Germinal de Zola, sixième partie, chapitre 4, commentaire de Margot et Quentin

Publié le par Professeur L

Saturne dévorant un de ses fils, également appelée Saturne dévorant son enfant ou simplement Saturne (en espagnol : « Saturno devorando a un hijo »), est une des Peintures noires de Francisco de Goya, peinte entre 1819 et 1823 directement sur les murs de sa maison appelée la Quinta del Sordo (« Maison de campagne du Sourd ») dans les environs de Madrid. La peinture a été transférée sur une toile après la mort de Goya et est depuis exposée au Musée du Prado à Madrid.

Saturne dévorant un de ses fils, également appelée Saturne dévorant son enfant ou simplement Saturne (en espagnol : « Saturno devorando a un hijo »), est une des Peintures noires de Francisco de Goya, peinte entre 1819 et 1823 directement sur les murs de sa maison appelée la Quinta del Sordo (« Maison de campagne du Sourd ») dans les environs de Madrid. La peinture a été transférée sur une toile après la mort de Goya et est depuis exposée au Musée du Prado à Madrid.

Texte 7

 

Année scolaire 2018-2019 – Lycée Cassini (Clermont-de-l'Oise)

Le roman et la nouvelle au XIXe siècle : réalisme et naturalisme

Etude d'une œuvre intégrale : Germinal de Zola (1885)

Séance 3 : Germinal - Zola - Extrait de la sixième partie, chapitre 4

 

Commentaire de Margot et Quentin

 

Les remarques en italique sont rajoutées par le professeur.

 

            Tout d’abord, le meurtrier apparaît comme influencé à la fois par l’hérédité et par le milieu social. Jeanlin est né dans une famille de meurtriers. L’auteur insiste sur le fait qu’il a commis le meurtre parce qu’il « en avait envie ». Jeanlin est déterminé par son envie et son désir : « je ne sais pas, j’en avais envie. » Le meurtre n’est pas que le résultat d’une pulsion héréditaire : c’est une obsession à laquelle le personnage n’a pas su résister, comme le montre l’auteur à travers la répétition du mot « envie », l’adverbe « tellement », l’expression « la tête lui en faisait du mal » et le complément circonstanciel de temps « depuis trois jours ». Ces expressions montrent la force et l’intensité irrépressible de son envie de meurtre. La phrase suivante : « ça le tourmentait, la tête lui en faisait du mal, là, derrière les oreilles, tellement il y pensait » permet de renforcer sa détermination, son désir et son envie criminelle.

            Jeanlin est décrit par ailleurs comme un animal : « se traîna les mains, avec le ronflement félin de sa maigre échine. » L’animalisation permet d’insister sur le processus de déshumanisation. L’auteur utilise une description qui insiste sur la perte d’identité humaine : « et ses longues oreilles, ses yeux verts, ses mâchoires saillantes ». On dirait le portrait d’un animal. On voit que Jeanlin n’a aucune humanité, aucun regret : il n’a fait qu’obéir à ses pulsions sans esprit critique. En ce sens, Jeanlin est une « bête humaine », expression qui servira de titre à un autre roman de Zola issu du cycle des Rougon-Macquart. L’équivalence entre le meurtre et le vol, la mise en valeur de la pulsion inconsciente et non maîtrisée à travers le pronom démonstratif « ça », mettent en lumière la prédominance de l’instinct animal et l’absence totale de conscience morale : « ça lui était venu tout seul, comme lui venait l’envie de voler des oignons dans un champ. » La comparaison entre le meurtre et le vol montre le nivellement des valeurs, l’absence de hiérarchie et de remords chez ce personnage. La phrase « je ne sais pas, j’en avais envie » renforce l’idée que Jeanlin n’est qu’une bête humaine sans conscience. C’est un vrai animal sous forme humaine. Il confond d’ailleurs, à l’image d’un simple animal, la raison et l’envie. Les champs lexicaux du crime et de la mort sont particulièrement abondants : « violents », « crime », « couteau », « tuer », ce qui met en valeur l’environnement morbide attaché à ce personnage. Il y a aussi le champ lexical de la souffrance : « cris de dévastation », « cri étouffé », « abominable », « hurlait ». L’auteur utilise une personnification qui montre que même le paysage souffre : « la mer lui hurlait au loin ». Cela montre que loin d’être en harmonie avec la nature, la force des pulsions est d’abord une source de souffrance pour le personnage dénué de morale.

            Ensuite, la scène décrite est pathétique : « deux femmes étaient debout…elles attendraient toujours, maintenant. » Cette phrase met en lumière un registre pathétique en insistant sur la souffrance familiale provoquée par la mort du petit Jules. L’auteur nous place au centre de cette famille, ce qui renforce l’empathie et la pitié du lecteur. Cela met aussi en valeur l’atrocité, par contraste, de l’acte de Jeanlin. L’auteur développe aussi une description physique de Jules pour renforcer la pitié, en montrant l’innocence du garçon : « figure blonde ». L’auteur donne une image de sauvage et de barbare du bourreau, et il en résulte une image négative du peuple : celui-ci est constitué de sauvages, ce qui fait que le peuple est condamné à s’entretuer.

 

            Pour conclure, ce passage montre que Jeanlin n’est plus humain : c’est une bête féroce et sans conscience dans le corps d’un homme. Il est montré l’atrocité de l’acte criminel et les répercussions qu’elle cause sur les autres personnages. Il en résulte une image péjorative du peuple, non seulement victime des exploitants, mais encore victime de soi-même. On peut voit dans ce passage une illustration de ce que Zola appelle la « bête humaine », expression qui sert de titre à un autre roman de Zola. Cette représentation du peuple capable de s’entretuer peut faire penser à la représentation de la société dans Voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand Céline.

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