Montaigne et les cannibales

Publié le par Professeur L

Voici l'extrait de Montaigne sur les cannibales. Maupassant s'est inspiré de cet argument dans son texte extrait de Sur l'eau, comme nous l'avons vu en cours, lors de la correction de l'activité sur le texte de Maupassant : 

Je pense qu'il y a plus de barbarie à manger un homme vivant qu'à le manger mort ; à déchirer par des tortures et des supplices un corps encore capable de sentir, à le faire rôtir par petits morceaux, le faire mordre et dévorer par les chiens et les porcs (comme je ne l'ai pas seulement lu, mais vu faire il y a peu, et non entre de vieux ennemis, mais entre des voisins et des concitoyens, et qui pis est, sous prétexte de piété et de religion)... Il y a plus de barbarie en cela, dis-je, que de rôtir et de manger un corps après sa mort.
Montaigne, Essais, I, 30, Des cannibales.

L'auteur dit que manger un être vivant est bien plus cruel et barbare que manger un être humain mort, car l'individu qui se fait manger souffre. Ce texte est argumentatif. Montaigne exprime ses idées, comme le prouvent ces mots : "je pense", "dis-je". Montaigne pense que les cannibales (les Indiens d'Amérique) ne sont pas aussi cruels que les guerriers européens (les conquistadors en Amérique et les catholiques en France pendant les guerres de religion). En effet, les Européens tuent et torturent uniquement pour le plaisir. Montaigne dénonce le massacre de la saint Barthélémy, la colonisation du Nouveau Monde, l'extermination des Indiens et la déportation des esclaves africains. Maupassant reprend cet argument dans Sur l'eau, pour dénoncer les guerres européennes au XIXe siècle.
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