Humanités Littérature et Philosophie introduction générale : "Autoportrait" d'Henri Aimé Gauthé

Publié le par Professeur L

Humanités Littérature et Philosophie introduction générale : "Autoportrait" d'Henri Aimé Gauthé

Humanités, littérature et philosophie

 

Introduction générale

 

Objectifs :

- découvrir un autoportrait qui interroge l’humanité et la connaissance de soi

- comprendre que l’écriture sert à se comprendre et se connaître

- comprendre que la littérature est un moyen de se (re)construire

- comprendre que la littérature permet d’interroger l’indescriptible

 

Support : Henri Aimé Gauthé, Autoportrait, lettre du 10 janvier 1918

 

 

- Description physique qui montre qu’il est abîmé par la guerre : les « bosses » font référence aux blessures, au combat

- Le front fait aussi référence au front de la guerre : les bosses donnent l’image des cratères d’obus

- La description mentale montre aussi qu’il est abîmé : « la froide lueur » « danse » : la mort, métaphore de la mort

- « froide lueur » : on perçoit le vide d’un homme qui a des séquelles psychologiques

- Comparaison entre son physique et celui de ses adversaires : il se rabaisse physiquement, le Kaiser est l’ennemi à abattre parce qu’il a un comportement inhumain

- il ressemble de plus en plus aux monstres qu’il est censé combattre

- il a perdu la raison : « je fais pour m’amuser des piqûres atroces » : l’antithèse montre son sadisme, sa perversité, sa cruauté, la métaphore dévoile la vérité sur les tirs de fusil et les actes guerriers

- « les piqûres atroces » : la guerre l’a transformé en tueur (métaphore)

- si les yeux sont le reflet de l’âme, cela signifie qu’il est mort au fond de lui-même

- sa gentillesse, ce qui le définit en tant que bonne personne, a disparu

- son envie de vivre a peut-être disparu

- sa forme d’humanité a disparu, de même que son estime de soi

- IGM : processus de déshumanisation : le soldat n’a plus que le physique qui vit, on pourrait le comparer à un robot

- il a perdu sa foi en l’humain et en lui-même

- il a perdu toute émotion

- l’auteur utilise la description physique pour évoquer un mal être profond, psychologique

-  la perte de l’humanité : la perte de la raison morale, la perte de la conscience morale

- il est obligé d’agir comme une bête, motivé par des mécanismes et plus seulement par l’envie ou la volonté

- le soldat se sent déshumanisé

- Presque tous les vers sont structurés à l’aide d’une antithèse entre chaque hémistiche : parallélisme de construction

- Vocabulaire péjoratif : « amer »,

« décevant », « pervers », « ma laideur », « inélégant », « gros », « gras », « désinvolture », « piètre »

- antithèse entre lexique mélioratif et un lexique péjoratif

- il est à la fois asocial et sociable

- « les fils d’argent » : un vieillissement accéléré provoqué par la guerre, cela rappelle que les survivants sont aussi victimes de la guerre

 -la guerre a produit un vieillissement accéléré : il insiste sur sa laideur (tonalité satirique)

- La guerre a provoqué son enlaidissement physique et moral

- Un autoportrait sinistre (triste et sombre)

- il n’est plus sociable

- il est morose et mélancolique : tonalité pathétique

- les oppositions sont redoublées à l’intérieur de chaque hémistiche : double antithèse au vers 8

- - périphrase finale : évocation de Don Quichotte pour montrer le ridicule du soldat

- Il se décrit comme un clown : il apparaît comme un personnage ridicule (utilisation de l’hyperbole « nez de caricature »), et en marge, marginal

- La guerre le sous-qualifie, le décrédibilise

- il ne trouve plus sa place dans la société et dans la vie

- les héros sont morts

- il porte les stigmates de la guerre dans son corps et dans son âme

- il se présente comme un anti-héros : « chevalier de la piètre figure » (périphrase)

- le contraire de héros parce que la guerre l’a rendu cruel et sadique

- il porte la mort de ses camarades sur les épaules d’où le mot humiliant de « piètre »

- il s’identifie à Don Quichotte grâce à la périphrase

- traditionnellement la guerre est sublimée à l’aide d’un registre épique (l’Iliade, les chansons de geste comme La Chanson de Roland), les soldats sont des héros

- Remise en cause de l’idéologie militaire de l’époque qui veut laver l’affront de Sedan

Humanités Littérature et Philosophie introduction générale : "Autoportrait" d'Henri Aimé Gauthé

- ici c’est tout l’inverse : la guerre n’est plus une machine à fabriquer des héros, c’est une machine à fabriquer de la déshumanisation, des êtres déshumanisés

- « chevalier » : noblesse, héroïsme

- il se considère comme un anti-héros

- traditionnellement la guerre sert à éprouver ses valeurs, à montrer sa force, son courage, sa intelligence stratégique, la résistance, l’endurance, la fierté, l’humilité

- la guerre : une fabrique des héros

- la guerre en 14-18 : brise les hommes, détruit l’humanité, dégrade l’humanité

- la guerre ne nous élève plus, elle nous rabaisse et nous abîme

 

- être déshumanisé : dépourvu de raison morale, d’âme, de conscience morale, sa dignité

- cependant il se rend compte du mal qu’il a subi et commis

- il a écrit ce texte pour se convaincre qu’il n’a pas tout perdu, pour laisser une trace de ses remords, pour que le lecteur comprenne sa complexité psychologique, pour qu’on ne prenne pas le soldat pour un animal, il s’excuse en s’expliquant

- Il écrit pour se réapproprier son humanité

- il fait office de porte-parole de tous les soldats

- il écrit à lui-même, il essaie de se comprendre

- il essaie de se connaître à nouveau pour retrouver son identité et pour se reconstruire

- on a l’impression d’assister à une renaissance avec le jeu des antithèses

-  vocabulaire mélioratif et évocation des sens qui prouvent qu’il n’est pas totalement mort, et qu’il n’a pas tout perdu : il ne peut pas perdre sa dignité, la valeur infinie qu’il possède en lui et qui fait qu’il ne peut ni être acheté ni être vendu

- on le voit grâce aux antithèses qui structurent le texte entre chaque hémistiche (parallélisme)

- ces antithèses prouvent que l’auteur se bat avec lui-même, contre le monstre qu’il est train de devenir à cause de la guerre

- l’écriture joue le rôle d’une thérapie : une thérapie

- il est en quête de réhumanisation à laquelle contribue sa correspondante

 

L’auteur ressent du dégoût parce qu’il se décrit de façon péjorative : un autoportrait

 

Il semble aussi ressentir de l’amour et de l’admiration d’après le dernier vers : il évoque une personne qui ne voit pas les défauts qu’il décrit

 

Il éprouve de la culpabilité mais l’évocation de la femme le rassure : sa compagne ne peut que lui apporter du bonheur. Elle ne voit pas toutes les facettes de la guerre.

Humanités Littérature et Philosophie introduction générale : "Autoportrait" d'Henri Aimé Gauthé

Cependant la métamorphose n’est pas totale, puisqu’il ressent encore de l’amour pour la destinataire. Il se rattache au point d’ancrage qu’il a laissé chez lui avant sa descente en enfer. C’est la part de lui qui est encore intacte. La personne qu’il aime représente la part d’humanité qu’il a en lui. De plus, il a conscience de ce qu’il est en train de devenir. Il conserve une forme de sincérité. Le simple fait d’écrire lui permet de garder une part d’humanité.

 

Comment l’auteur montre-t-il son combat intérieur ?

3 tonalités

4 figures de style

comparaison des lèvres à « une fraîche blessure » : comparaison lugubre

tonalité tragique

antithèse entre « doux et timide » et « airs pervers » : les hémistiches s’opposent à l’intérieur de l’alexandrin

l’antithèse est même redoublée à l’intérieur des hémistiches

parallélisme de construction

métaphore : « piqûres atroces » : pour montrer sa monstruosité

« la froide lueur » est personnifiée avec le verbe « danse » pour souligner la déshumanisation

« je suis le chevalier de la piètre figure » : antithèse entre les hémistiches et référence à Don Quichotte, périphrase qui souligne le ridicule du personnage

 

Tonalité pathétique et satirique : « j’ai le nez gros et gras – nez de caricature »