Du sang par Ambre

Publié le par Professeur L

Du sang...Je ne voyais que du sang ! Le sang des villageois, le sang des soldats, le sang de mes amis ! Pourquoi ? Pourquoi toutes ces horreurs ? La tranquillité régnait pourtant jusqu'à présent, jusqu'à ce qu'une explosion retentisse. Et là, tout se passa vite, très vite. Les maisons furent envahies, les habitants assassinés. Tous couraient et se battaient. Nos soldats combattaient avec fureur. Soudain, je relevai la tête : un soldat se tenait devant moi. Je ne savais pas de quel village il venait. Je ne voyais pas son bandeau. Mais à ses yeux, je compris qu'il était un ennemi. Il leva son arme, tranchante et déjà pleine de sang, et au moment où je m'attendais à mourir, mon tueur fut projeté à cent mètres loin de moi. Un jeune homme, de tout juste dix-huit ans, un soldat de mon village, avait pris la place de mon ennemi, et me tendait la main. Je la saisis et me levai, encore sous le choc. Doucement, mais toujours sur ses gardes, il m'emmena je ne sais où et demanda :

" Vous allez bien ?

- Oui, répondis-je dans un souffle, mais pourquoi ? Pourquoi tout ça ?

- Le village du Sable nous a déclaré la guerre, répondit-il avec une rage contenue.

- Mais je croyais que le village du Sable et notre village de la Feuille étaient alliés ! m'exclamai-je d'une voix suraigüe.

Avant de me répondre, il appuya sur ma tête pour que je me baisse : une lame d'acier frôla mon crâne : c'était un poignard. Le jeune homme me reprit le bras et me guida à travers les corps et les combats. Au bout de quelques mètres, il se décida à me répondre :

" Il n'y a plus d'alliance entre le Sable et la Feuille. Quelqu'un est arrivé à la tête du Sable, quelqu'un de mauvais, finit-il avec dégoût.

- Ces guerres, ces massacres...Tout ça ne rime à rien ! criai-je en pleurs.

- Les dirigeants, eux, ont un mobile : le pouvoir.

- Toujours le pouvoir ! Ce ne sont que des égoïstes ! Ils devraient préserver une alliance, tous !

- Un jour, un jour peut-être, cela s'arrêtera.", dit-il avec une lueur d'espoir dans les yeux.

Nous arrivâmes dans un bâtiment, un bunker me semblait-il. Des femmes et des enfants y étaient déjà, ainsi que des soldats médecins.

"Je vous laisse ici, dit le jeune homme, je vais récupérer d'autres survivants."

Il partit aussi vite qu'il métait apparu. Je m'évanouis une seconde plus tard, épuisée et couverte de coupures, la tête vibrante de désespoir. Les guerres ne servent qu'à faire du mal, rien que du mal.

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