Dimanche 29 mai 2011 7 29 /05 /Mai /2011 23:46

Le 6 novembre 1915

 

Mon amour,

 

Comment te décrire cette guerre ? Comment t'expliquer ce que je ressens quand je vois mes camarades mourir à côté de moi ? Comment te dire à quel point tu me manques ?

Hier, Gérard a reçu un obus en plein coeur. Il a explosé, et ses organes ont atterri sur moi. Les tripes de mon meilleur ami sur mon corps, dans mes yeux, dans ma bouche ! Quel dégoût, quelle haine, quelle rage ! Les cadavres s'entassent. Ils sont verdâtres, puis noirâtres, et ils se décomposent petit à petit. Je n'ose pas te raconter ce que je vois tous les jours. C'est tellement affreux.

Tu me manques tellement. Je n'ai qu'une envie : te revoir. Hier soir, j'ai allumé une cigarette dans les tranchées, puis j'ai levé ma main, pour que le camp adverse voit de la lumière et tire sur ma main. Grâce à cela, j'aurais pu partir de cette guerre. Malheureusement, le destin avait pour moi un autre choix. Je vais passer devant la cour martiale, et je vais être fusillé.

C'est sûrement la dernière lettre que je t'écris. Tu vas me manquer, tu sais. Nos soirées à refaire le monde, à rire et à passer du bon temps ensemble. Et puis, quand on faisait l'amour, c'était magique ! Je voulais te demander en mariage à mon retour de la guerre. Tu es la femme de ma vie. Mon coeur, si tu savais comme je rêve d'être dans tes bras à ce moment précis. Il n'y a que toi pour me rendre aussi heureux. Même avec la mort qui rôde, quand je pense à toi, je suis épanoui.

Adieu Mathilde, on se retrouvera un jour, je te le promets.

Prends soin de toi et de notre futur enfant.

Je t'aime.

Par Professeur L - Publié dans : Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième
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