Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième

Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 19:00
Ma chère Mathilde,

Par où commencer ? Comment te montrer ma souffrance ? Ma vie est devenue un enfer. Je marche dans la boue du matin au soir. Mon corps se décompose comme tous ces millions de cadavres échoués. Le fracas des armes et les cris d'horreur m'empêchent tout repos, je suis exténué. Je n'ai pas la force de continuer mais forcé par les officiers, je ne peux m'arrêter.
Seul, je continue mon combat.
Seul, je pense à toi.
Seul, je marche pas à pas.
Ici, tout est plus sombre, je me rappelle encore du soleil réchauffant nos corps.
J'ai mauvaise conscience de tuer tous ces gens considérés comme des rats à exterminer.
Une odeur nauséabonde est présente à chaque instant. C'est celle de la mort, de toutes ces âmes transies qui pourrissent et moisissent.
Voilà déjà quatre mois que je subis cet enfer, que je suffoque en respirant cet air toxique. Je pense tous les jours très fort à toi. Tu es celle qui me permet de vivre.

Manec
Par Professeur L - Publié dans : Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième
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Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 18:54
Ma bien-aimée,

Comment t'expliquer ? Quels mots employer ?
Je suis dans les tranchées, mais je prends quelques minutes sous ces tirs d'obus pour t'écrire ces quelques lignes. La vie ici est très dure ; on meurt de faim, de soif, de fatigue, de fruid, de tirs. Avant de s'endormir, on se demande toujours si on ouvrira ses yeux le lendemain. Chaque soir, je rêve des merveilleux moments passés à tes côtés, tes paroles si douces qui me réchauffaient le coeur, tes bras autour de moi et tes baisers si somptueux. Mes compagnons sont comme des amis de vacances : nous créons des liens très forts tout en sachant que nous ne reverrons jamais certains d'entre eux. Voilà déjà trois jours que Robert nous a quittés... Ma chère Mathilde, tu me manques, ma ville me manque, le soleil et l'océan me manquent. Ici, il fait toujours très sombre, la lumière n'existe pas, nous ne distinguons pas le jour de la nuit... Nous sommes entourés de cadavres, leurs membres s'en vont peu à peu, leurs  corps deviennent verdâtres, leurs entrailles traînent à terre et cette odeur qui ne disparaît jamais... Sur ce terrain miné, j'ai perdu mon courage. Sur ce terrain miné je n'ai plus envie de vivre. Sur ce terrain miné je ne vois que la peur. Mathilde, la vie m'est insupportable. Nous sommes arrivés sur un terrain vague avec de l'herbe verte et cette couleur a disparu pour laisser place à des ténèbres. C'est devenu un cimetière rempli de cadavres et maintenant, c'est l'enfer. Mon amour, je ne saurais te dire si je reverrai ton visage un jour, mais sache que tu es et que tu resteras à jamais mon rayon de soleil.

Manec
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Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 18:49
Chère Mathilde,

Tu me manques. La vie au front est horrible, pire que ce que je pensais. Combien de cadavres sont entassés sous ces tas de boue ? Comment te l'expliquer ? Comment te le faire imaginer ?
Ici, tout est sombre, il fait très froid. Par terre il y a des tas de cadavres empilés les uns sur les autres, des cadavres d'humains, mais aussi d'animaux. Je me rappelle encore quand toi et moi étions sur le bord de la plage à écouter le bruit des vagues et à regarder le soleil au loin. Tout cela me manque. Là où je suis, le soleil n'existe pas, tout ce qu'on entend, ce sont les bruits des tirs et les cris de ceux qui sont touchés. Partout sur le front, on voit des cadavres en décomposition. Parfois il m'arrive d'en reconnaître quelques-uns. Mes amis sont presque tous morts, et la plupart du temps, j'ai vu leur fin. Ici, c'est pire que ce que tu t'imagines. C'est pire que ce que j'imaginais. C'est pire que l'enfer. Chaque seconde, quand je suis au front, je pense à ma mort, je vois mon cadavre sur le sol mélangé aux autres morts. L'odeur est épouvantable, horrible, effroyable. Combien de gens innocents ai-je tué juste pour un bout de terre ?
Voilà ma vie au front, on dirait qu'on se trouve en enfer.
J'ai très envie de te revoir.
A bientôt, j'espère ....

Manec
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Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 18:46
Chère Mathilde,

Comment expliquer ? Comment te décrire ce que je vis au front ?
Il y a quelques jours, nous avons traversé un petit village, dont les habitants, encore choqués par les bombardements de la nuit précédente, erraient dans les rues. Aujourd'hui, nous sommes dans les tranchées, il fait froid et nos cotoyons les rats. Tous les jours, nous sommes envoyés à l'assaut, beaucoup de mes compatriotes ne reviennent pas. Tous les jours, je pense à toi. Tous les jours je tremble dès que j'entends un sifflement d'obus ou que le sergent ordonne un assaut. On peut comparer les soldats à des dupes. Nous sommes comme des chiens obéissant à leur maître.

Manec
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Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 18:42
Chère Mathilde,

Comment expliquer cet enfer ?
Quels mots pour le décrire ?
Aujourd'hui, il y a cinq heures, les Allemands nous ont bombardés d'obus.
Le champ de bataille est apparu tel un purgatoire. Des tirs d'obus qui saccagent ce paysage déjà triste. Des cadavres d'hommes à chaque mètre. Des cadavres d'animaux encore plus répugnants les uns que les autres.
Une odeur pestilencielle, une odeur abominable s'évade de cette boucherie humaine. Comme si notre malheur n'était point suffisant, la pluie vient se mêler à ce carnage. Avant que cette guerre arrive, j'étais courageux, mais depuis que celle-ci a éclaté, je suis peureux à cause du massacre de mes amis. Ce que je n'oublierai jamais, c'est la mort de millions de personnes, la mort de mes compagnons.
Par Professeur L - Publié dans : Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième
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