Tu me manques par Claudia

Publié le par Professeur L

Chère Mathilde,

Tu me manques. La vie au front est horrible, pire que ce que je pensais. Combien de cadavres sont entassés sous ces tas de boue ? Comment te l'expliquer ? Comment te le faire imaginer ?
Ici, tout est sombre, il fait très froid. Par terre il y a des tas de cadavres empilés les uns sur les autres, des cadavres d'humains, mais aussi d'animaux. Je me rappelle encore quand toi et moi étions sur le bord de la plage à écouter le bruit des vagues et à regarder le soleil au loin. Tout cela me manque. Là où je suis, le soleil n'existe pas, tout ce qu'on entend, ce sont les bruits des tirs et les cris de ceux qui sont touchés. Partout sur le front, on voit des cadavres en décomposition. Parfois il m'arrive d'en reconnaître quelques-uns. Mes amis sont presque tous morts, et la plupart du temps, j'ai vu leur fin. Ici, c'est pire que ce que tu t'imagines. C'est pire que ce que j'imaginais. C'est pire que l'enfer. Chaque seconde, quand je suis au front, je pense à ma mort, je vois mon cadavre sur le sol mélangé aux autres morts. L'odeur est épouvantable, horrible, effroyable. Combien de gens innocents ai-je tué juste pour un bout de terre ?
Voilà ma vie au front, on dirait qu'on se trouve en enfer.
J'ai très envie de te revoir.
A bientôt, j'espère ....

Manec

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