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Mercredi 5 décembre 2007 3 05 /12 /Déc /2007 12:02
Pour lundi 10 décembre : il est absolument impératif de rendre les questions élaborées à partir des livres lus. Chaque équipe doit lire dix livres. Je veux un questionnaire par livre.
Par Professeur L
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Mardi 4 décembre 2007 2 04 /12 /Déc /2007 19:20
4ème 1 – Année scolaire 2007-2008
Séquence 2 : caractériser le récit fantastique pour rédiger une nouvelle fantastique.
Vocabulaire des séances consacrées à Sleepy Hollow de Tim Burton et au Veston ensorcelé de Dino Buzzati
 
Louer : admirer
 
Doucereux (adjectif) : trop aimable, hypocrite
 
Hypocrite (adjectif) : qui ne dit pas ce qu’il pense, qui cache ses intentions
 
Chapelet (nom masculin) : objet religieux auxquels sont attachés les croyants d’une religion
 
Perplexe (adjectif) : qui ne sait que penser, qui doute, sceptique, interrogatif, dubitatif.
 
Effréné (adjectif) : excessif, sans frein, sans borne.
 
Forfait (nom masculin) : un énorme crime.
 
Abject (adjectif) : ignoble.
 
Etayé (adjectif) : soutenu, appuyé : une idée étayée par des exemples.
 
Expliciter : approfondir une explication, expliquer, éclairer, développer.
 
Opprobre (nom masculin) : une grande honte, un déshonneur extrême.
 
Ironie (nom féminin) : moquerie qui consiste à montrer ce que l’on pense en disant le contraire de ce que l’on pense. Par exemple, un professeur fait preuve d’ironie lorsqu’il dit à un élève qui a mal travaillé : « Bravo, c’est excellent ! »
 
Sardonique (adjectif) : diabolique, démoniaque, satanique.
 
Investigation (nom féminin) : action de suivre la trace, de rechercher attentivement, examen minutieux et attentif.
 
Etrange (adjectif) : un récit étrange expose des faits apparemment surnaturels, mais finit toujours par donner une explication rationnelle, logique, scientifique. L’étrange est surtout présent dans le roman policier.
 
Surnaturel (adjectif) : qui échappe aux lois de la science, de la raison et de la logique. Qui ne trouve aucune explication rationnelle et scientifique. Le surnaturel est présent dans le récit fantastique.
Par Professeur L
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Lundi 3 décembre 2007 1 03 /12 /Déc /2007 16:48
4ème 1 – Année scolaire 2007-2008
Séquence 2 : caractériser le récit fantastique pour rédiger une nouvelle fantastique.
 
LES MOTS EXPRIMANT LA PEUR
 
Affolement : émotion violente causée par un grand trouble.
 
Angoisse : inquiétude profonde, peur intense.
 
Anxiété : vive inquiétude causée par une situation incertaine.
 
Appréhension : crainte, anxiété vague.
 
Crainte : peur, inquiétude.
 
Effroi : grande frayeur, épouvante, terreur.
 
Frayeur : peur soudaine et passagère.
 
Hantise : obsession, idée fixe.
 
Panique : terreur extrême, soudaine et généralement collective.
 
Phobie : inquiétude obsédante, dont on n’arrive pas à se libérer.
 
Terreur : grande frayeur, intense, glaçante, souvent mêlée d’horreur.
 
Trac : peur que l’on ressent avant d’affronter un public.
Par Professeur L
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Lundi 3 décembre 2007 1 03 /12 /Déc /2007 16:45
VOCABULAIRE POUR ETUDIER UNE IMAGE
 
 
LE CHAMP
 
Le champ : il est délimité par le cadre de la photographie ou du tableau. Il définit l’espace donné à voir.
L’angle de prise de vue : c’est le point d’où le champ (l’espace) est vu :
-         l’angle normal : celui qui regarde est placé à la même hauteur que les personnes ou les objets regardés.
-         la plongée : le paysage ou le personnage sont vus d’en haut, ce qui les place dans une position peu avantageuse.
-         la contre-plongée : le paysage ou le personnage sont vus d’en bas, ce qui est souvent la marque d’une position dominante ou avantageuse.
 
 
 
LA COMPOSITION ET L’ORGANISATION D’UNE IMAGE
 
La profondeur de champ : elle est créée par différents plans :
-         le premier plan : ce qui est le plus près du spectateur.
-         Le second plan : ce qui est immédiatement derrière le premier plan.
-         L’arrière-plan : ce qui est au fond de l’image.
Les lignes de force : elles traversent l’image de façon plus ou moins visible et permettent de repérer comment les personnages ou les objets sont disposés. Elles sont horizontales, verticales, obliques.
Le rapport des couleurs : il se définit par les contrastes, la répétition, la répartition.
La valeur des couleurs : elle peut être chaude (rouge), froide (bleu).
La lumière : elle se définit par son origine, son intensité, sa répartition : elle crée des zones sombres ou lumineuses.
 
 
 
LES FONCTIONS DE L’IMAGE
 
Les fonctions de l’image : comme un texte, une image peut avoir une fonction narrative, descriptive, explicative ou argumentative :
-         l’image narrative : une image qui évoque un fait, un événement est l’équivalent d’un discours narratif.
-         L’image descriptive : un tableau ou une photo qui représente une personne, un lieu ou un objet est l’équivalent d’un discours descriptif.
-         L’image explicative : un schéma, un plan peuvent remplacer un discours explicatif.
-         L’image argumentative : une affiche publicitaire ou politique, par exemple, qui cherche à faire partager une idée, a une fonction argumentative.
Par Professeur L
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Lundi 3 décembre 2007 1 03 /12 /Déc /2007 16:44
4ème 1 – Année scolaire 2007-2008
Séquence 2 : caractériser le récit fantastique pour rédiger une nouvelle fantastique.
Objectif de la séance : étudier le registre fantastique à travers une séquence de film : Sleepy Hollow de Tim Burton (1999)
 
LEXIQUE
 
Plan : portion de film enregistrée au cours d’une prise.
 
Séquence : l’ensemble des plans constituant une unité narrative selon l’unité de lieu et d’action. Autrement dit, c’est l’ensemble des plans qui situent l’action dans un même lieu et dans un même moment. La séquence correspond au chapitre de roman.
 
Plan-séquence : réalisation d’une séquence en un seul plan.
 
Montage : choix et assemblage des plans d’un film.
 
Raccord : manière de juxtaposer deux plans lors du montage.
-          Raccord de regard : il consiste à faire suivre le plan d’un personnage qui regarde par le plan représentant ce que voit ce personnage. C’est un moyen de relier les plans très fréquemment utilisé. Tout se passe comme si le spectateur regardait à travers le regard du personnage, ce qui facilite l’identification au personnage.
-          Raccord de geste : un geste commencé par un personnage dans un premier plan est achevé dans le second. On a alors un changement de point de vue.
-          Raccord dans l’axe : deux moments successifs d’un même événement sont traités en deux plans.
-          Raccord de mouvement : un mouvement doté, dans un premier plan, d’un vitesse et d’une direction, est répété dans un second plan.
 
Echelle des plans : échelle établie par rapport à la taille des personnages qui permet de définir les différents plans.
-         plan général : il cadre un paysage
-         plan d’ensemble : il cadre un lieu avec un ou des personnages.
-         Plan de demi-ensemble : il cadre le ou les personnages dans un lieu.
-         Plan moyen : il cadre un personnage en entier.
-         Plan américain : il cadre un personnage des cuisses à la tête.
-         Plan rapproché taille/buste : il cadre le personnage à partir de la taille ou du buste.
-         Gros plan : il cadre la tête du personnage.
-         Détail : il cadre un détail du personnage ou d’un objet.
 
Ellipse : absence d’un fragment de l’histoire (rupture dans le déroulement chronologique)
 
Fondu : obscurcissement ou éclaircissement progressif d’une image. Il en existe de trois types :
-         fondu en blanc : éclaircissement avant que l’image suivante n’apparaisse.
-         Fondu enchaîné : superposition de la fin d’un plan avec le début du plan suivant.
-         Fondu au noir : obscurcissement plus ou moins rapide d’une image jusqu’au noir.
 
Travelling : déplacement de la caméra de l’arrière vers l’avant ou inversement (travelling avant/travelling arrière) ou déplacement horizontal de la caméra (travelling latéral)
Par Professeur L
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Lundi 3 décembre 2007 1 03 /12 /Déc /2007 15:14
VOCABULAIRE
 
Mégère : femme méchante, insupportable.
 
Etreindre : serrer fortement, parfois violemment.
 
Effaré : très effrayé
 
Phosphorescence : lumière émise par certains animaux pendant la nuit. Synonyme : luminescence.
 
Sarcastique : qui relève du sarcasme. Le sarcasme est une ironie amère et insultante.
 
Ironie : moquerie qui consiste à dire le contraire de ce que l’on veut faire comprendre. Par exemple, lorsque le professeur dit à un élève qui a mal travaillé : « bravo, c’est excellent ! »
 
Sardonique : diabolique, satanique, démoniaque.
 
Effroi : grande frayeur, épouvante, terreur.
 
Terreur : grande frayeur, intense, glaçante, souvent mêlée d’horreur.
 
Trac : peur que l’on ressent avant d’affronter un public.
 
Le compte : le calcul
 
Le conte : récit d’aventures merveilleuses.
 
Le comte : souverain d’une seigneurie. Titre de noblesse. Le comte est au-dessus du baron dans la hiérarchie.
 
Opalescent(e) : qui a la couleur de l’opale. L’opale est une roche volcanique de couleur blanche ou bleuâtre.
 
Nacré(e) : couleur arc-en-ciel.
 
Ardent : du latin ardens, qui signifie brûlant. Adjectif qualificatif. Qui brûle, qui est en feu, flamboyant.
 
Assujettir : soumettre, maintenir en place, fixer.
 
Bigarré(e) : qui a des couleurs variées
 
La cime : le sommet (d’un arbre, d’une montagne)
 
Le concept : Du latin conceptus qui signifie la pensée. C’est une idée précise et travaillée.
 
Cosmopolite : adjectif qualificatif. Une ville cosmopolite est une ville qui accueille des personnes de différentes nationalités.
 
La déroute : la défaite, la fuite.
 
Eperdu(e) : qui est profondément troublé par la crainte ou par une passion quelconque.
 
Lugubre : sinistre. Qui provoque des larmes ou de la tristesse.
 
Un mythe : du grec mythos qui signifie fable, mensonge. Un mythe est un récit légendaire qui représente ou met en scène un trait du genre humain (la curiosité, la vanité).
 
Ostentatoire : adjectif qualificatif. Du latin ostentare, qui signifie montrer avec insistance. Qui est mis en valeur de façon excessive
 
Paroxysme : point culminant, sommet (d’une sensation, d’une émotion, d’un sentiment). Exemple : le paroxysme de la peur : la peur atteint son degré le plus intense.
 
Pittoresque : Adjectif qualificatif qui vient du latin pictor : peintre. Est pittoresque tout ce qui est digne d’une peinture qui frappe et qui charme les yeux et l’esprit. Une ville pittoresque est une ville originale et vivante.
 
 
Le précepteur : un précepteur est une personne qui enseigne. C’est une personne qui est chargée de l’éducation d’un enfant.
 
Un simulacre : une imitation
 
Tressaillir : trembler
 
Indigène : premier habitant d’un pays. Exemple : les Indiens d’Amérique.
Par Professeur L
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Lundi 3 décembre 2007 1 03 /12 /Déc /2007 14:38
Ce en quoi je crois, ce à quoi je tiens  
Si j’ai décidé de devenir professeur, c’est avant tout parce que je crois en la valeur fondamentalement salvatrice de la connaissance et de son partage. Durant mes années d’études, j’ai accumulé une quantité considérable d’informations : d’abord en classes préparatoires aux grandes écoles, en hypokhâgne et en khâgne, puis en philosophie et en géographie, et enfin en lettres modernes. Or l’accumulation ou la thésaurisation de ce savoir multiple ne servirait à rien, si je ne pouvais le partager. Le savoir n’a de sens et d’utilité que s’il est partagé. C’est ma conviction profonde, et c’est la raison pour laquelle j’adhère totalement au point de vue développé par Michel Serres dans Atlas : l’expression « banque de données » est paradoxale, car les données, les informations, en somme la connaissance et le savoir, ne sont pas faits pour être conservés, mais pour circuler. L’enseignement, et c’est ce qui le rend noble à mes yeux, fonctionne à l’inverse de l’économie. En effet, lorsque par exemple je désire une baguette de pain chez le boulanger, je dois donner à ce dernier de l’argent pour obtenir le produit désiré. Si je donne un euro à un ami, je perds l’euro tandis que mon ami le gagne. L’enseignement fonctionne selon une logique radicalement différente. Il n’est pas de l’ordre de l’échange à somme nulle. Il relève plutôt de la donation gratuite et sans perte. Car si je connais un savoir particulier et que je le transmets à autrui, non seulement autrui gagne ce nouveau savoir, mais encore je conserve celui-ci que je viens de transmettre. Ce phénomène, qui est au cœur de l’enseignement, m’a toujours fasciné.
Mais si je crois en la valeur de partage qui se situe au fondement de l’enseignement, je crois encore plus en la valeur salvatrice et humaniste de l’enseignement du français et de la littérature. Pendant longtemps, j’ai cru que la philosophie, que je considérais à mon corps défendant comme la science royale, était la voie qui menait le plus facilement à la sagesse, au progrès moral et à la compréhension de soi, des autres et du monde. Il est absolument incontestable que la réflexion philosophique peut faire évoluer les mentalités, et transformer de manière radicale son rapport à soi, aux autres, et au monde. Mais très vite je me suis rendu compte que la philosophie ne permettait pas de tout comprendre, et j’ai éprouvé le besoin de compléter ma formation en philosophie par des études de géographie. L’étude de l’organisation spatiale et des relations entre les milieux naturels et les sociétés humaines m’ouvrait ainsi une dimension tout à fait passionnante qui complétait selon moi ma compréhension de l’homme. La géographie était pour moi la science complexe faisant le pont entre les sciences dures et les sciences humaines qui complétait la cartographie des concepts qu’était à mes yeux la philosophie.
Cependant, je n’étais toujours pas satisfait. Il me semblait que la géographie comme la philosophie, aussi complémentaires fussent-elles, manquaient une dimension, ou plutôt une relation fondamentale, moins aride et plus charnelle : celle qui relie la sensibilité à l’entendement. En effet, il me semble désormais que la meilleure façon de devenir humain, de s’humaniser, de progresser moralement, est de pratiquer ce qu’un philosophe tel que Kant a compris mais n’a jamais mis en pratique : non pas la seule élucidation des concepts, qui est le travail de la philosophie, mais le va-et-vient permanent entre la sensibilité et l’entendement. C’est ce que Kant appelle dans la Critique du jugement la « finalité sans fin », et que l’art nous procure. Or la littérature permet justement à mon avis d’entrelacer en permanence la sensibilité et l’entendement, le cœur et la raison, le concept et la chair. C’est la lecture des Essais de Montaigne qui m’a aidé à en prendre conscience. Dans l’Apologie de Raymond Sebond, Montaigne montre que tout le malheur du monde provient de l’inadéquation, de l’écart, du fossé ou du divorce entre le concept et le phénomène sensible en perpétuelle mutation. Le langage verbal et conceptuel est fixiste et substantialiste, alors que la réalité sensible est mouvante, diverse, multiple, ondoyante et bigarrée. Non seulement le langage verbal ne permet pas de saisir ou de comprendre la nature de la substance divine, puisque celle-ci se situe au-delà du monde des apparences sensibles, au-delà de la temporalité, mais encore le langage verbal et conceptuel est incapable de saisir les apparences sensibles, sans cesse mouvantes. Autrement dit, il y a un divorce entre le mot et la chose, entre la réalité sensible, mouvante, particulière et le concept nécessairement général, fixiste et substantialiste.
Par conséquent, si l’on ne peut saisir ni Dieu ni la réalité sensible à l’aide du langage verbal et conceptuel, peut-on se saisir soi ? Montaigne fait également l’expérience d’un soi aussi ondoyant, divers, multiple et fluide que le réel sensible auquel il appartient. Dans ces conditions, si le langage verbal et conceptuel ne permet de saisir ni Dieu, ni le monde, ni soi, à quoi peut-il bien servir ? Il s’agit pour Montaigne de rendre le concept charnel par son travail d’écriture, de façon à tenter de saisir au mieux la réalité sensible et ondoyante, et surtout de manière à mieux se comprendre, à se réapproprier pour lutter contre la mélancolie qui le guette. Dès lors, l’esthétique est une éthique, l’objectif étant d’apprendre « à jouir loyalement de son être », comme l’écrit Montaigne dans De l’expérience. L’écrivain dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit. La littérature permet donc de rendre vivants et sensibles les concepts, offre un regard plus ambigu et plus interrogateur que la philosophie sur soi, sur les autres et sur le monde. Dès lors, tout se passe à mes yeux comme si la littérature était plus philosophique que la philosophie elle-même. Car si le plaisir est au cœur de la littérature, plaisir intellectuel engendré par l’entrelacement de la sensibilité et de l’entendement, il n’en demeure pas moins qu’elle permet, tout comme la philosophie et d’une certaine manière la géographie, mais de manière plus efficace encore, de transformer son rapport à soi, aux autres et au monde, vers plus d’humanité et de douceur, au moyen de l’imagination, de la fiction, et de la magie du style.
Tout le monde connaît la célèbre formule de Gargantua, dans sa lettre à Pantagruel, dans le Pantagruel de Rabelais : « science sans conscience n’est que ruine de l’âme. » Je crois justement que c’est l’enseignement des lettres qui permet le mieux de saisir cette pensée fondamentale. En somme, pour moi, les lettres, c’est la pensée critique et créatrice, analytique et synthétique, plus le cœur. Je relisais dernièrement Des Fleurs pour Algernon de Daniel Keyes, qui est un très beau roman que l’on peut faire lire à des élèves de troisième. Le protagoniste, Charly Gordon, à la suite de son opération au cerveau, découvre la littérature et prend conscience de cet enseignement humaniste fondamental qui est au cœur de la littérature : « j’ai appris que l’intelligence seule ne signifie pas grand-chose. Ici, dans cette Université, l’intelligence, l’instruction, le savoir sont tous devenus de grandes idoles. Mais je sais maintenant qu’il y a un détail que vous avez négligé : l’intelligence et l’instruction qui ne sont pas tempérées par une chaleur humaine ne valent pas cher. […] L’intelligence est l’un des plus grands dons humains. Mais trop souvent, la recherche du savoir chasse la recherche de l’amour. C’est encore une chose que j’ai découverte pour moi-même récemment. Je vous l’offre sous forme d’hypothèse : l’intelligence sans la capacité de donner et de recevoir une affection mène à l’écroulement mental et moral, à la névrose, et peut-être même à la psychose. Et je dis que l’esprit qui n’a d’autre fin qu’un intérêt et une absorption égoïstes en lui-même, à l’exclusion de toute relation humaine, ne peut aboutir qu’à la violence et à la douleur. »
C’est ce que moi aussi je crois, et c’est ce que je désire transmettre à travers mon enseignement. La littérature, en entremêlant en permanence le concept et la vérité de la chair, l’intelligence et la sensibilité, a le pouvoir de rendre plus humain, et d’éduquer chacun d’entre nous vers plus de douceur.
Bien évidemment, je ne compte pas enseigner mot pour mot à mes élèves tout ce que je viens d’expliquer. Je ne me fais pas non plus d’illusion, et je sais que de toute façon de nombreux élèves, si ce n’est la majorité, au cours de ma carrière, ne seront pas du tout réceptifs à ce que je veux faire partager en les aidant à construire leur propre compréhension des textes. Mais je crois profondément aux bienfaits de l’enseignement en général et de la littérature en particulier, et j’ai la naïveté de penser que je peux au moins indirectement rendre plus humains une partie de mes élèves par la découverte et la co-compréhension des grands textes de la littérature, que celle-ci soit classique ou de jeunesse.
Par Professeur L - Publié dans : présentation - Communauté : Refaire le Monde
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