animaux se battent entre eux, parfois de manière très cruelle. C'est ce que l'on appelle la loi de la jungle. La loi de la jungle, c'est la raison du plus fort, c'est-à-dire l'absence de justice liée à l'absence de raison et d'intelligence. La loi de la jungle, c'est le triomphe de l'agressivité et de la violence. On aura l'occasion d'y revenir lorsque nous étudierons un texte d'un très grand penseur français du nom de Montaigne. 
La violence provient donc de l'inconscient en chacun de nous lorsque celui-ci n'est pas contrôlé ou maîtrisé par la raison. La raison apprend à contrôler l'agressivité qui est en chacun de nous grâce à l'éducation. Le savoir, la connaissance, le développement de la raison par l'éducation sont les meilleurs moyens de combattre la violence qui est en nous. Cette éducation peut être morale, intellectuelle et sportive. Pour ma part, je suis même convaincu que la musique est un moyen d'éviter la violence. La musique contribue à la civilisation. Elle permet aux hommes de vivre ensemble, pacifiquement. 
Très souvent, un bon moyen d'aider une personne à maîtriser sa propre violence est d'entamer un dialogue avec elle. Tu as tout à fait raison de le souligner. 
Enfin, que tu sois en quatrième, en troisième, au lycée, étudiant, musicien ou salarié, je ne pense pas que tu sois en mesure de faire des leçons de morale aux autres. Moi-même j'essaie toujours d'éviter de faire de la morale. Donner des leçons de morale, c'est toujours se considérer supérieur aux autres. 
Par contre, que tu sois en quatrième ne t'empêche absolument pas de réfléchir et de développer ta pensée. Bien au contraire. Continue de réfléchir, de te poser et de me poser des questions comme tu le fais, c'est vraiment très bien.
commentaire n° : 2 posté par : Professeur L le: 26/02/2008 18:00:02
Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième - Communauté : La commune des philosophes
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