Autoportrait d'Henri Aimé Gauthé par Chloé

Publié le par Professeur L

Tombe d'un soldat inconnu. Mémorial franco-britannique de Thiepval dans la Somme.

Tombe d'un soldat inconnu. Mémorial franco-britannique de Thiepval dans la Somme.

Ce texte est un poème en alexandrins. L'auteur a voulu montrer, dénoncer l'horreur de la guerre, et en a fait un poème engagé. Dans ce texte, tous les hémistiches s'opposent. Dans le premier hémistiche, il se montre comme quelqu'un de "doux et timide" (vers 3) et dans le second il se dévoile comme un monstre : "avec des airs pervers" (vers 3). Ces vers sont construits sur une série d'antithèses.

L'auteur nous dévoile deux facettes de sa personnalité, une lumineuse et une obscure. Ses deux facettes sont à mettre en parallèle avec L'Etrange Cas du docteur Jekyll et Mister Hyde de Robert Louis Stevenson. Dans son poème, Henri Aimé Gauthé se dévalorise. Il nous donne un décalage entre sa véritable personnalité et son apparence physique.

Ce poème d'Henri Aimé Gauthé est comme son titre l'indique un autoportrait. Il se décrit comme une personne aux deux personnalités. Il se trouve laid dans son physique et dans son âme. La guerre l'a métamorphosé. Il ne sait plus vraiment ce qu'il est. La comparaison que l'auteur utilise pour décrire sa lèvre fait directement penser au sang, à la guerre : "Ma lèvre est rouge comme une fraîche blessure" (vers 10). La guerre l'a déshumanisé, il n'est plus humain, la guerre lui a enlevé sa dignité, mais grâce à l'écriture il s'est rattaché à son humanité. L'auteur a écrit cet autoportrait en guise de catharsis. L'écrire l'aide à se rappeler qu'il est humain, qu'il a des sentiments et il nous permet de visualiser l'atrocité de la guerre.

Henri Aimé Gauthé se fait appeler "le chevalier de la piètre figure" (vers 13), à la manière de Don Quichotte dans le roman de Cervantes. Don Quichotte était un vieil homme voulant être un héros, mais ne ressemblant qu'à une pâle copie ridicule de chevalier. L'auteur se montre doux comme un anti-héros. Il ressemble de plus en plus à son ennemi, cruel et grossier. La guerre est considérée comme un symbole de bravoure pour celui qui revient sain et sauf, mais en réalité, la véritable bravoure est d'essayer de garder sa part d'humanité. C'est pourquoi il ne se décrit pas comme un héros.

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