Femme tondue de Robert Capa par Maximilien H.

Publié le par Professeur L

Nous sommes en août, le 18 de l'année 1944. La guerre est finie et nous avons gagné. Ce n'est qu'avec une piètre satisfaction cependant que nous exprimons notre joie en sortant dans les rues, habillées le plus élégamment possible, et en criant : "Victoire ! Victoire !" à tout bout de chant. Mais ces cris et ces exclamations ont comme un goût amer aux oreilles de cette femme, là, au milieu de la rue, inélégante. Les habitants les plus sardoniques lui lancent des injures ou des sarcasmes sur son apparence. Tondue, humiliée, offensée, traînée dans toute la ville, tel un animal déshumanisé par les officiers de police au ton rosse et amer à l'égard de cette femme fluette et fragile, portant dans ses bras l'enfant de la miséricorde, cause à part entière de tous les préjudices. " Le sang allemand coule dans ses veines, ce n'est qu'un futur tueur !" crient les Chartrins déguisés en résistants pour cacher que lors du grand carnage, et alors que le despote faisait rage, c'était de la francisque dont ils étaient vêtus. Enfin, un homme, par honte et par peur des accusations que l'on pourrait lui faire subir, marche devant la foule, avec un mélange de dignité empruntée et de désinvolture.

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