Scénario de la comédie musicale d'après l'Odyssée d'Homère

Publié le

Année scolaire 2010-2011 – Collège Jules Vallès de Saint-Leu-d'Esserent

Niveau sixième : réaliser une comédie musicale autour de L'Odyssée d'Homère

 

L'ODYSSEE D'APRES HOMERE

REVUE ET CORRIGEE PAR LA 6eC

SCENARIO DE LA COMEDIE MUSICALE

 

 

ACTE I : l'arrivée d'Ulysse chez Calypso, récit de la guerre de Troie, de la mésaventure avec le Cyclope, du chantage de Circé

 

SCENE 1 : Ulysse arrive chez Calypso qui l'accueille et il lui raconte la guerre de Troie.

 

ULYSSE : Où suis-je ? Quelle est cette île ? Suis-je arrivé au pays des Morts ?

Une femme entourée de ses fidèles servantes apparaît sur la scène et s'approche, derrière Ulysse.

Cette femme n'est autre que Calypso.

CALYPSO : Je suis la nymphe Calypso. Tu es sur mon île. Sois le bienvenu ! Tu es mon invité ! (les servantes rient entre elles et n'osent pas s'approcher d'Ulysse) Ne prends pas ombrage de l'attitude de mes servantes. Elles n'ont jamais jusqu'à ce jour vu un homme, un vrai, en chair et en os. (à ses servantes ) Apportez lui les soins nécessaires, séchez-le et habillez-le avant de l'accueillir dans ma caverne enchantée !

Les servantes l'habillent, lui donnent une couverture, lui donnent à manger.

Ulysse s'endort dans un coin de la scène. Il fait des cauchemars. Il se réveille en hurlant :

ULYSSE : Non !

Calypso revient sur scène et relève Ulysse.

CALYPSO : Que se passe-t-il ? Me diras-tu ce qui te tourmente ainsi ? Je suis là pour t'aider et te protéger. Avec moi, tu n'as rien à craindre. Dis-moi qui tu es réellement. Raconte-moi toutes tes aventures. Libère-toi de tes soucis en libérant ta parole. Je suis ta confidente.

ULYSSE : Mon nom est Ulysse. Je suis un guerrier grec. J'ai dû quitter mon royaume, sur l'île d'Ithaque, pour partir en guerre contre le royaume de Troie. Nous y sommes restés plus de dix ans. Les combats étaient atroces. Beaucoup d'entre nous furent tués et ne purent jamais revoir les rivages de leur patrie.

 

 

SCENE 2 : Ulysse raconte à Calypso le combat contre le Cyclope

 

CALYPSO : Mon pauvre Ulysse, comme tu as souffrir !

ULYSSE : Plus que tu ne l'imagines.

CALYPSO : Mais comment se fait-il que tu n'es pas retourné chez les tiens si tu es sorti vainqueur de la guerre de Troie ?

ULYSSE : Sur le chemin du retour, mes compagnons et moi, nous avons trouvé une île mystérieuse, sur laquelle régnait un monstre : le Cyclope Polyphème. Il s'agit d'un géant qui ne possède qu'un seul oeil, et qui se nourrit uniquement de fromage et de chair humaine. Son père n'est autre que Poséidon. Et nous lui avons crevé l'oeil.

CALYPSO : Poséidon n'a pas du apprécier le sort réservé à son propre fils.

ULYSSE : C'est pour se venger de l'affront fait à son fils que Poséidon nous a empêchés, mes compagnons et moi, de retourner sur l'île d'Ithaque. Cela fait maintenant plusieurs années que j'erre sur les mers, à la recherche de ma patrie, et j'ignore si je la retrouverai un jour.

CALYPSO : Mais comment as-tu fait pour crever l'oeil d'un monstre tel que le cyclope ?

ULYSSE : Voilà comment cela s'est passé...

 

Ulysse et ses compagnons marchent sur la scène et découvrent au centre de quoi manger en grande quantité. Ils s'assoient et commencent à manger. Soudain le Cyclope arrive.

POLYPHEME : Qui ose profaner ma demeure ?

Ulysse et les compagnons, surpris, sont d'abord inquiets. Les compagnons se protègent derrière Ulysse qui prend la parole.

ULYSSE : Nous ne sommes que des Grecs. Nous revenons de la guerre de Troie. Mais nous nous sommes perdus sur le chemin du retour. C'est pourquoi nous te demandons de nous offrir l'hospitalité, en vertu des lois sacrées qui imposent d'accueillir les étrangers en perdition.

POLYPHEME : Es-tu sot, étranger ? Penses-tu que j'ai peur des dieux et des lois sacrées ? Regarde comment j'accueille les étrangers dans ma maison !

Il prend une épée et frappe d'un coup deux compagnons d'Ulysse. Pris de terreur, les autres compagnons d'Ulysse se recroquevillent derrière Ulysse, lui-même terrifié par tant de cruauté aveugle.

ULYSSE : Non !

POLYPHEME : Vous êtes à présent mes prisonniers et ma nourriture !

ULYSSE : Mais vous ne pouvez pas faire ça !

POLYPHEME : Et pourquoi donc ? Je fais honneur à mes invités en les mangeant ! Ah ! Ah ! Ah !

ULYSSE : Mais les hommes ne doivent pas manger d'autres hommes !

POLYPHEME : Je ne suis pas un homme ! Je suis un cyclope ! Ah ! Ah ! Ah !

Le cyclope s'en va pour faire paître ses moutons.

COMPAGNON 1 : Je vais attendre qu'il revienne, et dans son sommeil, je l'étriperai !

COMPAGNON 2 : Je vais lui enfoncer mon épée dans son coeur !

ULYSSE : Et comment ferons-nous pour quitter cette grotte ? Je vous rappelle que nous sommes ses prisonniers ! Et lui seul peut ouvrir la porte de la grotte !

COMPAGNON 3 : Que proposes-tu alors, puisque tu es si rusé ?

ULYSSE : Nous allons attendre qu'il revienne. Nous lui ferons goûter notre vin, et lorsqu'il sera endormi par l'alcool, nous lui transpercerons l'oeil.

COMPAGNON 4 : Excellente idée ! Je m'en réjouis d'avance !

Le cyclope revient.

ULYSSE : Tiens, Cyclope, bois ça, tu m'en diras des nouvelles ?

POLYPHEME : Qu'est-ce que c'est ?

ULYSSE : C'est du vin, la boisson des dieux !

POLYPHEME : Mmmm....C'est bon ! Donne-moi encore de ce délicieux breuvage !

Ulysse lui redonne à boire. Polyphème boit toute une bouteille.

POLYPHEME : Mmmm...C'est vraiment exquis. Demain, je mangerai ta tête pour te remercier de m'avoir fait découvrir ton vin.

ULYSSE : Mais bien entendu.

POLYPHEME : Mais, dis-moi, quel est ton nom ? Que je connaisse le nom de celui qui aura l'honneur d'être ma prochaine victime !

ULYSSE : Mon nom est Personne.

POLYPHEME : Eh bien, Personne, demain, je te mangerai !

Le cyclope s'endort. Ulysse et ses compagnons en profitent pour prendre une lance et lui crever l'oeil. Le cyclope hurle, se lève et ouvre la porte de sa grotte pour avertir les autres cyclopes de l'île.

POLYPHEME : Ahhh ! On m'a crevé l'oeil ! Je ne vois plus rien ! Mon oeil ! Mon pauvre oeil !

Pendant ce temps, Ulysse et ses compagnons parviennent à s'enfuir et quittent la scène. Polyphème reste seul sur scène.

DES VOIX : Qui t' a crevé l'oeil, mon frère !

POLYPHEME : C'est Personne ! Personne m'a crevé l'oeil !

DES VOIX : Tu as fait un cauchemar, Polyphème ! Rendors-toi et cesse de nous déranger !

 

 

 

SCENE 3 : Ulysse rencontre Circé

 

ULYSSE : Nous étions libérés de cet horrible monstre. Mais nos malheurs ne faisaient que commencer.

CALYPSO : Que s'est-il passé ensuite ? Comment Poséidon s'est-il vengé ?

ULYSSE : Poséidon nous a poussés vers les rivages d'une île inconnue, sur laquelle régnait une sorcière, aussi diabolique que séduisante...

CALYPSO : Comment s'appelle cette sorcière ?

ULYSSE : Cette sorcière s'appelle Circé. Elle a transformé mes compagnons en véritables cochons. Et cette femme était terriblement belle. Belle et dangereuse.

CALYPSO : As-tu eu une aventure avec cette créature ?

ULYSSE : Je vais te raconter...Je marchais inquiet, anxieux et intrigué, car je ne savais pas sur quelle terre je me trouvais. Après la disparition de mes compagnons, je décidai de partir à leur recherche, chez la sorcière Circé. Euryloque, mon fidèle serviteur, m'avait raconté le sort que cette magicienne cruelle avait infligé à mes amis. Sur le chemin, je rencontrai  Hermès, le messager des dieux.

 

HERMES : Mon cher Ulysse, je t'offre cette plante magique. Avec ceci, tu pourras résister au pouvoir maléfique de Circé. Elle en sera impressionnée. (Hermès se penche à l'oreille d'Ulysse pour lui confier quelque chose en secret, et Ulysse est choqué).

ULYSSE : Je me sacrifierai pour revoir mes amis.

HERMES : C'est bien, tu es un brave guerrier. Tu as du cœur. Tu seras récompensé pour ta bravoure.

ULYSSE : Hermès, je te remercie pour ces conseils, même si je continue à me méfier des dieux.

Hermès quitte la scène. Circé apparaît.

CIRCE : Sois le bienvenu dans ma vaste demeure, bel étranger. Viens à mes côtés boire une coupe de ce délicieux breuvage.

ULYSSE : Je te remercie, belle inconnue.

Ulysse boit le breuvage. Circé observe la scène. Rien ne se passe. Ulysse ne dit rien. Circé finit par comprendre qui est son invité.

CIRCE : Est-ce toi le fameux Ulysse dont m'ont parlé les dieux ?

ULYSSE : Oui, je suis Ulysse. Où sont mes compagnons ?

CIRCE : Tes compagnons ? Quels compagnons ? Je ne vois pas de quoi tu parles.

ULYSSE : Je sais très bien qu'ils sont là, car Euryloque, un de mes compagnons, s'est enfui et m'a tout raconté.

CIRCE : D'accord, si tu tiens tant à tes camarades, tu pourras les revoir, mais à une seule et unique condition :

ULYSSE : Quelle condition ?

CIRCE : Tu m'offres une nuit d'amour et tu reverras tes compagnons.

ULYSSE : Je veux bien, mais il faut que tu me le promettes.

CIRCE : Tu verras bien. De toute façon, tu n'as pas le choix si tu veux les revoir.

ULYSSE : Tu ne sais pas à qui tu as affaire.

CIRCE : Mais si, je te connais. Tu es le roi d'Ithaque, le plus rusé des Grecs. Tu as remporté la victoire à Troie grâce à ta bravoure et à ton intelligence. Et puisque tu es intelligent, tu sais ce qu'il te reste à faire...

(Ulysse et Circé quittent la scène, un moment de silence, puis il réapparaissent)

CIRCE : A présent, il est temps de manger. Je suppose que tu as faim...

(Ulysse reste sans bouger et ne touche à rien. Il est triste)

CIRCE : Qu'y a-t-il Ulysse ? N'as-tu pas faim ? Tu as de la viande, du fromage et du vin servi par mes nymphes.

ULYSSE : Comment veux-tu que je mange, alors que tu n'as toujours pas tenu ta promesse ? Je t'ai tout donné, alors tiens ta promesse.

CIRCE : Puisque tu insistes, et que tu préfères la compagnie de tes amis plutôt que la mienne, les voici !

(Ulysse découvre ses compagnons qui se goinfrent comme des porcs).

ULYSSE : Mais qu'as tu fait à mes amis ! Ce ne sont plus des guerriers, mais de véritables porcs ! Levez-vous ! Tenez-vous droit ! De la discipline ! Vous êtes des humains, pas des bêtes !

 

 

 

ACTE II : départ de l'île de Calypso, l'assemblée des Dieux se réunit pour décider du sort d'Ulysse, arrivée d'Ulysse chez Nausicaa qui persuade son père d'accueillir le naufragé

 

SCENE 2 : Calypso rend la liberté à Ulysse sous la pression d'Hermès, porte-parole des dieux

 

CALYPSO : Mais pourquoi me dis-tu ça ?

HERMES : C'est un ordre de Zeus. Tu n'as pas le choix.

CALYPSO : Je n'obéirai pas à cet ordre. Je n'obéis qu'à mon cœur. J'aime Ulysse. Tel est mon désir.

HERMES : Tes désirs font désordre.

CALYPSO : Mais j'aime Ulysse ! Pourquoi les dieux veulent-ils me l'enlever ? Je le garde, il est à moi ! C'est moi qui l'ai accueilli, sauvé, aidé, nourri et rendu heureux !

HERMES : Ni dieu ni déesse ne peut désobéir à un ordre de Zeus ! Ulysse n'est pas ton jouet. Il n'est pas à toi. Il a une femme et un fils qui l'attendent depuis 17 ans déjà. Il doit retourner chez lui. Tel est son destin.

Hermès disparaît de la scène.

ULYSSE : (il pleure, il gémit) : Calypso, je n'en peux plus, je veux partir, rentrer chez moi.

CALYPSO : Ton vœu est exaucé : tu peux rentrer chez toi. Pars, puisque tel est ton désir !

ULYSSE : Pendant sept ans, tu m'as empêché de partir. Pourquoi aurais-je soudain l'autorisation de quitter ta prison dorée ?

(Silence gêné de Calypso)

ULYSSE : C'est Hermès, n'est-ce pas ? Les Dieux t'ont imposé ma libération !

CALYPSO : Mais ne t'ai-je pas rendu heureux toutes ces années ?

ULYSSE : (hésitant) : Je te remercie pour ton hospitalité. Mais tu ne peux pas remplacer ma famille.

CALYPSO : Si tu restes, je t'offrirai l'immortalité. Ta femme a vieilli. Es-tu sûr de vouloir retrouver ta femme vieille et enlaidie par les années ?

ULYSSE : C'est vrai, mais elle reste toujours ma femme et la mère de mon fils.

CALYPSO : Si tu pars maintenant, seul, sur la mer, tu risques de mourir.

ULYSSE : Même si je meurs au cours de mon odyssée, ma famille restera dans mon cœur.

CALYPSO :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SCENE 2 : Le jugement des Dieux

 

Dans le tribunal, le bruit règne. Personne ne s’entend et tout le monde crie. Le brouhaha est tellement fort que nul ne s’aperçoit que Zeus est arrivé.

ZEUS : Silence dans la salle ! L’audience va commencer. Je rappelle que nous sommes ici pour savoir si nous devons laisser Ulysse retourner chez lui, ou bien le faire mourir en mer ! Pour débuter, nous allons voir qui est pour ou contre Ulysse. Poséidon, qui est avec toi ?

POSEIDON : J’ai un camp fort et solide, puissant Zeus, car j’ai avec moi Hélios…

HELIOS : Il a tué mes vaches !

POSEIDON : … Apollon, Artémis et Aphrodite !

ZEUS : Très bien. Et toi, Athéna, ma fille ?

ATHENA : Hermès, Hestia, Héra et Eole me soutiendront, Père.

ZEUS : Alors que le débat commence ! Exposez vos faits. Poséidon, quel est ton premier argument ?

POSEIDON Poséidon se lève brusquement et prend la parole avant même qu’Athéna ne puisse réagir. Ulysse est un homme cruel et mesquin. De plus, il a crevé l’œil de…

ATHENA : Oui, mais il est solidaire et fait preuve d’abnégation. Il a combattu l’affreuse Circé et ce fichu Cyclope ! N’est-il pas assez courageux pour vous persuader qu’il doit rentrer chez lui, à Ithaque ?

POSEIDON : Je t’interdis de parler de mon fils comme tu viens de le faire ! Ulysse lui a crevé l’œil et tu voudrais qu’il rentre à Ithaque ? Non, mais dites-moi que je rêve ! Je veux qu’Ulysse paie pour toutes les cruautés qu’il a commises !

HELIOS (pleurnichant comme un bébé) : Il a tué toutes mes vaches !

POSEIDON : Ulysse a fait de mon fils un aveugle et l’a rendu fou. Il n’arrête pas de dire : « C’est personne qui m’a crevé l’œil, je vais tuer personne ! »

EOLE : Ulysse n’a-t-il pas fait une fois de plus preuve de beaucoup de ruse ? Il n’a pas dévoilé son nom, il a endormi ton fils avant de lui crever l’œil, et a même trouvé le moyen de s’enfuir !

ARTEMIS : Ce n'est qu'une ruse de vieux chasseur lâche et perfide !

POSEIDON : Endormi ? Il l’a saoulé à mort oui ! C’est indigne de sa part ! On ne va pas chez les gens pour les saouler et leur crever un œil !

ATHENA : ça suffit ! Ton fils méritait son châtiment ! Il a dévoré presque tous les compagnons d’Ulysse ! Quand on reçoit des invités, il n’est dit nulle part qu’il faut les massacrer et les manger !

HELIOS (pleurnichant) : Il a tué mes vaches !

ZEUS  en colère et frappant du marteau : Arrêtez un peu vos enfantillages ! Vous vous entendez chamailler comme des enfants ?

HELIOS (boude) : Il a tué mes vaches !

ZEUS : Vous n’êtes plus à la crêche ! Un peu de sérieux tout de même ! (Zeus reprend son calme et dit d’une voix sonore mais posée) Bien, je vous écoute, continuez je vous prie !

ATHENA : Père, vous savez que j’aime beaucoup Ulysse. Je reconnais qu’il a commis des erreurs, comme tout le monde. Mais si vous saviez, Père…Ulysse a combattu les monstres marins, Charybde et Sylla, et bien d’autres créatures encore, plus cruelles que lui. Et je sais aussi que par moments, il ne respecte pas vraiment les dieux et les sacrifices, mais, au fond de vous, Père, je suis certaine que vous pensez qu’Ulysse est un héros intelligent, rusé, et qui fait preuve de combativité. Parce qu’il est le premier homme à se servir de son intelligence et pas seulement de sa force, il est de mon devoir de le protéger et de l’aider à rentrer chez lui !

POSEIDON : Ulysse n’est pas un homme ! C’est une bête qui ne respecte pas l’hospitalité ! Il est rusé, certes, mais sa ruse est au service de sa cruauté. Regardez ce qu’il a fait à Troie ! Il a noyé cette puissante cité dans un bain de sang ! Du sang des innocents, des femmes, des enfants, massacrés pendant leur sommeil ! C’est un meurtrier, un criminel de la pire espèce ! J’en appelle à Aphrodite et Apollon qui sont d’accord sur ce point : Ulysse est un monstre ! Le massacre d’innocents est un crime qui ne doit pas rester impuni ! Ulysse mérite la mort !

HELIOS (hurlant) : Il a tué mes vaches !

APOLLON (consolant Hélios avec Aphrodite) : Parfaitement !

APHRODITE : Il a tué des femmes et des enfants sans aucun scrupule, alors que ces victimes innocentes étaient au paroxysme de la peur. Il n’a fait aucune exception.

ARTEMIS : Ulysse est un criminel de guerre !

ATHENA : Il a fait preuve d’une ruse légendaire. C’est lui qui a créé le cheval de Troie, afin de gagner la guerre et de retrouver la paix ! Cela prouve qu’il est un guerrier redoutable qui met sa ruse au service de la paix ! On ne peut pas perdre un tel soldat ! Ce serait une grosse sottise !

ZEUS : Certes, Athéna, Ulysse est un grand guerrier, mais massacrer des enfants en pleine nuit est vraiment un crime horrible !

 POSEIDON : Et par-dessus le marché, il est infidèle : Ulysse a eu des aventures avec presque toutes les filles qu’il a rencontrées en cours de route : Circé et Calypso par exemple !

HELIOS : Et il a tué mes vaches !

ATHENA : Mais s’il a dû coucher avec ces femmes, c’est qu’il n’avait pas le choix ! Il a couché avec Circé pour sauver ses camarades ! Hermès peut le confirmer !

HERMES : C’est vrai. Ulysse s’est sacrifié pour ses compagnons. Il a eu le courage d’aller dans le palais de la sorcière, seul. Lorsque je lui ai donné la fleur protectrice, je l’ai prévenu que ce qu’il allait faire serait dangereux, et il m’ a répondu que pour ses amis, il irait quand même jusqu’au bout, dût-il en mourir !

APOLLON : Peut-être, mais il avait l’air heureux dans le lit de Circé !

EOLE : Il n’avait pas le choix ! C’est par fidélité qu’il a dû commettre un adultère !

HESTIA : La fidélité envers son épouse est un devoir sacré. Ulysse reste fidèle dans son cœur à Pénélope !

APHRODITE : Fidèle, lui ? Ha ! Ha ! Ha ! Il n’est pas fidèle du tout ! Il a abandonné son fils et sa patrie pour la gloire et le sang ! Et il a couché avec des femmes qu’il ne connaissait pas !

HERA : Il est en tous les cas plus fidèle que toi, et que nous tous réunis ici ! J'en connais beaucoup parmi vous qui pourraient prendre exemple sur lui !

APHRODITE : Si pour vous coucher avec plusieurs femmes, c'est être fidèle, alors oui, Ulysse est un modèle de fidélité !

HERMES : Aphrodite, comment peux-tu ne pas protéger Ulysse alors qu’il déborde d’amour envers les siens ?  De plus, Circé lui a laissé le choix de rester avec elle, pour vivre comme un cochon, ou bien de partir. Ulysse a préféré partir plutôt que de vivre comme un cochon ! C’est un modèle pour tous les êtres humains ! Il est rare de trouver un homme comme lui, un homme qui accepte sa condition !

HERA : C'est vrai, les hommes fidèles se font rares ces temps-ci.

ATHENA :  Quant à Calypso, je vous rappelle qu’il était son prisonnier pendant plus de sept longues années ! Sept années loin des siens ! Sept années passées dans la solitude, l’isolement, séparé de Pénélope, de son fils Télémaque et de sa patrie, Ithaque ! En réalité, Ulysse aime Pénélope à en mourir ! Ses amis lui manquent, ainsi que sa famille et son île. Je vous en prie, ayez pitié d’un homme qui a tout perdu, et laissez-le rentrer chez lui !

HESTIA : Ce sont Calypso et Circé qui sont coupables d’avoir corrompu Ulysse ! Elles l’ont contraint de tromper son épouse par égoïsme !

POSEIDON : C’ est Ulysse qui est égoïste, reconnaissez-le ! Ouvrez les yeux bon sang ! Il est orgueilleux et se croit supérieur aux dieux à cause de sa ruse et de son intelligence !

APOLLON : Il ne mérite pas de retrouver sa patrie !

ARTEMIS : Il a exterminé tout un peuple ! Il détruit tout ce qu'il touche !

POSEIDON : Il a crevé l’œil de mon fils !

HERMES : Il ne faisait que se défendre !

APHRODITE : Il a massacré les Troyens !

HELIOS : Il a tué mes vaches !

ZEUS : Silence !

ATHENA : Non, Ulysse ne se croit pas supérieur aux dieux ! Désormais, il accepte sa condition d’être un simple humain et surtout, il refuse l’immortalité que lui a proposée Calypso. Et ça, c’est une magnifique preuve d’amour envers Pénélope ! Il préfère vieillir et mourir auprès de Pénélope plutôt que de vivre éternellement avec une divine créature ! Pensez à toutes les personnes qui attendent son retour : son père, son fils, son épouse, sa nourrice…

HESTIA : Si nous empêchons Ulysse de retourner à Ithaque, c’est Pénélope qui souffrira le plus. Cette pauvre femme a assez souffert et ne mérite pas de connaître un tel sort !

HERA : Si vous n'êtes pas capable de pardonner Ulysse, ayez au moins pitié de son épouse !

ZEUS : Ce débat touche à sa fin. J’ai écouté chacun d’entre vous avec la plus grande attention.  Voici le verdict : Athéna, ma fille, tu m’as convaincu. Je suis entièrement d’accord avec ta proposition. Si ton souhait est que ce brave guerrier retourne chez lui, qu’il en soit ainsi ! Ulysse est solidaire, rusé et intelligent. Il a appris à se conduire en humain. Il mérite de retourner parmi les siens. Mais pour satisfaire tout le monde, Ulysse devra traverser encore de nombreuses épreuves pour rentrer chez lui. (Zeus tape sur la table avec son marteau pour entériner sa sentence) Chronos !

CHRONOS : Oui, Maître ?

ZEUS : Toi qui es le dieu du passé, du présent et de l’avenir, dis-nous ce qui se passera si Ulysse repart chez lui !

CHRONOS : C’est très flou. Il y aura une grande bataille. Mais je n’en sais pas plus.

ZEUS : Merci Chronos. Désormais, le destin d’Ulysse dépend de lui-même et des hommes qui vont l’entourer.

 

 

SCENE 3 : Ulysse arrive chez Nausicaa. Dispute entre Nausicaa et son père au sujet du droit à l'hospitalité : faut-il accueillir Ulysse ?

 

Ulysse se réveille, à la suite de son naufrage.

ULYSSE : Où suis-je ? Quel est ce pays ?

Nausicaa apparaît accompagnée de ses servantes en train de jouer à la balle. La balle tombe aux pieds d'Ulysse. Les servantes sont effrayées. Mais Nausicaa est la seule à ne pas avoir peur. Elle s'approche d'Ulysse pour l'interroger et l'accueillir.

NAUSICAA : Bonjour, je m'appelle Nausicaa. Et toi, qui es-tu ? Es-tu l'homme mystérieux dont les dieux m'ont parlé en rêve ?

ULYSSE : O charmante inconnue, es-tu une simple mortelle, ou bien une divinité fatale ?

NAUSICAA : Je ne suis qu'une femme, simple mortelle parmi les mortels. Cela vous dérange ?

ULYSSE : Au contraire, j'en suis heureux. Au cours de mes voyages, j'ai rencontré trop de divinités qui se sont moquées de moi.

Nausicaa adresse un regard plein de tendresse à l'égard de l'étranger.

NAUSICAA : Viens avec moi. Tu es dans le dénuement. Il est de mon devoir de t'aider et de t'offrir l'hospitalité.

ULYSSE : Je te remercie pour ton offrande généreuse, belle créature.

 

La scène se passe dans le palais du roi Alcinoos, le père de Nausicaa. Alcinoos trône sur son siège royal. Il a l'air méchant, méfiant et suspicieux.

ALCINOOS : Qui est cet étranger ? De quel droit accueilles-tu des inconnus dans mon royaume ?           

NAUSICAA : C'est un naufragé, et nous devons lui offrir l'hospitalité.

ALCINOOS : Et puis quoi encore ? Si nous commençons à accueillir tous les naufragés de la terre, nous allons être envahis par des immigrés. De plus, c'est peut-être un meurtrier ou un voleur, et je ne veux pas qu'il te fasse du mal.

NAUSICAA : C'est un risque à prendre, car c'est notre devoir d'accueillir les étrangers dans le dénuement.

ALCINOOS : Mon premier devoir en tant que roi est d'assurer la sécurité du royaume. Et je ne veux pas que mon royaume devienne un camp de vacances pour immigrés !

NAUSICAA : Il est aussi de ton devoir de montrer à ton peuple que tu es bon et hospitalier. Tu dois être un exemple pour ton peuple !

ALCINOOS : Mais on ne sait pas qui il est ni d'où il vient ! Et de quel droit me dictes-tu mes devoirs ?

NAUSICAA : Montre aux dieux que tu es un bon roi. Le devoir d'offrir l'hospitalité est sacré. Montre aux dieux qu'ils n'ont pas fait d'erreur en te permettant d'être roi !

ALCINOOS : Je n'ai pas besoin des dieux pour commander mon peuple et réussir dans la vie ! Personne n'est supérieur à moi, ni mon peuple, ni toi, ni les dieux !

NAUSICAA : Tu n'es qu'un orgueilleux ! Ce défaut est indigne d'un roi ! N'oublie pas la leçon de Philémon et Baucis !

ANTINOOS : Philémon et Baucis ? Qui sont ces deux métèques ?

NAUSICAA : Ces deux métèques, comme tu les appelles, étaient deux pauvres vieillards qui ont eu le mérite d'accueillir généreusement deux mendiants. Et ces deux mendiants n'étaient autres que Jupiter et Mercure eux-mêmes !

ALCINOOS (en colère) : Balivernes !

NAUSICAA : En accueillant des mendiants, sans savoir qu'il s'agissait des dieux, Philémon et Baucis furent récompensés.

ALCINOOS : Mais crois-tu vraiment que ce naufragé abandonné est un dieu, avec l'odeur qu'il dégage ?

NAUSICAA : Même si ce n'est pas un dieu, il faut l'accueillir. Philémon et Baucis ignoraient totalement que les mendiants qu'ils avaient accueillis étaient des dieux.

ALCINOOS : Mais enfin, ma fille, reprends-toi ! Qui t'a mis ces idées et ces histoires dans ta tête ?

NAUSICAA : Mais c'est toi, père, qui as choisi les professeurs qui m'ont enseigné ces légendes anciennes et ces croyances religieuses!

ALCINOOS : Je suis le roi, et c'est moi qui décide !

NAUSICAA : Les commandements des dieux sont supérieurs aux ordres d'un roi, en particulier quand le roi n'obéit pas aux dieux.

ALCINOOS : Les Grecs et les Romains doivent peut-être accueillir des étrangers, mais nous, nous sommes des Phéaciens, et nous avons nos propres lois !

NAUSICAA : Mais il y a un Dieu au-dessus de tous les autres dieux : il s'agit du Dieu dont parle la Bible, et son commandement est supérieur à tous les autres : nous devons accueillir et secourir les étrangers en détresse !

ALCINOOS : De quoi parles-tu ? Quel est ce Dieu tout-puissant ?

NAUSICAA : Le Dieu dont je parle est unique. La Bible, le livre sacré des Hébreux, parle d'un vieil homme et de sa femme, Abraham et Sarah.

ALCINOOS : Encore une histoire à dormir debout !

NAUSICAA : Écoute mon histoire. Elle est pleine de vérité. Un jour, Abraham vit trois étrangers et se jeta à leurs pieds pour leur offrir l'hospitalité. Sa femme leur donna à manger.

ALCINOOS : Il les a accueillis tous les trois alors qu'il ne les connaissait pas ? Et puis ?

NAUSICAA : Oui, père, c'était leur devoir, à eux comme à nous. Ces étrangers ont eu à boire et à manger. Pour remercier le vieux couple, les étrangers leur ont donné la plus belle chose au monde : le don miraculeux d'un enfant. Une nouvelle vie pour féliciter leur hospitalité.

ALCINOOS : Est-ce vrai qu'ils ont eu un enfant ?

NAUSICAA : C'était la récompense divine que seul Dieu peut accomplir.

ALCINOOS : C'est touchant. Tu crois que si on accueille cet étranger, nous aussi nous serons récompensés ?

NAUSICAA : Oui, ça vaut le coup d'essayer, d'autant plus que si l'on se met à refuser tous les étrangers, nous risquons d'être très mal vus par nos voisins. En outre, si nous rejetons les étrangers, la population du royaume va diminuer, nos habitants vont vouloir partir, et le commerce va également diminuer. Si tu veux donc sauver ton royaume et assurer sa sécurité et sa prospérité, il faut accueillir les réfugiés qui en ont besoin.

ALCINOOS : D'accord, tu m'as convaincu, on accueillera cet étranger.

 

 

 

 

 

 

 

ACTE III : Retour d'Ulysse à Ithaque, Ulysse retrouve son fils Télémaque, combat d'Ulysse et de Télémaque contre les prétendants qui ont abusé de son hospitalité, retrouvailles entre Ulysse et Pénélope

 

SCENE 1 : Ulysse revient enfin à Ithaque et retrouve son fils Télémaque

 

Ulysse se promène seul sur la scène. Il contemple son pays natal.

ULYSSE : Ithaque ! Enfin ! Après toutes ces années ! Vingt années de souffrance et d'errance, de misère et de mort ! Je te retrouve enfin, ô ma terre natale !

Télémaque arrive derrière et interpelle Ulysse.

TELEMAQUE : Qui va là ? Qui es-tu ? Sors ton arme, et défends-toi, si tu es un homme !

Ulysse croit reconnaître son fils, mais il n'en est pas sûr. Il sort son épée pour se défendre.

Télémaque l'attaque. Ils se battent.

ULYSSE : La force est avec toi, jeune prince. Mais tu n'es pas encore un vrai guerrier. Qui es-tu ?

TELEMAQUE : Je suis Télémaque, fils d'Ulysse. Télémaque frappe Ulysse qui se défend.

ULYSSE : Tu te défends bien, jeune prince. Ton destin est lié au mien. Pénélope, ta mère, le sait.

TELEMAQUE : Comment connaissez-vous ma mère ? Etes-vous encore un de ses prétendants ?

ULYSSE : Non.

TELEMAQUE : Alors qui êtes-vous ? Ne m'obligez pas à vous tuer.

ULYSSE : Télémaque, tu ne réalises pas encore ton importance. Tu commences juste à découvrir ton pouvoir. Sois mon allié, et je terminerai ta formation.

TELEMAQUE : Mais enfin qui êtes-vous ? De quoi parlez-vous ? Jamais je ne serai au service d'un inconnu !

ULYSSE : Si nous associons nos forces, nous mettrons fin à la tyrannie destructrice des prétendants qui hantent le royaume ! Nous ramènerons l'ordre sur Ithaque.

TELEMAQUE : Jamais !

ULYSSE : Si seulement tu savais qui j'étais ! Ta mère ne t'a jamais dit ce qui était arrivé à ton père.

TELEMAQUE : Mon père ? Mon père est mort !

ULYSSE : Non ! Je suis...ton père !

TELEMAQUE (s'effondre) : Non ! Non ! Ce n'est pas vrai ! C'est impossible !

ULYSSE : Lis dans ton coeur, tu sauras que c'est vrai.

TELEMAQUE : Non ! Non !

ULYSSE (il enlève son casque) : Télémaque, tu peux détruire les prétendants. Les dieux l'ont prévu. Tel est ton destin. Sois mon allié, et ensemble, nous pourrons régner sur Ithaque, comme père et fils. Viens avec moi. Il n'y a pas d'autre issue.

 

SCENE 2 : scène de combat : Ulysse et Télémaque combattent les prétendants. (musique du Parrain de Coppola)

 

SCENE 3 : Les retrouvailles d'Ulysse et Pénélope

 

EURYCLEE : Pénélope ! Pénélope ! Ton époux, Ulysse, est de retour !

PENELOPE : Ma chère Euryclée, comme tu es naïve ! Et comme j'aimerais que tu aies raison ! Allons voir qui est le mystérieux personnage qui se prend pour mon époux.

Ulysse arrive sur scène. Pénélope reste éloignée.

TELEMAQUE : Mère ! Comme tu es cruelle ! C'est ainsi que tu accueilles ton mari après toutes ces années ?

PENELOPE : Peut-être que cet homme est mon mari. Mais peut-être pas. Laisse-moi en être la seule juge.

ULYSSE : Télémaque, calme-toi. Il est normal que ta mère réagisse ainsi. Sale et vieux comme je suis, il est difficile de me reconnaître.

PENELOPE : Laissez-moi seul avec lui.

Euryclée et Télémaque quittent la scène.

ULYSSE : Ai-je risqué ma vie pendant toutes ces années pour retrouver une femme au coeur dur comme fer ? Est-ce ainsi que l'on accueille son époux du retour de la guerre ? Puisque c'est ainsi, que l'on me donne un lit, et que j'y dorme seul !

PENELOPE : Très bien, je vais te donner le lit qui est dans la chambre royale. Mais tu dois le porter dans la cellule que l'on te donnera.

ULYSSE : Ah ! Ah ! Ah !

PENELOPE : Pourquoi ris-tu, noble étranger ? Je te donne le lit du roi, n'est-ce pas assez ?

ULYSSE : Femme, il est impossible de déplacer ce lit.

PENELOPE : Pour quelle raison ?

ULYSSE : Souviens-toi, c'est moi qui l'ai construit à partir de l'olivier qui est au centre de la chambre. Il faudrait être un titan pour l'arracher. Tu ne te rappelles pas ? Nous avions décidé de construire la chambre autour de cet olivier.

PENELOPE (émue) : Oh ! Télémaque et Euryclée disaient donc vrai. Tu es Ulysse !

ULYSSE : Viens dans mes bras, ma tendre épouse.

Ils s'embrassent.

PENELOPE : Désormais, plus rien ne nous séparera.

 

FIN

 

 

 

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