Quand je me suis réveillée par Emma

Publié le par Professeur L

Support : Femme tondue à Chartres, photographie de Robert Capa

Objectif : maîtriser le récit, la description, le dialogue, l'explication, l'argumentation et le point de vue interne

 

Sujet : Vous êtes la femme tondue qui tient un enfant dans ses bras. A la Libération, vous avez été tondue par la population qui vous accuse d'avoir couché avec des Allemands sous l'Occupation (France, 1940-1944). Imaginez que vous échappez à la foule en colère grâce à l'aide d'un jeune homme. Racontez aux temps du passé comment la population s'est défoulée sur vous en vous tondant et en vous humiliant. Vous décrirez vos sentiments et vos sensations. Dans un dialogue avec le jeune homme, vous expliquerez les raisons de cette folie collective. En conclusion, vous exprimerez votre point de vue personnel sur cette pratique dont vous avez été la victime.

 

Quand je me suis réveillée, j'étais particulièrement heureuse. Chartres était enfin libérée. J'étais toute belle pour l'occasion. J'avais délicatement attaché mes cheveux. Charlie était aussi belle qu'une petite princesse. Charlie, c'était ma fille, ma petite chérie, l'amour de ma vie. Et alors qu'on se préparait, un bruit de foule se fit entendre. La foule criait d'horribles insultes. Et alors que je venais à peine d'ouvrir la porte, cette foule déchaînée se jeta sur moi. C'était à moi que les horribles insultes étaient destinées. Je regardais chaque personne dans les yeux et je les reconnaissais. C'était les commerçants, les amis, les voisins. Les gens que je saluais tous les jours. Je n'osais plus bouger. J'étais tétanisée. Mais que me voulaient-ils ? J'aurais aimé ne jamais le savoir...

Ils s'approchaient de moi avec des ciseaux et des rasoirs. Deux hommes tenaient mes épaules. Trois autres coupaient mes beaux cheveux blonds. J'avais peur, j'avais mal, et je pleurais. Je voyais mes cheveux sur le sol, et je ne pouvais pas retenir mes larmes. Puis ils me tondirent comme un vulgaire animal. J'étais terrifiée. Je serrais Charlie contre moi le plus fort que je pouvais. J'aurais voulu qu'ils arrêtent de m'insulter, mais à ce moment-là, je n'avais plus d'espoir.

Mais un miracle se produisit. Une main me fut tendue. Un jeune homme me tira hors de cette foule déchaînée. Il m'amena dans une petite ruelle. On était seul. Je lui demandai :

" Pourquoi m'avoir sauvée  ? Je ne suis qu'une pauvre fille...

- Pourquoi dites-vous cela ? Je vous ai sauvée car je sais ce que ça fait d'être sans défense contre des monstres...Pourquoi vous en veulent-ils ?

- Pendant l'Occupation, un soldat a abusé de moi. C'est comme cela que ma fille Charlie est née. Au début, je ne voulais pas la garder, mais elle a finalement su redonner un sens à ma vie que je croyais anéantie à jamais. Je pensais ne jamais pouvoir oublier ce que ce soldat m'avait fait, mais j'ai finalement refait ma vie. J'étais heureuse grâce à ma fille. Mais il faut que ces monstres viennent m'humilier et me rappeler mon horrible passé ! Regardez dans quel état ils ont mis ma petite princesse, elle est en pleurs ! Ils peuvent me faire ce qu'ils veulent, je m'en fiche, mais Charlie n'a pas à souffrir à ma place !

- Mademoiselle, vous n'avez rien fait de mal ! Cet homme a abusé de vous. J'imagine la douleur que vous avez ressentie, mais vous n'avez pas à vous sentir coupable ! Ce n'est pas votre faute ! Vous êtes une victime ! Vous ne pouvez pas rester dans cette ville avec ces ignobles individus ! Venez avec moi, je m'occuperai de vous et de votre fille. Elle me rappelle ma petite soeur que j'ai perdue...

- Comment avez-vous perdu votre soeur ?

- J'ai perdu toute ma famille en fait. Nous avons tous été déportés dans un camp de concentration. Je suis le seul membre de ma famille à avoir survécu. Voilà pourquoi je veux vous aider. Je sais ce que c'est que de souffrir à cause des Nazis et d'être seul contre des gens inhumains !"

Nous sommes partis tous les deux et je trouve cela horrible de juger des gens sans connaître tous les détails de leur passé.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article