Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /Mars /2010 19:20
Chère Mathilde,

Je ne sais pas comment t'expliquer. Quels mots employer ?
La guerre que l'on croyait si facile est en fait un enfer indescriptible. Mais quand j'avais peur, sur le front, j'ai repensé à notre amour, tous les deux embrassés au bord de la mer.
Je ne peux pas t'expliquer l'expression des visages morts des soldats, qu'ils soient français ou allemands.

Le matin, la pluie de feu commençait. Les avions tournaient autour de nous. Plus on combat les ennemis, plus on devient fou d'héroïsme. Mais moi, c'est l'inverse. C'est mon grand courage qui flanche depuis cette guerre inutile.

Plusieurs de mes compagnons se mutilent pour échapper à la mort. Mais les tranchées ne sont rien comparées au champ de bataille, cette boucherie où chaque corps est exposé comme sur un étal qui pourrit.
Plusieurs de mes compagnons sont exécutés car ils se sont blessés volontairement pour partir, sauver leurs vies, quitter ce paysage mort et gris.

Bon courage, mon amour.
Je t'aime.

Manec
Par Professeur L - Publié dans : Lettre d'un Poilu par les élèves de troisième
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