Année scolaire 2007-2008 - 4ème 1
Séquence 4 : expliquer et argumenter : pourquoi les hommes font-ils la guerre ?
Support : La non-violence expliquée à mes filles de Jacques Sémelin
- La non-violence, c'est un mot un peu bizarre. Tu peux l'expliquer ?
- Il est plus facile d'expliquer la violence que la non-violence. La violence, on voit tout de suite ce que c'est
: des coups qui partent, des bombes qui explosent, du sang qui coule...Mais la non-violence : c'est quoi au juste ? Ca ne fait pas de bruit. C'est invisible.
On croit que le non-violent, c'est celui qui refuse toujours la guerre, qui est pacifiste. On pense qu'il n'a pas de courage, que c'est un lâche qui ne veut pas se battre. Comme la violence est
partout, on imagine que le non-violent a la tête dans les nuages, qu'il accepte qu'on lui marche sur les pieds. " Je suis non-violent : vous pouvez me faire tout ce que vous voulez."
Peace ! Tu te doutes que la non-violence, ce n'est pas cela.
- C'est quoi alors ?
- Une manière d'être et d'agir dans le conflit, qui respecte l'autre. C'est une définition de base que je voudrais t'expliquer à travers de nombreux exemples.
- Une manière d'agir ! Ce n'est pas de la passivité ?
- Pas du tout. C'est vrai que la construction du terme "non-violence" peut le laisser croire. Bien sûr, il s'agit de dire
"non à la violence". C'est la première dimension de la non-violence. La plus évidente : ne pas donner de coups à l'autre, ni le maltraiter, encore moins le violer ou le tuer. Cela, tout le monde
le comprend. [...]
Mais la non-violence comporte une seconde dimension, celle de l'action. Car pour s'opposer efficacement à la violence, il faut être actif, et même très actif ! Cela, la notion de "non-violence"
ne le suggère pas. Aussi est-il souvent préférable de parler d' "action non violente" ou de "non-violence active".
En somme, la non-violence, c'est agir sans violence contre la violence. Comment ? Il existe mille et une manières de pratiquer la non-violence, parfois tristes, parfois drôles. Car il y a de
l'humour dans la non-violence. La non-violence, c'est se servir de la vie pour gagner, tandis que dans la violence tu menaces toujours l'autre de la mort, de sa mort.
Bonne continuation.
K.t
Bonjour K.T
Merci de votre commentaire. Je suis tout à fait d'accord avec vous, lorsque vous affirmez que le projet d'une société sans violence est utopique. Et c'est justement ce que j'ai voulu faire découvrir à mes élèves en étudiant un texte de Myriam Revault d'Allonnes qui s'intitule Pourquoi les hommes font-ils la guerre ? Mes élèves ont découvert grâce à ce texte que la violence prend racine dans la nature paradoxale de l'être humain : les hommes sont à la fois sociables - ils ont besoin les uns des autres pour subvenir à leurs besoins - et insociables - ils ne cessent de se disputer. Il y a donc de fortes chances pour que la violence demeure une donnée fondamentale des sociétés.
Cependant, à l'échelle de l'individu, une bonne façon de maîtriser sa propre agressivité réside dans la pratique de la non-violence. L'aïkido et les actions de désobéissance civile prouvent que des combats non-violents et justes sont légitimes, possibles et nécessaires.
L'écriture par le dialogue est également un bon moyen de résoudre les conflits. C'est ce que j'essaie de montrer par des ateliers d'écriture à mes élèves. C'est un cliché de le dire, mais il a sa part de vérité : la plume est plus forte et plus efficace que l'épée.
Bien amicalement,
Professeur L