niveau troisième : de la poésie lyrique à la poésie engagée

Séance 1
Support : They don't care about us de Michael Jackson
Objectif : comprendre la poésie engagée et sa force critique

Michael Jackson dans sa chanson veut faire passer un message : il lance un appel au secours en rendant responsable l'Etat de la violence, du racisme, de la guerre et des injustices. Le clip montre et accumule des images d'enfants affamés, de guerre, des étudiants chinois à Tien an Menh en 1989, de civils noirs frappés par des policiers aux Etats-Unis (émeutes de Watts en 1965 et de Los Angeles en 1992). Le chanteur est dans une prison. Il veut montrer ainsi que de nombreux innocents sont jetés en prison pour des raisons politiques. Peut-être aussi veut-il montrer que la société est emprisonnée par le racisme et la violence. La musqieu est relativement agressive. Le chanteur hurle à la fin. Michael Jackson utilise le champ lexical de la violence " battez-moi", "cassez-moi", "défoncez-moi", "frappez-moi", "donnez-moi des coups de pied" grâce à des verbes à l'impératif présent. Les personnages politiques qu'il invoque sont Roosevelt et Martin Luther King. Il est important de se battre contre la violence et le racisme car ces maux nous empêchent de vivre librement, dans l'amour, avec sa famille. Le je lyrique est ici au service de la poésie engagée : "J'ai une femme, et deux enfants qui m'aiment (...) pour l'amour de Dieu (...) libérez-moi."


Séance 2
Support : Testament de François Villon
Objectif : comprendre le rapport entre poésie lyrique et poésie engagée


François Villon parle de sa jeunesse dans ce poème. Il exprime des remarques et des regrets. Il regrette la fuite du temps : "je plains le temps de ma jeunesse", "Mes jours s'en sont allés errant". Le poète s'exprime en huitains (strophes de huit vers) composés d'octosyllabes, et de rimes alternées et suivies. La dominante de ce poème est lyrique mais Villon critique aussi la société. Il tente d'expliquer à son lecteur que ce sont la misère et la faim qui l'ont poussé à commettre des délits : "Nécessité fait gens méprendre/Et faim saillir le loup du bois." Le présent de vérité générale sert à renforcer sa critique.

Séance 3
Supports : dessin de Plantu sur le travail des enfants et Melancholia de Victor Hugo
Objectif : comprendre les outils d'écriture dans un poème engagé

Synthèse individuelle d'Emir :
Ces deux dessins sont réalisés par Plantu. Cela montre l'esclavage dans le monde. Ces deux dessins équivalent à la comparaison, car dans le premier dessin il y a un enfant riche alors que dans le deuxième dessin il y a un enfant pauvre. Cela montre un sentiment fort car l'enfant pauvre travaille pour que l'enfant riche joue. Le spectateur ressent de la tristesse, de la pitié envers ces deux dessins. L'arrière-plan des deux dessins est fort car derrière l'enfant riche il y a un ange alors que derrière l'enfant pauvre il y a de la fumée.

Melancholia de Victor Hugo (extrait)
«  Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?

Ces doux êtres pensifs, que la fièvre maigrit ?

Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?

Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules ;

Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement

Dans la même prison le même mouvement.

Accroupis sous les dents d'une machine sombre,

Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,

Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,

Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer.

Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue.

Aussi quelle pâleur ! La cendre est sur leur joue.

Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !

Ils semblent dire à Dieu : « Petits comme nous sommes,

« Notre père, voyez ce que nous font les hommes ! »

O servitude infâme imposée à l'enfant !

Rachitisme ! Travail dont le souffle étouffant

Défait ce qu'a fait Dieu ; qui tue, œuvre insensée,

La beauté sur les fronts, dans les cœurs la pensée,

Et qui ferait – c'est là son fruit le plus certain -

D'Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !

Travail mauvais qui prend l'âge tendre en sa serre,

Qui produit la richesse en créant la misère,

Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil !

Progrès dont on se demande : « Où va-t-il ? Que veut-il ? »

Qui brise la jeunesse en fleur ! Qui donne, en somme,

Une âme à la machine et la retire à l'homme !

Que ce travail, haï des mères, soit maudit !

Maudit comme le vice où l'on s'abâtardit,

Maudit comme l'opprobre et comme le blasphème !

O Dieu ! Qu'il soit maudit au nom du travail même,

Au nom du vrai travail, saint, fécond, généreux,

Qui fait le peuple libre et qui rend l'homme heureux ! »

Victor Hugo commence son poème par des questions rhétoriques pour embarrasser et attirer l'attention du lecteur (vers 1-3). Il utilise un vocabulaire mélioratif car il valorise les enfants qui sont pour lui sacrés : "l'âge tendre", la périphrase "doux êtres pensifs", "innocents", "anges". Le poète oppose "innocents", à "bagne" et "anges" à "enfer", ce qui produit un choc. L'auteur emploie une gradation pour désigner le lieu où travaillent les enfants : "prison", "bagne", "enfer". Cette gradation nous fait comprendre que le travail des enfants est insupportable. Dans le premier vers Hugo oppose "tous" à "seul" pour montrer que l'on enlève l'innocence et la joie de vivre aux enfants.

Ceux-ci travaillent "quinze heures" par jour. Hugo utilise un adverbe : "éternellement" et des groupes prépositionnels compléments circonstanciels de temps : "de l'aube au soir" pour montrer la durée insupportable du travail. Hugo utilise une allitération en "m" pour montrer la monotonie du travail : "meule", "mouvement", "éternellement", "même". Hugo, grâce à une métaphore filée (métaphore développée sur plusieurs vers) compare la machine à un monstre qui dévore les enfants. C'est donc aussi une personnification. La machine est un Minotaure ou un ogre artificiel : "monstre hideux qui mâche", "dents", "serre". Victor Hugo utilise un rejet (vers 10) pour dénoncer avec force le travail des enfants: "ils travaillent." L'assonance en "on" : "sombre", "monstre", "on", "ombre" renforce l'aspect terrifiant du monstre. Le poète emploie un parallélisme en répétant la même structure : "tout est d'airain, tout est de fer." pour insister sur la cruauté de la surexploitation.
 La phrase nominale (sans verbe) et exclamative "aussi quelle pâleur !" permet d'insister sur la souffrance physique des enfants. Hugo dénonce le travail des enfants car il détruit leur santé : "la cendre est sur leur joue". Par cendre, on peut entendre aussi la saleté, la poussière, mais aussi la mort. Les machines tuent les enfants et déforment leurs corps : "d'Apollon un bossu", "rachitisme". L'auteur utilise l'allitération en (f) pour montrer la difficulté qu'ont les enfants de respirer : "souffle", "étouffant", "défait", "fait".
Le travail des enfants est également mauvais pour l'intelligence , comme le montrent l'opposition "de Voltaire un crétin" et la rime riche "insensée/pensée". Hugo dénonce aussi le travail des enfants car il les condamne à la misère : "qui produit la richesse en créant la misère".
La valeur au nom de laquelle les hommes font travailler les enfants est le "Progrès" (vers 25). Les enfants sont considérés comme des outils : "Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil". L'enfant vit comme un animal. Il n'existe pas comme un être humain. Son humanité est niée.
La valeur au nom de laquelle Hugo dénonce le travail des enfants est "le vrai travail". Le travail des enfants est synonyme d'exploitation. Le "vrai travail" au contraire est synonyme de passion et d'épanouissement.
Le travail des enfants est enfin un "blasphème", c'est-à-dire une injure à Dieu. Car Dieu a créé l'humanité. Or le travail des enfants déforme l'humanité. Dieu nous recommande d'aimer et de protéger les enfants. A la fin, grâce à l'anaphore "maudit comme", Hugo s'exprime comme un prophète pour condamner le travail des enfants.

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