Une ouvrière injustement accusée par Emma

Publié le par Professeur L

Ce matin, en lisant les journaux, une nouvelle a particulièrement attiré mon attention. Une ouvrière est accusée d'avoir fait disparaître son propre enfant. Un soir, alors qu'elle rentrait de son travail, elle ne trouva pas son petit chez elle. La jeune femme, nommée Barbara, se mit donc à paniquer comme l'aurait fait n'importe quelle mère. Elle chercha partout dans le quartier, mais en vain. Elle décida donc de prévenir la police. Mais les policiers ne lui apportèrent aucune aide ! Ils ne firent que rejeter la faute sur elle.

Tout d'abord, ils l'accusèrent d'être une mère indigne, car chaque jour, elle laissait son enfant seul chez elle. L'un des policiers se permit même de lui dire que l'enfant serait mieux chez une nourrice que seul dans son taudis. La pauvre femme ne sut pas quoi répondre.

Pourtant, nous vivons dans un monde où une ouvrière seule n'a pas les moyens de vivre décemment si elle a un enfant à charge. Elle doit passer sa journée à être exploitée, je dis bien exploitée ! Elle travaille plus de quatorze heures par jour dans des conditions atroces, sans hygiène ni sécurité. Elle doit faire face aux avances de contre-maîtres profiteurs et si elle est fille-mère, aux moqueries des autres. Elle n'a pas les moyens d'acheter du pain et du café tous les jours. Alors une nourrice ! Laissez-moi rire...Cela ne fait même pas partie de ses préoccupations.

Quant à leur maison, ou devrais-je dire leur taudis ? Sachez que le loyer représente déjà une considérable partie de leur salaire. Mais, voyez-vous, ces femmes qui ont toute la semaine les mêmes haillons, ces femmes qui se tuent à la tâche toute la journée, ces femmes dont les enfants n'ont aucune chance d'avenir meilleur car iren n'est fait pour leur permettre d'aller à l'école, ce sont aussi celles qui se priveraient de manger pour que leurs enfants puissent avoir un bout de pain car ce sont avant tout des mères ! Elles aiment leurs enfants. Certes elles ne peuvent pas leur acheter des petits chevaux de bois ou des poupées de porcelaine, mais elles ne sont pas responsables de cette situation. Ce sont au contraire des victimes de la misère.

Evidemment, elles ne donnent pas à leurs enfants une éducation idéale, mais vous ne pouvez pas vous permettre de les juger. Vous qui laissez vos enfants chez des nourrices pour vaquer à vos occupations, vous qui après leur avoir lu cet article direz : "'pauvre Barbara !", puis irez manger comme si de rien n'était !

Au fond la société ne se préoccupe aucunement de ce qui arrive aux enfants des pauvres. C'est plus simple pour elle d'accuser les mères. Ah ! Comme notre justice est mal faite ! Les criminels ne sont pas ces ouvrières qu ne peuvent élever correctement leurs enfants, le criminel, c'est notre société et son indifférence !

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