Expliquer et argumenter en quatrième

Lundi 25 février 2008 1 25 /02 /Fév /2008 21:53

Bonjour tout le monde, afin d'en faire profiter le plus de personnes possibles, voici la suite du débat lancé par Rémi sur les rapports entre violence, non-violence et légitime défense. Ce nouveau dialogue pourrait avoir pour sujet : dans quelle mesure la légitime défense est-elle juste et efficace face à la violence ? Comment réagir face à une agression ? La non-violence permet-elle de résister efficacement à la violence ?

encore une dernière question m'sieur, je propose ceci:

Imaginons tout d'abord une femme que nous appellerons A, et une  autre femme non-violente que nous appellerons B, elles sont toutes les deux mariés à une personne.  
Je sais c'est un peu farfelu mais bon...                                                    

Alors A se fait attaquée dans la rue par x personne et sont mari la protège en blessant x.
On appellerai ça de la légitime défense violente? Donc comme
c'est de la légitime défense le mari n'est pas condamné donc je me dit à quoi sert la justice si elle ne condamne pas le mari, ou alors la justice est mal faite sur ce point.                                               
Par contre:
-si le mari ne la défend pas, il sera condamné a non assistance en personne en danger ( on se dit même pourquoi tout le temps le mari, il a bon dos celui-là).

-si le mari tue x alors il sera condamné, donc ça ne sert à rien de protégé sa congénaire, c'est ce que je trouve injuste et que je vous demande de corriger ou d'agreer à cette théorie-ci.


Maintenant nous sommes avec la femme B, elle se fait attaquée dans la rue elle aussi ( la pauvre!), elle doit se défendre donc, 
elle va attaquée dans le sens de la défense, donc elle devient violente puisqu'elle frappe x, ET si x tombe et se casse la nuque ( c'est qu'il n'a vraiment pas de chance je le concède alors, B sera condamné pour hommicide involontaire et encourra dans les dix ans, c'est bien ça.
Alors avec ça je me dit qu'il ne sert à rien de se défendre, puisqu'on gaspille 1/9 de notre vie en prison.
Donc mes questions sont:

Doit on se défendre si on est non-violent? Cela vaut il le coût?
Doit on défendre une personne si elle se fait agresser? à quoi ça sert si on est condamné?

Dans tout les cas de figure, c'est presque tout le temps le mari qui trinque. (ps: pourquoi pas les femme, hein?lol)

En tout cas, c'est un bon sujet de thèse.

commentaire n° : 4 posté par : duminy le: 24/02/2008 23:28:51

(Re)bonjour Rémi, 

Une fois de plus je te remercie de poser des problèmes aussi intéressants, qui ont toute leur place dans notre séquence explicative et argumentative consacrée à la question de la guerre et de la violence. 
Si le mari de la femme A tente de protéger celle-ci en blessant son agresseur, alors il s'agit bien d'un acte de légitime défense violente, puisqu'il inflige une souffrance physique à autrui. 
Cependant, même s'il s'agit d'un cas de légitime défense, le mari risque une peine d'emprisonnement, car il a infligé une souffrance physique à autrui. En effet, si la souffrance physique infligée à l'agresseur est disproportionnée par rapport à l'agression elle-même (par exemple, si le mari a malencontreusement crevé les yeux d'une personne qui tentait de voler le sac de madame), alors monsieur risque une peine d'emprisonnement tout à fait légitime. Si, dans le pire des cas, le mari tue l'agresseur, alors la peine d'emprisonnement sera encore plus juste et encore plus nécessaire, car il y aura un homicide involontaire, et nul n'a le droit de faire justice soi-même. Si tout le monde faisait comme ce mari, nous serions en pleine guerre civile. La justice est là justement pour éviter tout débordement de violence. Et c'est bien légitime.

C'est pourquoi, pour éviter pareil désagrément, je ne saurais trop conseiller à monsieur la pratique de l'aïkido, art martial non-violent qui consiste à canaliser l'énergie de son adversaire pour la retourner contre celui-ci, sans le blesser. L'aïkido a pour principe le respect fondamental de la personne humaine, que celle-ci soit une amie ou un ennemi. Le but premier de l'aïkido est l'harmonie et la fraternité. Il s'agit donc de détruire l'agressivité de l'adversaire en rendant inutile son attaque. En pratiquant l'aïkido, non seulement monsieur pourrait porter secours à madame sans blesser l'agresseur, mais encore et surtout, monsieur pourrait développer une réelle maîtrise de soi associée à un développement harmonieux de son corps, ce qui ne serait pas pour déplaire à madame.
Ainsi ton premier dilemne disparaît. 

Dans le cas de la femme B, je lui conseille également de suivre des cours d'aïkido. N'importe qui peut en faire : femme, enfant, vieillard, professeur de français, musicien. Et avec un peu de chance, soumis à une prise d'aïkido, l'agresseur sera impressionné et, plein de respect pour la jeune femme tout à fait charmante, cherchera à savoir d'où vient une telle technique de défense. Découvrant l'aïkido, l'agresseur s'inscrira dans un club pratiquant cet art martial et transformera ainsi radicalement son existence, devenant l'ami intime de la femme B, et plus si affinité...

Par conséquent, comme nous l'avons vu à travers l'étude du texte de Jacques Sémelin extrait de La non-violence expliquée à mes filles, être non-violent, c'est être actif, et cela suppose donc de savoir se défendre. Qu'ont fait les Afro-Américains à la suite de Rosa Parks lors du boycottage des bus en Alabama en 1955, sinon se défendre, défendre leurs droits, leur existence, leur liberté ?
Le boycottage, l'organisation de manifestations pacifiques, sont autant de moyens pour mener un combat politique non-violent, de même que l'aïkido est un sport, et même un art, non-violent, qui permet de se défendre lors d'une agression, sans pour autant blesser son adversaire. 

Enfin, si une personne se fait agresser sous tes yeux, il est effectivement préférable de la secourir, soit en rassemblant immédiatement tous tes amis pour impressionner et faire fuir le ou les agresseurs, soit en pratiquant par exemple l'aïkido s'il n'y a qu'un ou deux agresseurs. Si tu vois une seule personne se faire agresser par un groupe très violent, et si tes amis sont loin de pouvoir t'aider, il n'y a pas d'autre solution que d'avertir immédiatement la police. Ce n'est pas à toi de faire justice, d'autant plus qu'au lieu de sauver une vie, tu risques de provoquer deux morts : celle de la victime et la tienne. 

J'espère avoir convenablement répondu à tes questions. Si tu as d'autres problèmes que tu voudrais éclaircir, je suis bien entendu ouvert au dialogue. [le dialogue étant bien souvent un très bon moyen de résoudre un conflit]

Révise bien ton vocabulaire pour mercredi. 
Soigne ton classeur également.

A mercredi, 
Bien amicalement, 
Professeur L

commentaire n° : 5 posté par : Professeur L le: 25/02/2008 21:52:34
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Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /Fév /2008 01:01
Voici des sites que vous pouvez consulter pour la préparation des exposés : 

- Sur Martin Luther King : http://www.non-violence-mp.org/la%20nonviolence_fichiers/histking.htm

- Sur Gandhi : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mohandas_Karamchand_Gandhi

- Sur les enfants soldats : http://www.un.org/french/works/children/children3.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Enfant_soldat

- Sur l'aïkido : http://www.ffab-aikido.fr/
Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième - Communauté : Refaire le Monde
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Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /Fév /2008 00:49
Bonjour tout le monde, 

Je me permets de mettre en évidence, sous forme d'article, une question très intéressante  de Rémi sur le vol et la violence à laquelle je me suis efforcé de répondre. Vous trouverez également ces deux messages sous forme de commentaire au texte de Myriam Revault D'Allonnes, Pourquoi les hommes font-ils la guerre ?, après la restitution synthétique d'Aurore : 


Commentaire de Rémi :
bonjour m'sieur, j'ai une question à vous poser.
Parce qu'aprés mûre reflexion, j'en suis venu à conclure que le vol n'est pas un acte de violence.
Tout d'abord je me suis dit que le vol est un acte prémédité et souvent commis la nuit.
Alors que la violence, elle, est gratuite et n'a pas besoin de préméditation, n'importe qui peut rentrer chez vous et vous asséner des coup violents et mortels.
Donc je me pose la question de savoir si le vol est un acte violence.
Pour moi, un vol est un acte non-violent qui nuit "foncièrement" à la personne concerné, sinon quoi je me suis dit aussi que ça pourrait être un acte de violence indirecte.
Donc j'envoie ce message pour que vous éclairiez ma lanterne.

Ma réponse :
Bonjour Rémi, 

Merci beaucoup de poser cette question qui est très intéressante. Le vol est-il un acte non-violent ? 
D'après le texte de Jacques Sémelin, que nous avons étudié en cours, et à partir duquel tu as envoyé une bonne restitution synthétique sous forme de commentaire (dans l'article consacré au texte de Victor Hugo), la non-violence repose essentiellement sur le respect de l'autre. Or la violence est une forme de non-respect de l'autre. On peut même considérer, à mon avis, que toute forme de non-respect de l'autre, de ton prochain, est une forme de violence. 
En effet, la violence ne s'exerce pas que physiquement. Il existe des formes de violence mentale ou psychologique, comme le harcèlement moral par exemple. C'est une forme de violence très répandue, notamment dans le monde de l'entreprise. Cela peut même entraîner des suicides. 
Par conséquent, si la violence repose sur le mépris de l'autre, de ton prochain, de ton voisin, de ton concitoyen, et si la non-violence est une forme de respect de l'autre, alors on peut difficilement concevoir que le vol est un acte non-violent, au sens où nous l'avons défini en cours. 
Car il me semble, et je suis sûr que sur ce point tu es d'accord avec moi, que voler son voisin, son ami, ou même son ennemi, ce n'est pas vraiment le respecter. 

Donc, une chose est sûre, le vol n'est pas un acte non-violent

Pour autant, je sais bien qu'il existe des moyens de voler des objets tout en évitant la violence. Par exemple les vols d'oeuvre d'art dans un musée, le plus souvent commis la nuit. Mais, face à cet argument, on peut avancer au moins deux objections : 
- premièrement, voler une oeuvre d'art, c'est faire preuve de mépris à l'égard de la communauté. Car une oeuvre d'art exposée dans un musée appartient en principe à l'ensemble de la communauté, au habitants d'une ville par exemple, voire à l'ensemble du genre humain, car l'oeuvre est classée au patrimoine mondial de l'humanité. Donc, en un sens, même dans ce cas, il s'agit d'un acte de violence. 
- deuxièmement, même le vol d'une oeuvre d'art peut entraîner des situations telles que la violence physique finit par être utilisée. Par exemple, dans La Clé de l'apocalypse, brillante nouvelle  fantastique dont je te conseille vivement la lecture, la protagoniste, une tueuse à gage, doit combattre un monstre terrifiant, alors même qu'elle vient de voler une clé aux pouvoirs magiques. 

Plus sérieusement, le vol est donc un acte moralement négatif qui implique bien souvent des souffrances physiques ou psychiques infligées à autrui contre la volonté de ce dernier. Le vol d'organes permet d'illustrer cette idée. Dans la plupart des pays en guerre, comme en Tchétchénie par exemple, de nombreuses personnes disparaissent quotidiennement. On les retrouve le plus souvent mortes, avec des organes en moins : coeur, foie, poumon, yeux...Ces organes seront par la suite destinés au traffic illicite qui enrichit les mafias. 
Le kidnapping d'un membre de ta famille est un vol qui n'entraînera pas chez toi des souffrances physiques, mais qui causera une réelle souffrance psychique. Et infliger à autrui une souffrance psychique ou mentale, c'est commettre un acte de violence. 

Certaines formes de vol sont donc indissociables de la violence physique et psychique, comme le racket par exemple. Voler, c'est toujours voler une personne (même l'Etat par exemple est une personne que l'on qualifie de morale). Et voler une personne, c'est non seulement la tromper, la mépriser, mais c'est également et surtout, dans une certaine mesure, remettre en cause son statut de personne. On dit alors que l'on menace l'intégrité de la personne. Et on lui inflige, contre sa propre volonté, des souffrances morales, psychiques. 
Car il faut savoir qu'une personne, c'est un individu qui se construit progressivement à partir des objets qu'il possède. Bien souvent, voler un objet à une personne, c'est l'empêcher d'être pleinement une personne. Par conséquent, le vol est une atteinte directe à la personne. C'est de manière indirecte voler une partie de la personne.

En outre, tu me dis que le vol est un acte prémédité. La préméditation n'est pas un critère qui permet de distinguer un acte violent d'un acte non-violent. De plus, sache que le vol n'est pas toujours prémédité. Certaines personnes souffrent même d'une maladie psychique qui les pousse malgré elles à voler, partout où elle se trouve. C'est ce que l'on appelle la kleptomanie

Tu affirmes que la violence est gratuite. C'est une véritable thèse, et un réel problème. En effet, peut-on considérer que la violence est gratuite ? Toute violence est-elle gratuite ? La violence prend certainement racine dans les pulsions les plus sombres et les plus destructrices de l'âme humaine. Un célèbre docteur autrichien, du nom de Freud, a même affirmé, au début du vingtième siècle, que la violence avait pour origine une pulsion appelée pulsion de mort. 
D'autre part, la violence est parfois, dans de très rares exceptions, considérée comme légitime, justifiée, nécessaire, et donc non gratuite. Par exemple, pendant la Seconde guerre mondiale, les Alliés menés par les Etats-Unis d'Amérique ont combattu l'Allemagne nazie. Cette guerre fut une forme extrême de violence. Toute l'Allemagne fut détruite, mais le combat contre les nazis était nécessaire pour sauver la paix et la liberté dans le monde. La violence obéit donc soit à une pulsion, soit à une intention. Dans ce dernier cas, elle n'est pas gratuite. 
Ta dernière proposition de définition du vol, conçu comme violence indirecte, me semble donc la plus adéquate. 
J'espère que j'ai répondu à ta question. Si certains détails te semblent flous, si tu ne comprends pas certains points, n'hésite surtout pas à me le signaler. 
A très bientôt, 
Bien amicalement, 
Professeur L.

Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième - Communauté : La commune des philosophes
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Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /Fév /2008 00:33

Année scolaire 2007-2008 - 4ème 1 
Séquence 4 : expliquer et argumenter : pourquoi les hommes font-ils la guerre ? 
Support : La non-violence expliquée à mes filles de Jacques Sémelin

- Justement, donne-moi un exemple. 
- Un des exemples les plus connus est celui de la lutte de Martin Luther King pour les Noirs, aux Etats-Unis. [...]
Cela commence en 1955. Dans le sud du pays, il y a beaucoup de rcaisme et de ségrégation raciale. Cela veut dire que les Noirs n'ont pas le droit de se mélanger aux Blancs. Dans les autobus, par exemple, ils doivent s'asseoir à l'arrière et laisser les places de devant aux Blancs. [...]
Mais un jour, dans une ville particulièrement raciste, à Montgomery, en Alabama, il va se passer un événement extraordinaire. Il débute par quelque chose de très simple. Le 1er décembre 1955, une couturière noire, Rosa Parks, rentre chez elle après son travail. Elle est très fatiguée et quand elle monte dans l'autobus, au lieu d'aller à l'arrière comme elle aurait dû le faire, elle s'assied devant. Evidemment, un Blanc veut s'asseoir à sa place et va se plaindre auprès du chauffeur : "Que fait cette sale négresse à la place des Blancs ?" La femme est arrêtée par les policiers. Un voyageur noir se précipite pour payer la caution aux policiers afin qu'elle n'aille pas en prison. Cependant, Rosa Parks est toujours en colère. Tu dirais aujourd'hui : " Elle a la haine." Elle ne supporte plus cette ségrégation. Avec l'homme qui l'a aidée, ils décident d'aller voir un jeune pasteur noir qui vient d'arriver dans la ville : Martin Luther King. Il a 26 ans, il est marié et père d'un premier enfant. 
Lui aussi ne supporte plus la ségrégation raciale. Il veut que ça change. C'est vrai, les Noirs ne sont plus des esclaves comme il y a un siècle. On dit qu'ils sont libres. Mais, en réalité, tous les jours, ils sont humiliés par les Blancs ; tous les jours, ils sont traités comme des chiens. Martin Luther King a l'énergie pour se battre, mais il ne veut pas utiliser la violence. Alors, comment faire ?
Le lendemain soir, réunion avec Martin Luther King et d'autres amis. Ils sont tous d'accord : cela ne peut plus durer. Soudain, quelqu'un a une idée géniale : "Organisons un boycott. Refusons tous de prendre les bus ! Quand la compagnie des bus (évidemment dirigée par des Blancs) verra qu'elle perd de l'argent, elle nous traitera un peu mieux." [...]
Le boycott dure des mois. Ce n'est pas seulement King mais tous les Noirs de Montgomery qui deviennent des vedettes, et pourtant ils ne détruisent rien ! Les journalistes s'intéressent enfin à eux ! On leur donne la parole : " Nous voulons les même droits que les Blancs." Le 10 novembre 1956, la Cour suprême des Etats-Unis déclare que la ségrégation dans les bus est illégale, car tous les citoyens sont égaux. Les Noirs obtiennent le droit de s'asseoir à côté des Blancs.

Par Professeur L - Publié dans : Expliquer et argumenter en quatrième - Communauté : Refaire le Monde
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Dimanche 24 février 2008 7 24 /02 /Fév /2008 00:18

Année scolaire 2007-2008 - 4ème 1 
Séquence 4 : expliquer et argumenter : pourquoi les hommes font-ils la guerre ?
Support : La non-violence expliquée à mes filles de Jacques Sémelin

- La non-violence, c'est un mot un peu bizarre. Tu peux l'expliquer ?
- Il est plus facile d'expliquer la violence que la non-violence. La violence, on voit tout de suite ce que c'est : des coups qui partent, des bombes qui explosent, du sang qui coule...Mais la non-violence : c'est quoi au juste ? Ca ne fait pas de bruit. C'est invisible. 
On croit que le non-violent, c'est celui qui refuse toujours la guerre, qui est pacifiste. On pense qu'il n'a pas de courage, que c'est un lâche qui ne veut pas se battre. Comme la violence est partout, on imagine que le non-violent a la tête dans les nuages, qu'il accepte qu'on lui marche sur les pieds. " Je suis non-violent : vous pouvez me faire tout ce que vous voulez." Peace ! Tu te doutes que la non-violence, ce n'est pas cela. 
- C'est quoi alors ?
- Une manière d'être et d'agir dans le conflit, qui respecte l'autre. C'est une définition de base que je voudrais t'expliquer à travers de nombreux exemples. 
- Une manière d'agir ! Ce n'est pas de la passivité ? 
- Pas du tout. C'est vrai que la construction du terme "non-violence" peut le laisser croire. Bien sûr, il s'agit de dire "non à la violence". C'est la première dimension de la non-violence. La plus évidente : ne pas donner de coups à l'autre, ni le maltraiter, encore moins le violer ou le tuer. Cela, tout le monde le comprend. [...]
Mais la non-violence comporte une seconde dimension, celle de l'action. Car pour s'opposer efficacement à la violence, il faut être actif, et même très actif ! Cela, la notion de "non-violence" ne le suggère pas. Aussi est-il souvent préférable de parler d' "action non violente" ou de "non-violence active". 
En somme, la non-violence, c'est agir sans violence contre la violence. Comment ? Il existe mille et une manières de pratiquer la non-violence, parfois tristes, parfois drôles. Car il y a de l'humour dans la non-violence. La non-violence, c'est se servir de la vie pour gagner, tandis que dans la violence tu menaces toujours l'autre de la mort, de sa mort.

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