Lettre d'un Poilu analysée par Ireno

Publié le par Professeur L

Ce texte est une lettre. Elle a été écrite par le boulanger René Jacob pendant la guerre. René Jacob a écrit cette lettre pour sa femme, pour lui décrire le champ de bataille. Il décrit les morts, les batailles, ses parcours. Il utilise le champ lexical de la mort en décomposition et de la destruction : "des cadavres allemands, ici, sur le bord de la route, là dans les ravins et les champs, des cadavres noirâtres, verdâtres, décomposés..."

La guerre ici apparaît comme une boucherie. On ne parle que de morts, de corps en décomposition. C'est une description d'un champ de bataille comparé à un champ de carnage. Au début de cette lettre, René Jacob commence avec deux questions rhétoriques pour attirer la curiosité du lecteur. De plus, il se demande comment décrire la guerre, quels mots employés.

Cette guerre est tout le contraire de l'épopée car traditionnellement, dans l'épopée, récit qui montre que les combats sont glorieux, la guerre apparaît comme une occasion de développer son courage, sa force, sa virilité. Ici au contraire le but de la guerre est la mort. Ceux qui survivent ne sont pas forcément les plus forts ou les plus courageux. Les survivants sont simplement les plus chanceux. Dans les temps anciens, les combats étaient au corps à corps, tandis qu'ici, il suffit juste de tirer une balle pour tuer quelqu'un. René Jacob utilise ainsi une accumulation pour décrire et préciser l'horreur.

L'auteur ajoute des anaphores : la répétition du même mot à chaque début de proposition : "cadavres". Cela permet d'insister sur l'omniprésence de la mort qui ne fait pas de différence ou qui n'a pas de préférence.

René Jacob utilise le présent de description : "autour desquels sous le soleil de septembre, bourdonnent des essaims de mouches..." et le futur de l'indicatif pour montrer son traumatisme : "elle nous prend à la gorge, et pendant quatre heures, elle ne nous abandonnera pas."

Dans la phrase : "ce que je n'oublierai jamais, c'est la ruine des choses, c'est le saccage abominable des chaumières, c'est le pillage des maisons", les mots "ruine", "saccage" et "pillage" servent à faire la structure emphatique, c'est-à-dire qu'ils servent à insister sur la destruction avec le présentatif "c'est".

 

La BD insiste encore sur le champ lexical de la mort et de la décomposition : on peut le voir grâce aux montagnes de morts, de squelettes mis au premier plan. Les couleurs nous font penser à la mort car elles sont sombres.

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