niveau quatrième (le fantastique)

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SEQUENCE 2 : LE FANTASTIQUE


4ème 1 – Année scolaire 2007-2008
Séquence 2 : caractériser le récit fantastique pour rédiger une nouvelle fantastique.
Objectif de la séance : étudier le registre fantastique à travers une séquence de film : Sleepy Hollow de Tim Burton (1999)
 
Sleepy Hollow est l’adaptation filmique d’une nouvelle de Washington Irving : La Légende du cavalier sans tête. Le film a été réalisé par Tim Burton, également réalisateur de Batman, Beetlejuice, Edward aux mains d’argent, Les Noces funèbres. Johnny Depp (La Neuvième porte, Edward aux mains d’argent), Christina Ricci (Famille Adams), Christopher Lee (Dracula, d’après le roman de Bram Stoker) et Christopher Walken (Dead Zone, de David Cronenberg, d’après le roman de Stephen King) ont déjà joué dans des films fantastiques.

Séquence 1’ : l’écriture du testament

COMMENTAIRES (thème, symboles, sentiments, points de vue adoptés) : L’écriture du testament, l’enlacement des deux mains et la fermeture du cartable sont des symboles du départ. Thème de la mort (testament et goutte de cire, métaphore du sang). Bref résumé de l’écriture du testament. Les zooms empêchent de voir les personnages. Effet de suspense. Focalisation externe qui permet de voir le départ de l’homme. La focalisation interne permet de ressentir la panique et l’angoisse du personnage.

On a un raccord de regard lorsque l’on montre successivement le visage de Van Garrett puis ce qu’il voit : le cocher décapité mais aussi le champ de maïs et la citrouille.
Lorsque Van Garrett saute de la calèche après la décapitation du cocher, nous avons un raccord de geste puisque nous voyons le personnage en train de sauter, puis à terre.
Dès les premiers plans présentant la calèche, nous avons un raccord dans l’axe. Le plan du blason de Van Garrett est suivi d’un plan d’ensemble montrant, dans le même axe, la calèche. Un éloignement au sein du second plan permet de situer le voyage dans un univers rural et isolé.
Le raccord de mouvement est enfin très souvent utilisé pendant la course de Van Garrett dans le champ de maïs. Ce personnage est présenté alternativement de profil, de face ou de dos.
L’épouvantail rappelle à la fois Halloween et la décapitation en elle-même, car il s’agit d’une citrouille que l’on a plantée sur un bâton. L’épouvantail semble avoir un rire sarcastique et sardonique. Le jet de sang sur la citrouille de l’épouvantail fonctionne comme une signature du cavalier sans tête. La contre-plongée accentue le caractère imposant et effrayant de l’épouvantail. La focalisation interne permet de ressentir la panique et l’angoisse du personnage.

Séquence 2 :
 
Quel type de plan et quel angle de vue sont utilisés pour faire découvrir New York au spectateur ? En quelle année se passe l’histoire ?
Plan d’ensemble, vue en plongée, plan en deux parties (l’une éclairée et l’autre dans l’ombre).
 
 
Comment s’appelle le protagoniste ? Décrivez-le.
Le protagoniste s’appelle Ichabod Crane. Ichabod est à l’origine le nom d’un roi qui fut décapité dans l’Ancien Testament. Il est plutôt jeune, pâle, tourmenté, un certain ridicule, personnage timoré.
 
Le dialogue avec le juge
Que voudrait le protagoniste ? Quels sont ses arguments ?
Ichabod Crane plaide pour une réforme de la justice : il exige la possibilité d’autopsier les cadavres, réclame une véritable procédure pénale après la capture d’un supposé délinquant, et défend de nouvelles techniques scientifiques. C’est un progressiste : il dénonce le système judiciaire qui a recourt à des instruments de torture moyenâgeux.
 
 
 
Que lui répond le juge ?
 Le juge impose à Ichabod Crane l’alternative suivante : soit il part en prison, soit il va à Sleepy Hollow.
 
 
2ème partie du générique :
 
En quels caractères sont écrits le titre et le sous-titre du film ? En quelle couleur ? Qu’arrive-t-il aux caractères ?
Sleepy Hollow : le val endormi : métaphore d’une population impuissante. Le titre et le sous-titre du film sont écrits en caractère romain. Les lettres sont en capitale et en blanc. Les caractères disparaissent en se gondolant et en devenant flous, à l’image de la disparition des victimes du cavalier sans tête. La disparition et le flou des lettres contribuent à renforcer le mystère, suggérant au spectateur que les crimes échappent au sens et à la logique.
 
 
 
Séquence 3 :
 
Quel type de plan est utilisé au début de la scène ?
C’est un plan d’ensemble (vision globale du village)
 
Que voit-on au fond ?
On voit un village embrumé.
 
 
Qu’y a-t-il d’un côté et de l’autre du village ?
De l’autre côté du village, il y a une forêt, refuge du cavalier sans tête. D’un côté de l’entrée du village, on aperçoit le cimetière et de l’autre des moutons : il faut noter le fort symbolisme entre la vie et la mort.
 
Quel mouvement adopte la caméra pour décrire l’avancée d’Ichabod Crane dans le village ? Quel est l’effet produit dans cette scène ?
On découvre le village des hauteurs : le cameraman filme en plongée. On passe également du plan d’ensemble au plan moyen. Le spectateur se trouve à la place d’Ichabod Crane : on découvre en même temps que lui ce village endormi. On pénètre avec le protagoniste dans le monde de l’étrange et de l’inquiétant. Le travelling traduit l’impression d’avancer dans le village avec Crane. Le mouvement circulaire de la caméra autour de Crane donne l’impression que le héros est en fait le prisonnier d’un village étrange et inhospitalier, comme l’indiquent la brume et les fenêtres qui se ferment.
 
Où le personnage pénètre-t-il à la fin de la scène ? Que symbolise ce passage ?
Il pénètre dans la brume. Cela marque son entrée dans le monde du surnaturel.
 
 
Séquence 4 :
 
Quels sont les personnages que rencontre l’inspecteur au cours de la soirée ?
Ichabod Crane rencontre les habitants du village, puis est convoqué à une réunion privée lors de la même soirée en compagnie des notables de Sleepy Hollow : le révérend, le notaire, le juge, le docteur et le chef du village, Van Tassel, riche propriétaire terrien.
 
 
 
Que raconte Van Tassel à l’inspecteur ? Quel est l’effet produit sur l’inspecteur ?
Van Tassel raconte à Crane l’histoire du cavalier sans tête. L’inspecteur ne peut s’empêcher de frémir en écoutant la légende.
 
 
 
Quelle thèse défend l’inspecteur face aux habitants du village ? A qui s’oppose-t-il en particulier ?
Malgré sa frayeur, l’inspecteur soutient face à l’élite du village la thèse selon laquelle le meurtrier n’est pas un revenant, mais un être humain bien vivant qui se fait passer pour un mort-vivant. Il se fait le héraut d’une méthode d’investigation purement scientifique. Il s’oppose ainsi en particulier au révérend qui ne jure que par la Bible. A travers ce conflit se dessine l’opposition entre la raison scientifique et la foi : opposition fondamentale du siècle des Lumières.

4ème 1 – Année scolaire 2007-2008
Séquence 2 : caractériser le récit fantastique pour rédiger une nouvelle fantastique.
Sleepy Hollow de Tim Burton (1999)
 
 
Le meurtrier : qui est le coupable ? Qui est le responsable ?
 
1. Quel est l’objet qui relie le monde des morts à celui des vivants ? Qu’a-t-il de particulier ? Décrivez-le.
 
L’objet qui relie le monde des morts à celui des vivants est un arbre. Sa forme est singulière : on a l’impression qu’il va s’élancer pour emporter dans son antre ceux qui s’approchent de lui. Il n’a pas de feuille, et pour cette raison, il semble particulièrement lugubre. Quand Ichabod Crane tente d’enlever des racines, il crache du sang : le sang des victimes du cavalier sans tête.
 
2. Qui sont les victimes du cavalier sans tête ?
 
Les victimes du cavalier sans tête ne sont pas des innocents pris au hasard. Il s’agit des Van Garrett et des Van Tassel, ainsi que de leur proche entourage : les notables, mais également l’ancien écuyer de Van Garrett, et la famille de la sage-femme. En somme toutes les personnes qui étaient au courant du contenu du testament et de l’héritage de Peter Van Garrett.
 
3. Qui pousse le cavalier sans tête à tuer des habitants du village ? Pourquoi ?
 
Le coupable des crimes est bien identifié : il s’agit du cavalier sans tête. Mais il n’a pas quitté le monde des morts de sa propre volonté. C’est Lady Van Tassel, la belle-mère de Katrina Van Tassel, la seconde épouse de Baltus Van Tassel, qui a volé la tête du cavalier pour pousser ce dernier à commettre ces crimes atroces. Ses motivations sont la vengeance, le désir de tout posséder et la soif de l’argent. Elle désire s’approprier toute la richesse des Van Tassel et des Van Garrett, car les Van Garrett ont chassé sa famille lorsqu’elle n’était qu’une enfant, et les Van Tassel ont occupé son foyer natal après son expulsion.
 
4. Au début du film, Ichabod Crane et le révérend s’opposaient sur la cause des meurtres : l’inspecteur soutenait que le meurtrier était un être humain bien vivant, « de chair et de sang », alors que le révérend défendait l’idée selon laquelle le tueur était le cavalier sans tête. Finalement, qui avait raison ? Ichabod Crane avait-il totalement tort ?
 
Finalement, les deux personnages avaient raison. Le coupable des meurtres est bien le cavalier sans tête, mais la responsable est bien, comme l’a soutenu Ichabod Crane dès le début, un être vivant, « de chair et de sang » : Lady Van Tassel. C’est donc paradoxalement les méthodes expérimentales de l’investigation scientifique de Crane qui ont permis de découvrir le coupable et la responsable de cette série de meurtres. Le mérite de ce film est d’avoir réconcilié la raison scientifique et la croyance aux forces de l’esprit.
 
 
 
 
Le héros : Ichabod Crane
 
4. De qui Ichabod Crane tombe-t-il amoureux ?
 
Ichabod Crane tombe amoureux de Katrina Van Tassel, la fille de Baltus Van Tassel et la belle-fille de Lady Van Tassel. Elle pratique la magie blanche pour défendre Crane des forces du mal, et fait preuve d’une très grande générosité. Elle montre à Crane qu’une chose qui n’a ni sens ni raison peut être bonne, comme un baiser de bienvenue par exemple : « un baiser sans raison ni sens ».
 
 
5. De qui Ichabod Crane est-il le fils ? Qui est la femme qu’il voit en rêve à plusieurs reprises ?
 
Ichabod Crane est le fils d’une femme qui pratiquait la magie blanche, et d’un révérend fanatique : « prêtre tyrannique paré du masque de la vertu ». Son père a condamné à mort sa mère, accusée d’être une sorcière.
 
 
6. Pourquoi, à votre avis, Ichabod Crane est-il devenu enquêteur scientifique ?
 
Ichabod Crane est certainement devenu enquêteur scientifique par refus de toutes les croyances : il s’est détourné de la croyance en la religion chrétienne, et il ne croit pas du tout en la magie, car pour lui, magie et religion sont synonymes d’ignorance, de fanatisme, de souffrance et de mort, puisque c’est le fanatisme religieux incarné par son père qui a tué sa mère : « j’avais sept ans quand je perdis la foi », explique Ichabod Crane à Katrina Van Tassel à la suite d’un cauchemar. Peut-être a-t-il espéré trouver une voie de salut dans la science, qui permet de lutter contre les injustices : « je crois aux sens et à la raison, aux causes et aux conséquences. »
 
 
7. D’où viennent les marques sur les mains d’Ichabod Crane ?
 
Les marques sur les mains d’Ichabod Crane proviennent des instruments de torture que son père possédait et qui ont servi à tuer sa propre mère.
 
 
Les leçons du film
 
8. Quelle phrase avez-vous retenu du film ?
 
On peut retenir plusieurs phrases du film, qui sont autant de leçons pour le spectateur, et qui résument les principaux enseignements de l’œuvre de Tim Burton. Ce dernier a réalisé un film fantastique dans le but de faire peur, de faire rire, mais aussi de faire réfléchir : « les apparences sont trompeuses » (Ichabod Crane) ; « le meurtre engendre le meurtre » (Ichabod Crane) ; « La noirceur porte plus d’un masque : aucun n’est aussi dangereux que le masque de la vertu » (Ichabod Crane).
 
 
 
9. Quelles leçons Ichabod Crane – et le spectateur – retire-t-il de son voyage à Sleepy Hollow ?
 
Ichabod Crane – et le spectateur avec lui – retire plusieurs leçons de son voyage à Sleepy Hollow.
Il découvre tout d’abord que la science ne peut pas tout expliquer : la vie est énigmatique, l’existence est mystérieuse.
Ensuite, Ichabod Crane prend conscience que l’on peut s’enfermer dans la raison comme on s’enferme dans la croyance religieuse. Le fanatisme de la raison est aussi mauvais et dangereux que le fanatisme religieux. Il n’est pas raisonnable d’être toujours rationnel. C’est sa très grande méfiance à l’égard de la religion et de la magie qui l’a conduit vers une fausse piste, en accusant Katrina Van Tassel d’être à l’origine de tous les meurtres. C’est le jeune Masbath qui lui montre son fanatisme de la raison :
« Le jeune Masbath – Vous êtes convaincu que c’était Katrina, n’est-ce pas ? Etrange sorcière que voilà : le cœur bon et plein d’amour ! Comment pouvez-vous croire une telle chose ?
Ichabod Crane – La raison m’y contraint.
Le jeune Masbath – C’est que vous êtes possédé par la raison !
Ichabod Crane – Oui, et anéanti par elle ! »
Son amour pour la science l’a mis sur la bonne voie, mais sa méfiance pour la magie et la religion l’ont amené temporairement vers une fausse piste. Ainsi Ichabod Crane découvre que la foi et la raison ne sont pas incompatibles, puisque c’est la raison qui le mène à reconnaître l’existence du monde des esprits : « mon amour pour la raison se heurte au monde des esprits », avoue-t-il à Katrina.
Enfin, Ichabod Crane apprend que ce n’est ni la sorcellerie, ni la raison scientifique qui mènent à la sagesse et au bonheur, mais l’amour. En comprenant que la science et la croyance ne sont pas incompatibles, Ichabod Crane découvre l’amour et gagne une nouvelle famille : une femme ( Katrina Van Tassel) et un fils (le jeune Masbath).
 
 
 
Richesse du fantastique
 
10. Ce film, comme toute fiction fantastique, provoque chez le spectateur de la peur. Cependant, ce film ne suscite pas que de la peur. A quel autre registre fait-il appel ?
 
Le film fait également appel au registre du comique, puisqu’il utilise volontiers l’humour noir (quand Ichabod Crane découpe le cadavre de la veuve Winship, ou l’arbre des morts) et l’ironie. Les mimiques de Johnny Depp rappelle les acteurs comiques des films muets. Sa peur d’une petite araignée, alors qu’il n’hésite pas à affronter les forces du mal, est également comique.
 
11. D’après vous, pourquoi le sous-titre du film est-il La Légende du cavalier sans tête ? Quelles différences faites-vous entre la légende (ou le merveilleux) et le fantastique ?
  1. Qu’est-ce qui relève dans ce film de la légende ?
B.     Qu’est-ce qui relève dans ce film du fantastique ?
 
Le film de Tim Burton mélange de manière très subtile différents éléments du merveilleux et du fantastique.
  1. L’omniprésence des sorcières, la belle-mère marâtre qui veut se débarrasser de sa belle-fille, les citrouilles découpées, sont autant d’éléments de la légende et du merveilleux.

La peur, la terreur, l’effroi, le mystère, l’ambiance gothique, les couleurs de la nuit, le moulin en ruine, le cimetière, sont autant d’éléments qui relèvent du registre fantastique.


Evaluation : Dracula de Bram Stocker


Jonathan Harker est invité au château de Dracula, en Transylvanie. Il découvre peu à peu le caractère étrange de son hôte…

 

8 mai.

En commençant ce journal, je craignais d’être diffus mais à présent je suis heureux de m’être, dès le début, arrêté sur chaque détail, car ce château, ainsi que tout ce qu’on y voit et tout ce qui s’y passe, est si étrange que je ne puis m’empêcher de m’y sentir mal à l’aise. […]

Quand je me fus mis au lit, je dormis quelques heures à peine et, sentant que je ne pourrais pas me rendormir, je me levai. J’avais accroché la petite glace de mon nécessaire à l’espagnolette de ma fenêtre et je commençais à me raser quand, soudain, je sentis une main se poser sur mon épaule et reconnus la voix du comte qui me disait : « Bonjour ! ». Je sursautai, fort étonné de ne pas l’avoir vu venir, puisque, dans le miroir, je voyais reflétée toute l’étendue de la chambre qui se trouvait derrière moi. Dans mon mouvement de surprise, je m’étais légèrement coupé, ce que je ne remarquai pas au moment même. Lorsque j’eus répondu au comte, je regardai à nouveau dans le miroir, essayant de comprendre comment j’avais pu me tromper. Cette fois, il n’y avait pas d’erreur possible, je savais que l’homme était tout près de moi ; il me suffisait de tourner légèrement la tête pour le voir contre mon épaule. Et pourtant son image n’était pas reproduite dans la glace ! Toute la pièce derrière moi était reflétée dans le miroir ; mais il ne s’y trouvait qu’un seul homme – celui qui écrit ces lignes. Ce fait stupéfiant, venant s’ajouter à tant d’autres mystères ne fit qu’accentuer la sensation de malaise que j’éprouve toujours lorsque le comte est là. Mais, au même moment, je m’aperçus que je saignais un peu au menton. Posant mon rasoir, je tournai la tête à demi pour chercher des yeux un morceau de coton. Quand le comte vit mon visage, ses yeux étincelèrent d’une sorte de fureur diabolique et, tout à coup, il me saisit à la gorge. Je reculai brusquement et sa main toucha le chapelet auquel était suspendu le petit crucifix. A l’instant, il se fit en lui un tel changement, et sa fureur se dissipa de façon si soudaine, que je pouvais à peine croire qu’il s’était mis réellement en colère.

-                          Prenez garde, me dit-il, prenez garde quand vous vous blessez. Dans ce pays, c’est plus dangereux que vous ne le pensez…

Puis, décrochant le miroir de l’espagnolette, il poursuivit :

-                          Et si vous vous êtes blessé, c’est à cause de cet objet de malheur ! Il ne fait que flatter la vanité des hommes. Mieux vaut s’en défaire.

Il ouvrit la lourde fenêtre d’un seul geste de sa terrible main, et jeta le miroir qui alla se briser en mille morceaux sur le pavé de la cour. Puis il sortit de la chambre sans plus prononcer un mot. […]

Quand j’entrai dans la salle à manger, le petit déjeuner était servi. Mais je ne vis le comte nulle part. Aussi bien je déjeunai seul. Je n’ai pas encore vu le comte manger ou boire. Quel homme singulier ! Après mon repas, l’envie me prit d’aller à la découverte dans le château. Je me dirigeai vers l’escalier et, près de là, était ouverte la porte d’une chambre dont la fenêtre donnait sur le côté sud. De cet endroit, la vue splendide me permit de découvrir un vaste paysage. Le château est bâti sur le rebord même d’un précipice impressionnant. […]

Mais je ne suis pas en humeur de décrire toutes ces beautés naturelles, car lorsque j’eus contemplé un moment le paysage, je poursuivis mon exploration. Des portes, des portes, des portes partout, et toutes fermées à clef ou au verrou ! Il est impossible de sortir d’ici, sauf peut-être par les fenêtres pratiquées dans les hauts murs.

Le château est une vraie prison, et j’y suis prisonnier !

 

1.      Quel est l’auteur du texte ?
2.      Quels sont les personnages de l’histoire ?
3.      Qui est le narrateur ?
4.      Dans quel état le narrateur se trouve-t-il au début du texte ? Relevez l’expression qui vous permet de répondre à cette question.
5.      Quel phénomène étrange le narrateur observe-t-il lorsque le comte arrive dans sa chambre ?
6.      Comment le comte réagit face à la vue du sang ?
7.      Pourquoi à votre avis, le comte détruit-il le miroir ?
8.      Que découvre le narrateur à la fin du texte ?
 

Dracula de Bram Stoker : correction du test d’évaluation

 

1.      Quels sont les personnages de l’histoire ?

 

Les personnages de l’histoire sont Jonathan Harker et le comte Dracula.

 

 

2.      A quelle personne le récit est-il fait ? Qui est le narrateur ?

 

Le récit est écrit à la première personne du singulier. Le narrateur est Jonathan Harker.

 

 

3.      Dans quel état le narrateur se trouve-t-il au début du texte ? Relevez l’expression qui vous permet de répondre à cette question.

 

Au début du texte, le narrateur ressent une impression de malaise, comme le prouve le passage suivant : « je ne puis m’empêcher de m’y sentir mal à l’aise. » (ligne 3)

 

 

4.      Quel phénomène étrange le narrateur observe-t-il lorsque le comte arrive dans sa chambre ?

 

Lorsque le comte arrive dans sa chambre, le narrateur observe un phénomène étrange : le miroir ne reflète pas Dracula.

 

 

5.      Quelle réaction l’arrivée du comte provoque-t-elle chez le narrateur ? Justifiez votre réponse en citant des mots du texte.

 

L’arrivée du comte provoque chez le narrateur une réaction de surprise mêlée de crainte : « Je sursautai, fort étonné de ne pas l’avoir vu venir, puisque, dans le miroir, je voyais reflétée toute l’étendue de la chambre qui se trouvait derrière moi. » (lignes 7-9) Le narrateur est habité par une « sensation de malaise » (ligne 17)

 

 

6.      Comment le comte réagit face à la vue du sang ? Justifiez votre réponse en citant des mots du texte.

 

Le comte réagit violemment face à la vue du sang. Il ne se contrôle plus : « ses yeux étincelèrent d’une sorte de fureur diabolique et, tout à coup, il me saisit à la gorge. » (lignes 9-10)

 

 

7.      Quel est l’objet qui modifie l’attitude du comte ? Justifiez votre réponse en citant des mots du texte.

 

L’objet qui modifie l’attitude du comte est le crucifix suspendu au chapelet, comme le prouve le passage suivant : « sa main toucha le chapelet auquel était suspendu le petit crucifix. A l’instant, il se fit en lui un tel changement, et sa fureur se dissipa de façon si soudaine… » (lignes 21-22)

 

 

8.      Pourquoi, à votre avis, le comte redevient-il maître de lui en voyant cet objet ?

 

Le comte redevient maître de lui en voyant le crucifix car celui-ci est un symbole de Dieu, du bien et de l’amour. Or Dracula est un vampire, une créature diabolique qui est l’ennemie de Dieu. Le crucifix a le pouvoir d’éloigner les vampires. *

 

 

9.      Pourquoi à votre avis, le comte détruit-il le miroir ?

 

Le comte détruit le miroir car il craint que son hôte ne devine qu’il ne peut pas se refléter dans une glace. Il ne veut laisser aucun soupçon derrière lui.

 

 

10. Que découvre le narrateur à la fin du texte ? Justifiez votre réponse en citant des mots du texte.

 

Le narrateur découvre à la fin du texte qu’il est prisonnier dans le château de Dracula, car toutes les portes sont fermées : « Des portes, des portes, des portes partout, et toutes fermées à clef ou au verrou ! Il est impossible de sortir d’ici, sauf peut-être par les fenêtres pratiquées dans les hauts murs.

Le château est une vraie prison, et j’y suis prisonnier ! » (lignes 39-52)

 

 

11. D’après ce texte, donnez les caractéristiques du vampire dans le récit fantastique.

 

D’après ce texte, les caractéristiques du vampire dans le récit fantastique sont les suivantes : le vampire est une créature diabolique qui ne mange ni boit, sauf le sang humain de victimes qu’il emprisonne dans son château. Il ne vit que la nuit, et ne peut pas se refléter dans un miroir. Il craint la croix et adore le sang humain.



ANALYSE D’IMAGES

 

Image n° 1 : L’Etrange Noël de M. Jack, film de Henry SELICK d’après un scénario de Tim BURTON, 1993.

 

 

  1. Décrivez cette image.
  2. Qu’est-ce qui donne à cette image un caractère fantastique ?
  3. A quelle fête traditionnelle américaine Tim Burton fait-il allusion ?

 

 

 

Image n° 2 : Sleepy Hollow, film de Tim BURTON, d’après le récit de Washington Irving, 1999.

 

  1. Relevez dans le sous-titre du film l’expression qui est illustrée par l’affiche.
  2. Comment le cavalier est-il mis en valeur dans cette affiche ? Expliquez ce qui, dans son attitude ou dans celle de son cheval, est menaçant.
  3. Quel détail, dans la façon dont est écrit le titre du film, peut annoncer la violence du « cavalier sans tête » ?
  4. Relevez, dans l’affiche, les éléments (décor et personnages) qui sont habituellement associés à une atmosphère fantastique.

 

 

L’image fantastique est caractérisée par l’intrusion d’éléments étranges dans un univers familier. L’image et les films fantastiques se nourrissent également de représentations inquiétantes ou mystérieuses :

-         des éléments naturels : la brume, la lune, une sombre forêt…

-         des figures imaginaires : les revenants, les fantômes, les loup-garous, le cavalier sans tête, les vampires, les sorcières.

 

Un des objectifs de l’image fantastique est de susciter la peur en révélant que notre réalité la plus familière et la plus quotidienne peut se révéler plus étrange qu’il n’y paraît. Notre monde est mystérieux : tel est un des enseignements principaux du fantastique.

 

Image n° 1 : L’Etrange Noël de M. Jack, film de Henry SELICK d’après un scénario de Tim BURTON, 1993.

 

L’angle de prise de vue adopté est plutôt celui de la contre-plongée : le paysage et le personnage sont vus d’en-bas. Le personnage principal se situe à l’arrière-plan, mais sa position est privilégiée, puisqu’il est au centre de l’image, sur une espèce de colline étrange, éclairé par une lune qui projette une lumière intense. Le protagoniste est un squelette bien vivant, comme le montre sa position : on dirait qu’il chante. Il s’agit donc d’un mort-vivant.

Au premier plan, on peut voir des croix, ce qui laisse supposer que l’on se trouve dans un cimetière délimité par une barrière en arrière-plan. Au premier plan et à l’arrière-plan, sont parsemées, sur la gauche, plusieurs dizaines de citrouilles éclairées, au regard sardonique, qui font directement référence à la fête d’Halloween.

Le personnage du squelette vivant et chantant, la lune imposante, le cimetière pendant la nuit, les citrouilles qui projettent une lumière énigmatique et inquiétante, sont autant d’éléments qui contribuent à faire de cette image une représentation fantastique.

 

 

Image n° 2 : Sleepy Hollow, film de Tim BURTON, d’après le récit de Washington Irving, 1999.

 

L’affiche du film illustre parfaitement l’expression du sous-titre « cavalier sans tête », puisque le cavalier sans tête est au centre de l’image, éclairé par une lune embrumée et imposante, ce qui le met particulièrement bien en valeur. La position du cheval, qui semble prêt à l’assaut, et la hache brandie, donnent un caractère particulièrement menaçant au protagoniste. Le titre écrit en lettres de sang permet d’annoncer la violence sanguinaire du cavalier sans tête. La lune imposante, la nuit sombre, la brume et l’arbre dégarni et tordu sont des éléments traditionnels de l’atmosphère fantastique, avec le cavalier sans tête, qui est un mort-vivant.

Objectif de la séance : différencier le récit merveilleux ou conte de fées, l’heroic fantasy et le fantastique à partir de l’analyse d’images fixes.

 

Image n°1 : La Naissance de Vénus de Botticelli [XVIè siècle] :

 

 

  1. A votre avis, qui est au centre du tableau ?

 

C’est Vénus qui est au centre du tableau. Elle est née de l’écume de la mer. Elle est la déesse de l’amour et de la beauté.

 

  1. A votre avis, que représentent les deux personnages à gauche de la jeune femme nue ?

Les deux personnages représentent les vents. Ce sont donc des allégories. Ils poussent Vénus vers le rivage, où l’allégorie du printemps se précipite pour la recouvrir d’un vêtement fleuri.

 

  1. Quelles sont les couleurs dominantes du tableau ?

Les couleurs dominantes du tableau sont le bleu, le vert et le blanc cassé. Le rouge est concentré dans le drap que tend l’allégorie du printemps vers la déesse de l’amour. Ce sont donc essentiellement des couleurs chaudes.

 

  1. Quel est le degré de lumière utilisé ?

Le degré de lumière utilisé est élevé. C’est un tableau très clair et très lumineux. Le peintre a réussi à donner l’impression que toute la lumière est concentrée sur la déesse qui irradie ainsi le regard du spectateur.

 

  1. A quel moment de la journée se déroule la scène représentée ?

La scène se déroule certainement en fin de matinée ou dans l’après-midi, au moment où le soleil illumine le paysage.

 

  1. Quels sont les éléments de la nature qui sont représentés ?

Le peintre représente les éléments du vent, de la terre, de l’eau et de l’air. Tous les éléments sont donc convoqués au moment de la naissance de la déesse de l’amour et de la beauté. Tout se passe comme si la nature entière était conviée à cet événement. La mer, l’air et les arbres semblent frissonner face à la présence de la divinité.

 

 

  1. Décrivez le visage de la jeune femme nue.

Le visage de la déesse nue est à la fois souriant et mélancolique, ce qui la rend plus mystérieuse et plus fascinante encore.

 

  1. Quels sentiments vous suggère ce tableau ?

Les sentiments suggérés par ce tableau sont la sérénité et la paix de l’âme.

 

  1. Y a-t-il des éléments qui rappellent un univers familier et quotidien ?

Aucun élément ne rappelle l’univers familier et quotidien. La déesse, comme les allégories qui l’entourent, est une créature surnaturelle. Sa naissance est elle-même exceptionnelle et surnaturelle. On est dans un autre monde, celui des légendes de la mythologie gréco-latine.

 

  1. A votre avis, s’agit-il d’une image fantastique ? Pourquoi ?

Il ne s’agit nullement d’une image fantastique, car elle ne correspond à aucun des critères du genre. La lumière est intense, la scène lumineuse et claire, les sentiments suggérés sont l’apaisement et la sérénité, les couleurs utilisées sont plutôt chaudes, alors qu’une image fantastique se caractérise par une lumière sombre, une atmosphère lugubre et étrange, suscitant le doute, la peur et l’inquiétude. On est aux antipodes du fantastique. Il s’agit bien de la représentation d’un événement surnaturel, la naissance d’une déesse, mais cette image relève du merveilleux, du conte ou de la légende, et non du registre fantastique.

 

Images n° 2 et 3 : dessin de Raymond Gaustadnes et affiche du film Le Seigneur des Anneaux, Le retour du roi :
Décrivez les personnages représentés.

Dans le dessin de Gaustadnes, un personnage ailé brandissant une épée lumineuse, possédant certainement le pouvoir de la foudre, est mis en scène. Ses yeux semblent illuminés par la foudre. Son corps est tatoué. Il possède des bottes et des vêtements déchirés autour de la taille. Il se situe au sommet d’une montagne.

L’affiche du film Le Seigneur des Anneaux représente plusieurs personnages. Au premier plan, un jeune homme tient une épée et brandit un anneau illuminé, probablement magique. Au second plan, une créature mystérieuse, semblable à un vieil elfe, sourit de manière démoniaque. Un autre jeune garçon semble accompagner le personnage du premier plan. Toujours au second plan, on aperçoit, comme sortant des nuages, une jeune femme très séduisante, probablement une princesse. La figure centrale de l’affiche est celle d’un chevalier, brandissant son épée de façon menaçante, comme s’il s’apprêtait à combattre. Son regard est dur et déterminé, sa pose épique et héroïque. En haut, à droite, un vieillard, semblable à un druide, tout de blanc vêtu, regarde l’horizon.

 
A quelle époque font référence les vêtements et les armes représentés ?

Les vêtements et les armes représentés font référence au Moyen-Age.

 
A quel être surnaturel vous fait penser le personnage du dessin de Raymond Gaustadnes ?

Le personnage ailé du dessin de Raymond Gaustadnes fait penser à un ange.

 
A votre avis, qui est le vieillard dans l’affiche du film (en haut, à droite) ?

Le vieillard dans l’affiche du film est probablement un druide ou un magicien.

 
Quel est l’objet lumineux tenu par le jeune garçon dans l’affiche du film ?

L’objet lumineux tenu par le jeune garçon dans l’affiche du film est certainement l’anneau annoncé par le titre du film. Il s’agit d’un objet magique.

 
Décrivez le paysage en arrière-plan dans ces deux images. Quelle différence faites-vous avec le temps dans le tableau de Botticelli ?

Dans ces deux images, le paysage en arrière-plan est similaire : on distingue une forte présence des nuages, ainsi que des rochers. Dans l’affiche du film, on aperçoit à l’arrière-plan une tour. Les nuages tourmentés créent une ambiance surnaturelle et semblent préfigurer des événements épiques.

 
Y a-t-il des éléments qui rappellent un univers familier et quotidien ?

Il n’y a aucun élément dans ces deux images qui rappelle un univers familier et quotidien. On est dans un monde merveilleux et d’inspiration médiévale.

 

 
A votre avis, s’agit-il d’images fantastiques ? Pourquoi ?

 

Il ne s’agit pas d’images fantastiques, car il n’y a aucun élément rappelant un univers familier ou quotidien, et les créatures surnaturelles représentées, ainsi que les héros, sont tous des personnages de l’univers merveilleux du Moyen-Age, alors qu’un récit fantastique prend toujours racine dans le présent, dans un monde apparemment normal et familier. On est ici dans ce que l’on appelle l’heroic fantasy, un genre de récit épique et merveilleux qui s’inspire fortement du monde médiéval et de la mythologie scandinave.

Les récits d’heroic fantasy sont souvent situés dans des mondes imaginaires, qui ressemblent au monde médiéval. Ils mettent en scène des guerriers, des mages, des trolls, des elfes, des lutins, des dragons, des armes magiques, des talismans, comme l’anneau de pouvoir dans Le Seigneur des anneaux de Tolkien.



Les thèmes du fantastique : le pacte avec le diable

Le Veston ensorcelé de Dino Buzzati : première partie (« Bien que j’apprécie l’élégance vestimentaire, […] comme ceux que l’on raconte aux enfants et que personne ne croit vrais. »)

 

Questions :

 

1.      Le narrateur est-il extérieur à l’histoire ? Qui est le narrateur ? Que sait-on de lui ?

 

Le narrateur n’est pas extérieur à l’histoire. Il raconte une aventure qu’il a réellement vécue. Il est lui-même le héros de l’histoire qu’il raconte. Nous avons peu d’informations sur lui. Nous ne savons pas comment il s’appelle. Nous ignorons la nature de son travail. Nous ne savons que trois choses : il a une secrétaire (« J’écrasai la sonnette pour appeler ma secrétaire ») – il travaille donc dans un bureau –, il apprécie tout particulièrement les beaux vêtements (« j’apprécie l’élégance vestimentaire »), et il participe à des réceptions, ce qui laisse supposer qu’il appartient à une classe sociale aisée.

 

 

2.      Pourquoi le narrateur aborde-t-il un inconnu lors de la soirée ?

 

Le narrateur aborde un inconnu lors de la soirée car il est attiré par « la beauté linéaire, pure, absolue de son vêtement. »

 

 

3.      A quelle ligne se termine le récit de la soirée ? Qu’est-ce que le narrateur raconte immédiatement après ? Ces deux moments ont-ils pu se suivre de cette manière ?

 

Le récit de la soirée se termine à la ligne 28. Le narrateur raconte immédiatement après qu’il va chez le tailleur Alfonso Corticella, 17 de la rue Ferrara. Ces deux moments n’ont pas pu se suivre de cette manière. Le narrateur a effectué ce que l’on appelle une ellipse narrative : c’est un procédé qui permet au narrateur de ne rapporter que les points forts de l’histoire et d’accélérer le récit.

 

 

4.      Combien de temps s’écoule-t-il entre la commande du complet et sa livraison ? Relevez la phrase qui l’indique. Ces jours sont-ils racontés en détail ? Pourquoi ?

 

Entre la commande du complet et sa livraison, il s’écoule « quelque vingt jours » (ligne 43). Ces jours ne sont pas racontés en détail : le narrateur procède à nouveau à une ellipse narrative, car le récit de ces jours n’est pas intéressant pour l’histoire en elle-même. Le narrateur préfère se concentrer les événements les plus importants, afin d’accélérer le récit et de mettre l’accent sur le caractère étrange de son aventure.

 

 

 

 

 

5.      Quelles impressions le vieux tailleur a-t-il produite sur le narrateur ?

 

Le narrateur trouve tout d’abord le vieux tailleur fort sympathique : « Quel homme sympathique ! pensai-je tout d’abord. » Mais la gentillesse trop appuyée du tailleur finit par produire chez le narrateur une impression de « malaise » : « en somme je n’avais aucune envie de le revoir ».

 

 

6.      Quel est l’événement étrange qui se produit ?

 

L’événement étrange qui se produit est l’apparition inexplicable et répétée de billets de banque dans la poche droite du veston :

« C’était un billet de dix mille lires.

Je restai interdit. Ce n’était certes pas moi qui l’y avais mis. D’autre part il était absurde de penser à une plaisanterie du tailleur Corticella. […] C’était un autre billet de dix mille lires. Alors, je fis une troisième tentative. Et un troisième billet sortit. »

 

 

7.      Quelle explication le narrateur tente-t-il d’apporter ?

 

Le narrateur pense qu’il s’agit d’un oubli de la part du tailleur : « L’unique explication, une distraction de Corticella. » Mais la répétition étrange du phénomène rend cette explication fausse. Ce phénomène demeure donc inexpliqué.

 

 

8.      Pourquoi le narrateur ne dit-il rien à sa secrétaire ?

 

Le narrateur ne dit rien à sa secrétaire car il craint de passer pour un voleur ou pour un fou. Il n’a en effet aucune explication valable à donner pour se justifier ou pour comprendre la véritable nature de ce phénomène étrange. D’autre part, on peut supposer qu’il commence à entrevoir les possibilités que lui offre ce veston : il peut devenir immensément riche.

 

9.      A votre avis, que va-t-il se passer après ? Faites des hypothèses sur la suite de l’histoire.

 

On peut imaginer que le narrateur va utiliser tout cet argent pour devenir l’homme le plus riche de la planète, et influer sur le cours de l’histoire, en finançant des projets pour améliorer la société, en combattant le crime organisé, en luttant contre la mafia.

Deuxième hypothèse : il va devenir l’homme le plus riche de la planète, et avec sa richesse infinie, il va devenir le maître du monde, achetant à tour de bras les services des gouvernements et des armées.

 Ou bien il va devenir tellement riche que la police va le soupçonner de vol. Il sera condamné à la fuite et à l’anonymat, jusqu’à ce qu’il se fasse tuer et qu’on lui vole le veston.

Le Veston ensorcelé de Dino Buzzati : deuxième partie (« Sous prétexte que je ne me sentais pas bien, […] Il devenait indispensable de le détruire. »)

 

Questions :

 

 

  1. Qu’est-ce qui pousse le narrateur à vouloir toujours plus d’argent ? Répondez en citant le texte.

 

 

Plusieurs raisons poussent le narrateur à vouloir toujours plus d’argent. Tout d’abord, c’est la crainte que le veston ne donne plus d’argent qui le motive à soutirer des billets de banque :

« Je travaillai avec une tension spasmodique des nerfs dans la crainte de voir cesser d’un moment à l’autre le miracle. » (lignes 45-45 page 109)

Ensuite, c’est le goût du luxe et la passion immodérée de la possession qui le pousse à vouloir toujours plus d’argent :

« Plus on possède et plus on désire. J’étais déjà riche, compte tenu mes modestes habitudes. Mais le mirage d’une existence de luxe effréné m’éperonnait. » (lignes 14-16 page 111)

L’argent devient peu à peu sa nouvelle idole.

 

 

Pourquoi le narrateur décide-t-il, un jour, de détruire le veston ?

 

Le narrateur décide un jour de se débarrasser du veston car il commence à comprendre la nature diabolique de celui-ci : à chaque fois qu’il soutire de l’argent de son veston ensorcelé, un malheur se produit dans le monde. Plus il s’enrichit, plus les tragédies autour de lui se multiplient :

« Assez, assez ! pour ne pas m’enfoncer dans l’abîme, je devais me débarrasser de mon veston. Mais non pas en le cédant à quelqu’un d’autre, parce que l’opprobre aurait continué (qui aurait pu résister à un tel attrait ?). Il devenait indispensable de le détruire. » (lignes 5-8 page 114)

 

 

 

  1.  « Quand je me réveillai le lendemain matin » (ligne 54 page 109) : donnez la nature et la fonction de cette proposition.

 

 

Il s’agit d’une proposition subordonnée conjonctive de temps. La fonction est complément circonstanciel de temps. La conjonction de subordination est « quand ».

 

 

« Chaque fois que je soutirais de l’argent de mon veston » ( ligne 43 page 112) : donnez la nature et la fonction de cette proposition.

 

Il s’agit d’une proposition subordonnée conjonctive de temps introduite par la conjonction de subordination « chaque fois que ». La fonction est complément circonstanciel de temps.

 

Quels sont les temps verbaux dominants de la ligne 40 à la ligne 74 pages 108-109 ?

 

Les temps verbaux dominants de la ligne 40 à la ligne 74 pages 108-109 sont l’imparfait et le passé simple. Le passé simple est le temps de l’action dans un récit au passé.

 

 

A quels temps sont les verbes de la ligne 3 à la ligne 7 (le cambriolage) et de la ligne 25 à la ligne 29 (l’incendie) page 111 ?

 

Les temps des verbes de la ligne 3 à la ligne 7 et de la ligne 25 à la ligne 29 page 111 sont le plus-que-parfait à la voix active et passive et l’imparfait. Cela signifie que les événements relatés sont antérieurs à l’action au passé simple.

 

 

Pourquoi passe-t-on du passé simple à l’imparfait et au plus-que-parfait ?

 

On passe du passé simple à l’imparfait et au plus-que-parfait car le narrateur relate des événements qui se sont passés la veille.

 

 

Comment appelle-t-on le passage d’un événement présent à un événement passé ?

 

Le passage d’un événement présent à un événement passé est appelé retour en arrière ou flash-back.

 

 

Quel est l’intérêt de ce procédé ?

 

Ce procédé de retour en arrière permet de rapporter des informations nécessaires à la compréhension de l’histoire. Ici en particulier, le retour en arrière permet d’effectuer une corrélation entre le veston et les incidents qui se produisent la nuit, quand le narrateur soutire de l’argent. Le retour en arrière est donc un procédé très important dans la nouvelle de Buzzati, car il permet au lecteur comme au narrateur de prendre conscience de la nature diabolique du veston.

 

 

 

Quel est le lien entre les faits divers rapportés dans les journaux et le veston ensorcelé ?

 

Il y a un lien de causalité entre les faits divers rapportés dans les journaux et le veston ensorcelé, car à chaque fois que le narrateur soutire de l’argent, un malheur se produit autour de lui : cambriolage, incendie, mort.

 

 

11. Y a-t-il une explication ? Relevez des expressions du texte pour justifier votre réponse.

 

Apparemment, il n’y a pas de véritable explication permettant de comprendre le pouvoir ensorcelé du veston. Le narrateur parle de « miracle » : or un miracle est par définition un phénomène qui échappe aux lois de la logique et de la nature. La seule explication que le narrateur propose n’est pas scientifique mais morale : « désormais je savais que l’argent que le veston me procurait venait du crime, du sang, du désespoir, de la mort, venait de l’enfer. »(lignes 31-32 page 111)

Le Veston ensorcelé de Dino Buzzati : troisième et dernière partie (« J’arrivai en voiture dans une allée perdue des Alpes. […] pour l’ultime règlement de comptes. »)
 
  1. Observez les temps des verbes dans le dernier paragraphe. Dans ce paragraphe, les événements sont-ils passés ? Pourquoi utilise-t-il ces temps ?
 
Les temps des verbes dans le dernier paragraphe sont le présent et le futur. Les événements ne sont donc pas passés, mais à venir. Le narrateur utilise ces temps car il a conscience que son aventure n’est pas encore terminée. Il devra à nouveau affronter le tailleur dont il a brûlé le veston maléfique.
 
 
  1. Dans le dernier paragraphe, s’agit-il d’un retour en arrière ? Comment appelle-t-on le procédé utilisé ?
 
Dans le dernier paragraphe, il ne s’agit pas d’un retour en arrière, mais d’une anticipation. Le narrateur imagine déjà ce qui va lui arriver dans le futur. Il prévoit la rencontre finale avec le tailleur diabolique.
 
 
  1. Quel est l’effet produit par l’expression finale : « l’ultime règlement de comptes » ?
 
L’expression finale : « l’ultime règlement de comptes » produit un effet de terreur et d’angoisse. Le narrateur sait déjà que sa mésaventure n’est pas terminée, car il a une dette envers le mystérieux tailleur, puisqu’il n’a toujours pas payé son veston. Il sait déjà que sa vie est condamnée, car il a utilisé le veston ensorcelé, qui s’est révélé diabolique. Le narrateur a l’intuition qu’il devra payer de sa vie l’utilisation du veston.
 
 
4.      Quels événements semblent inexplicables ? Justifiez votre réponse en citant des mots du texte.
 
Plusieurs événements semblent inexplicables dans ce dernier passage. Tout d’abord, la voix que le narrateur entend est d’origine inconnue : « une voix humaine retentit : « Trop tard, trop tard ! » Terrorisé je me retournai d’un mouvement brusque comme si un serpent m’avait piqué. Mais il n’y avait personne en vue. »
Ensuite, la disparition de tout ce qu’il possédait est également énigmatique. Avec la destruction du veston disparaissent en effet sa voiture, sa villa, ses comptes en banque et ses actions.
 
 
  1. Quels sentiments provoquent les événements chez le narrateur ? Justifiez votre réponse en citant des mots du texte.
 
Les événements provoquent chez le narrateur des sentiments de terreur (« terrorisé »), de « l’épouvante ». Le soulagement qu’il éprouve n’est que passager, car il sait au fond de lui-même qu’il devra à nouveau faire face au tailleur, « de malheur, avec son sourire abject, pour l’ultime règlement de comptes. »
 
 
6. Qui est, finalement, le tailleur ?
 
Le tailleur est finalement le diable en personne. Il a en effet séduit le narrateur par sa douceur insistance et par sa gentillesse hypocrite, et l’a encouragé à céder à la tentation de la richesse infinie. Le narrateur a mis son existence sous la tutelle du diable. Il a établi avec lui un pacte qui condamne finalement son existence. Le diable est une figure importante dans l’univers fantastique.
 
 
7. Qu’est-ce qui fait de ce passage un texte fantastique ?
 
Ce passage combine différents éléments traditionnels du registre fantastique : la scène se passe pendant la nuit. L’environnement est réaliste, mais plusieurs événements étranges (la voix d’origine inconnue, la disparition mystérieuse des objets) et inexplicables apparaissent. Les sentiments éprouvés par le narrateur sont l’angoisse et la terreur. Enfin, la dernière phrase laisse entendre que le tailleur n’est autre que le diable, figure traditionnelle de l’univers fantastique.
 
 
8. Quelles leçons peut-on tirer de cette histoire ?
 
Dino Buzzati utilise le registre fantastique pour donner plusieurs leçons au lecteur. Tout d’abord, on pourrait considérer que cette nouvelle est une illustration du dicton populaire selon lequel « bien mal acquis ne profite jamais ».
Ensuite, Buzzati stigmatise le désir de posséder toujours plus et le culte immodéré de l’argent.
 Mais il semble que l’auteur délivre ici une vérité plus profonde encore, une critique virulente de la société capitaliste moderne. En effet, il semble que l’auteur veuille nous montrer que dans notre monde, l’accroissement des richesses d’une minorité aboutit à l’appauvrissement d’une majorité.


Bilan - fiche-outil : qu'est-ce que le fantastique ?
 
I. Définition
 
 
Fantastique vient du grec phantastikos qui signifie fantôme et phantasia qui signifie imagination. Le fantastique est un genre artistique qui fait intervenir le surnaturel et l’irrationnel dans la réalité la plus quotidienne. Dans un cadre réel, des personnages réels mènent une vie normale, jusqu’à l’apparition d’un événement mystérieux. C’est cet événement mystérieux qui déclenche l’action. Mais jusqu’à la fin, l’auteur ne donne jamais d’explication rationnelle de cet événement étrange et surnaturel. Très souvent, le héros ne sait plus s’il rêve ou si ce qu’il vit est réel. L’inquiétude face à la nature énigmatique du phénomène surnaturel persiste tout au long du récit.
Le fantastique brouille les repères et efface la frontière entre la vie et la mort, le rêve et la réalité, la raison et la folie, le bien et le mal, le passé et l’avenir.
Le fantastique est donc très souvent lié à une atmosphère particulière : la peur est souvent présente face au surnaturel. L’auteur de récit fantastique multiplie les situations angoissantes.
 
 
II. Objets et thèmes du fantastique
 
Les objets du quotidien peuvent prendre vie grâce aux métaphores et aux comparaisons. Les objets du quotidien deviennent ainsi de véritables personnages.
Le fantastique raconte souvent le face-à-face d’un personnage et de son double. Ce face-à-face représente le combat entre le Bien et le Mal. Le double peut incarner soit la conscience morale soit les mauvais penchants de l’individu. C’est notamment le cas de L’Etrange Cas du docteur Jekyll et Mister Hyde de Robert Louis Stevenson.
Un récit fantastique met en scène des créatures inquiétantes et maléfiques : fantômes, savants fous, vampires, loup-garous, zombies, monstres, démons.
Le diable se manifeste sous des apparences variées. On ne le reconnaît pas tout de suite, mais ses vêtements, son regard, son allure, son comportement le trahissent. Le diable est celui qui séduit les hommes et les poussent au mal. Grâce à un pacte entre le diable et les hommes, le diable offre, en échange de leur âme, la jeunesse, l’immortalité, le savoir infini, le pouvoir, la richesse, jusqu’au jour où il vient réclamer son dû.
 
 
III. La mise en scène du fantastique
 
Ouvrir une porte, passer de l’autre côté du miroir, être entraîné dans un vortex, ouvrir un livre : il existe de multiples façons de basculer du monde réel dans le monde fantastique.
 
A. Décors
 
Très souvent, les auteurs de fantastique privilégient certains décors : château abandonné, maison hantée, forêt ensorcelée, caves, catacombes, cimetières, mais aussi salon ou chambre à coucher.
 
B. La voix
 
Le récit fantastique est très souvent à la première personne du singulier. Cela permet de communiquer plus facilement au lecteur la souffrance et les doutes du narrateur. Le protagoniste-narrateur est bien souvent un personnage seul, exclu et fragile.
 
 
C. Le temps
 
Dans un récit fantastique, la scène se passe le plus souvent la nuit, dans le brouillard, ou en automne, quand les arbres commencent à perdre leurs feuilles.



 

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