Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième

Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 18:35
Mathilde,

Comment raconter cette vie de purgatoire ?
Il y a des gens qui se battent pour leurs pays. Il y a des morts, des blessés, des gens qui perdent leur vie à combattre, des champs de mine avec plein de cadavres humains qui retombent en poussière, des armes pour se défendre mais qui ne servent qu'à la violence, des tortures, des esclaves, des prisonniers, et le mauvais temps. Il pleut tout le temps. Le ciel pleure. Le soleil ne sort jamais.
J'ai peur.
Peur de me faire tuer pendant la nuit.
Peur de la tuerie qui ne cesse jamais.
Chaque jour, chaque heure, plusieurs meurent au combat à cause de cette guerre qui ne se termine jamais.
On dirait une boucherie humaine. Je vois des amis, des proches, des frères mourir sous les bombardiers. Jamais le repos, on pense à nos femmes et enfants qu'on ne retrouvera peut-être jamais. La vie est très courte quand on est à la guerre. On voit le temps qui ne passe pas vite, on se demande si ça va s'arrêter un jour. Le sang qui part de partout, le sang qui coule dans les veines pendant la guerre, le sang froid de la mort.

Manec
Par Professeur L - Publié dans : Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième
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Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 18:30
Bonjour ma belle,

Je t'écris ces quelques lignes afin que tu comprennes l'horreur de la guerre.
Comment te dire ? Quels mots trouver ?
J'ai juste à te dire que dans les tranchées, sur le front, c'est des ruisseaux de sang qui coulent sur le terrain. On ne peut marcher sans écraser un cadavre. Mes amis, mes compagnons se font tuer les uns après les autres par les obus et les balles allemandes. Mon ami a été tué par un obus devant mes yeux. Son corps était répandu sur moi. Après cet événement, j'ai été découragé, apeuré, choqué, terrorisé puis transformé. Pour tenir le coup, je me rappelle inlassablement toutes les choses et les bons, les très bons moments passés près de toi.
Voilà, c'est tout ce que je peux te dire, j'espère qu'un jour je revivrai encore de bons moments avec toi. Te souviens-tu du temps où à chaque sortie, au retour, tu étais folle de me revoir ? On s'amusait bien. A mon retour de la guerre on fera la même chose.

Ton homme, Manec
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Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 18:24
Mon amour,

Les horreurs de la guerre m'ont rendu peureux et me font douter. Je voulais te dire que si je ne reviens pas, il faudra que tu continues ta vie sans moi, même s'il sera difficile pour toi de m'oublier.
Que dois-je faire ? Où dois-je aller ? Qui dois-je suivre ? Autant de questions comme celles-là sans réponse car à cause de la guerre, je suis perdu.
Tant de cadavres d'hommes, tant de cadavres de chevaux, tant de cadavres innocents sont entassés sous mes pieds. Là-bas, des obus, des canons et des tirs ne cessent de s'arrêter et de faire autant de victimes.
J'étais si bien à tes côtés, mais il a fallu que cette guerre commence et nous sépare peut-être éternellement.
C'est cette guerre si cruelle qui me fait peur. Lors de mon arrivée, j'étais plein de courage, mais peu à peu, la peur, la terreur, puis l'horreur m'ont envahi.
Ces tas sanglants, cette odeur insoutenable et les craquements sous mes pieds des cadavres font que je veux arrêter cette guerre au plus vite.
Cette guerre est l'oeuvre du démon, qui utilise de pauvres innocents pour la folie d'un seul homme qui est en ce moment asis sur son fauteuil constatant le nombre de morts, qu'il a lui-même envoyés.
Je t'aime mon amour, sache que je ne t'oublierai jamais.

Manec
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Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 18:14
Pour ma bien-aimée Mathilde,

Comment te dire ?
De quelle façon ?
Il y a quelques instants, la mort m'a sauté au visage, celle de mon ami.
J'ai parcouru les décombres, les obus, les hommes assassinés toutes les secondes pour défendre leurs terres.
C'est la guerre qui a gâché leurs vies.
La mort devant mes yeux comme les personnes que je n'ai pas pu sauver en haute mer...
J'ai vu la peur, l'horreur, la mort...
La peur de ne plus vous revoir...
La peur de voir encore des cadavres.
La peur de découvrir la souffrance des autres...
La peur de mourir.
Quand l'ange de la mort est venu me prendre mon ami, son sang, ses entrailles, ses tripes, ce qu'il restait de lui a éclaté sur mon corps.
Quelque temps avant, endormis à côtés de toi, la main sur ton sein.
Je n'aurais jamais imaginé, il y a quelque temps, l'horrible guerre qui m'attendait.

Manec
Par Professeur L - Publié dans : Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième
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